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Souffrance post-IVG : comprendre et trouver un chemin vers l'apaisement

Des outils concrets pour traverser les difficultés psychologiques après un avortement
Mise à jour : 13/05/2026        Temps de lecture : 3 min

Rédigé par l’équipe d’écoute d’IVG.net


Nommer ce qu’on ressent : une première étape essentielle

Si vous lisez ces lignes, c’est sans doute que vous traversez une période de doutes ou de tristesse après votre IVG. Peut-être ressentez-vous un décalage entre ce que vous vivez et ce que la société semble attendre de vous. S’il est vrai que la majorité des femmes ressentent un soulagement après cette intervention, la recherche montre aussi que le vécu émotionnel est profondément pluriel. Pour certaines, l’expérience reste douloureuse et s’accompagne d’un sentiment d’isolement, souvent renforcé par le manque de soutien ou la peur d’être jugée.

Le “syndrome post-IVG” n’est pas un diagnostic officiel reconnu par le DSM-5 ou l’OMS. Mais c’est une réalité clinique pour un nombre non négligeable de femmes, et l’absence de reconnaissance officielle ne fait souvent qu’aggraver l’isolement de celles qui le vivent.

Ce que les professionnels de santé mentale observent, c’est que certaines femmes développent après une IVG des symptômes qui s’inscrivent dans des catégories cliniques reconnues : épisode dépressif, trouble anxieux, ou dans les cas les plus intenses, symptômes évocateurs d’un état de stress post-traumatique. Ces symptômes, quand ils surviennent, sont réels et peuvent nécessiter un accompagnement spécialisé.

Le premier pas vers l’apaisement, c’est souvent simplement de nommer ce qu’on ressent, sans minimiser, sans sur-dramatiser, sans attendre que ça passe tout seul.


Les formes que peut prendre la souffrance après une IVG

Les difficultés psychologiques après une IVG peuvent prendre des formes très variées. Les plus fréquemment rapportées sont :

  • Tristesse ou sentiment de perte, parfois décalé dans le temps
  • Culpabilité ou honte, accentuées par l’isolement ou le regard de l’entourage
  • Sentiment de vide ou d’absence difficile à expliquer
  • Anxiété, troubles du sommeil, cauchemars
  • Pensées intrusives ou reviviscences
  • Repli sur soi, perte d’estime de soi
  • Irritabilité ou colère
  • Perte du désir sexuel
  • Troubles du comportement alimentaire

Ces symptômes peuvent apparaître immédiatement après l’IVG, mais aussi plusieurs semaines ou mois plus tard, parfois déclenchés par une date anniversaire, une nouvelle grossesse, ou un deuil.

Il est important de noter que certaines femmes ressentent aussi du soulagement après une IVG. Ces deux vécus, soulagement et souffrance, peuvent coexister, parfois chez la même personne, sans que l’un invalide l’autre.

→ Pour comprendre pourquoi certaines femmes souffrent après une IVG : L’avortement peut-il fragiliser une femme ? Ce que nous disent les femmes qui nous appellent


Pourquoi certaines femmes souffrent plus que d’autres

La souffrance post-IVG n’est généralement pas liée à l’acte médical en lui-même, mais au contexte dans lequel il a été vécu. Les études identifient plusieurs facteurs qui augmentent le risque de difficultés psychologiques :

  • Une décision prise sous pression : du conjoint, de la famille, du milieu médical
  • Un isolement au moment de l’IVG et dans les semaines qui suivent
  • Des antécédents psychologiques préexistants
  • Un conflit entre la décision et ses convictions personnelles, religieuses ou affectives
  • Une grossesse non désirée dans un contexte de violence

Ce n’est pas la faiblesse d’une femme qui explique sa souffrance, c’est la situation dans laquelle elle s’est trouvée.

→ Pour aller plus loin : IVG et troubles psychologiques : que disent les études ?


Les chemins vers l’apaisement

Il n’existe pas de chemin universel. Mais plusieurs approches ont fait leurs preuves, seules ou combinées.

Parler et briser le silence

C’est souvent le premier obstacle et le premier levier. La souffrance post-IVG reste un sujet tabou : les femmes qui la vivent ont souvent l’impression qu’elles n’ont pas le droit d’en parler, que leur douleur ne sera pas comprise ou sera jugée. Trouver un espace où exprimer ce qu’on ressent, sans jugement, sans pression, est souvent le point de départ de tout processus d’apaisement.

Nos équipes sont disponibles pour cet espace d’écoute, gratuitement et anonymement.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC est l’une des approches les mieux documentées pour traiter la dépression et l’anxiété. Elle aide à identifier les pensées automatiques négatives, “j’aurais dû faire autrement”, “je suis une mauvaise personne”, et à les travailler pour les remplacer par des représentations plus justes et moins douloureuses. Une étude de Kersting et al. (2013), menée auprès de femmes ayant vécu une interruption de grossesse pour raisons médicales ou personnelles, a montré l’efficacité de protocoles TCC spécifiques pour réduire les symptômes de stress post-traumatique et de deuil prolongé. Ces résultats soulignent que, quelle que soit la cause de la perte ou de l’interruption, un accompagnement structuré permet de retrouver un équilibre psychologique.

L’EMDR

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie reconnue et scientifiquement validée pour le traitement des états de stress post-traumatique. Elle est particulièrement adaptée aux femmes qui présentent des pensées intrusives, des reviviscences ou des réactions émotionnelles intenses liées à leur IVG. L’EMDR permet de retraiter les souvenirs traumatiques pour en réduire la charge émotionnelle, sans les effacer. Elle est recommandée par plusieurs études sur les traumatismes périnataux. → Institut Français EMDR

Le travail de deuil

Bien que l’IVG ne soit pas vécue comme une perte par toutes les femmes, certaines peuvent ressentir le besoin d’un processus symbolique pour clore ce chapitre de leur vie. Certaines femmes ont ainsi besoin de donner une place symbolique à ce qu’elles ont vécu : écrire une lettre, nommer ce qui a été perdu, marquer une date. Ce n’est pas une obligation ni une prescription morale. C’est simplement une réalité clinique : pour certaines personnes, le deuil ne peut pas se faire sans rituel, si minime soit-il. Un psychologue spécialisé en périnatalité peut accompagner ce processus.

Les groupes de parole

Rencontrer d’autres femmes ayant vécu une expérience similaire peut apporter ce que la thérapie individuelle ne donne pas toujours : la reconnaissance, la solidarité, le sentiment de ne pas être seule et anormale. Ces groupes existent en présentiel et en ligne, animés par des professionnels de santé mentale ou des associations spécialisées.

Le suivi médical

Dans les cas de dépression caractérisée, un traitement médicamenteux peut être nécessaire en complément d’une psychothérapie. Il ne s’agit pas de “faire passer” la souffrance avec des médicaments, mais de stabiliser suffisamment l’état pour que le travail thérapeutique puisse avoir lieu. C’est une décision à prendre avec un médecin ou un psychiatre.


Combien de temps ça prend ?

Il n’y a pas de réponse universelle. Certaines femmes s’apaisent en quelques semaines après avoir pu en parler. D’autres portent cette expérience pendant des années avant de trouver un accompagnement adapté. La durée ne dit rien de la gravité ni de la volonté, elle dit surtout à quel point la femme a été seule et sans ressources au moment où elle en avait besoin.

L’important n’est pas d’aller vite. C’est d’avancer.


Et si c’était il y a longtemps ?

Beaucoup de femmes qui nous contactent ont vécu leur IVG il y a plusieurs années, parfois des décennies. Sandy nous a appelés 6 ans après son IVG. Lydie cherchait de l’aide pour se reconstruire 6 ans après les faits. Alexandra ne se remettait pas, 2 ans plus tard.

Il n’y a pas de délai de prescription pour demander de l’aide. La souffrance qui ressurgit des années après est tout aussi réelle et tout aussi légitime que celle qui apparaît dans les jours suivant l’IVG. Elle mérite le même accompagnement.

Lire les témoignages


Vous traversez des difficultés après une IVG ?

Quelle que soit la date de votre IVG (récente ou ancienne) nos équipes sont disponibles pour vous écouter sans jugement, vous orienter vers les professionnels adaptés à votre situation, et vous accompagner dans cette période.

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Sources :

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