Enceinte et je ne veux pas le garder : que faire ?
Un test positif que vous n’attendiez pas. Une nouvelle qui change tout, du moins dans l’immédiat. Peut-être de la peur, de la confusion, une pression de votre entourage — ou simplement un grand vide. Ce que vous ressentez est légitime. Et la décision qui vous appartient mérite d’être prise sereinement, avec toutes les informations en main.
Première étape : confirmer la grossesse
Avant d’aller plus loin, assurez-vous que vous êtes bien enceinte. Un test en pharmacie est fiable dès le premier jour de retard des règles. S’il est positif, une prise de sang en laboratoire permettra de le confirmer et de dater précisément la grossesse — ce qui sera utile pour connaître les délais et les options disponibles.
Prendre une décision : IVG ou poursuite de grossesse ?
C’est une décision difficile, mais vous n’êtes pas seule. Il est essentiel d’avoir :
- Du temps pour réfléchir,
- Des informations objectives,
- Un soutien bienveillant, à l’écart des pressions de l’entourage.
Parler à une personne indépendante et bien formée peut grandement aider. Cela permet de clarifier vos émotions et de mieux envisager les différentes options qui s’offrent à vous.
Quels soutiens pour une grossesse non désirée ?
Même si votre partenaire ou votre famille pensent que l’IVG est la meilleure solution, il est précieux d’échanger avec une personne extérieure, à l’écoute et neutre.
Des conseillères spécialisées peuvent :
- Écouter vos émotions,
- Vous informer sur vos droits et choix possibles (IVG, adoption, aide à la maternité),
- Vous accompagner juridiquement si nécessaire,
- Et surtout, respecter vos choix sans jugement.
Quelles sont mes options face à cette grossesse ?
Voici les principales options en cas de grossesse non désirée :
1. Poursuivre la grossesse
Garder son enfant dans une situation imprévue peut sembler impossible au premier abord. Pourtant, de nombreuses femmes qui ont vécu ce choc témoignent que la décision de poursuivre la grossesse, même difficile, a été source d’une force qu’elles ne soupçonnaient pas.
Les obstacles pratiques — logement, finances, situation avec le père, études — sont réels, mais ils sont souvent plus surmontables qu’ils n’y paraissent dans l’urgence du moment. Des aides existent : allocations, hébergements d’urgence pour femmes enceintes, accompagnement social, congé maternité, soutien associatif. La plupart des femmes qui en ont bénéficié disent ne pas en avoir eu connaissance au moment où elles se posaient la question.
Avant de fermer cette porte, il peut valoir la peine de savoir concrètement ce qui existe :
Si vous avez besoin d’en parler sans pression ni jugement, nos écoutantes sont disponibles tous les jours.
2. Donner l’enfant à l’adoption
L’adoption — et en particulier l’accouchement sous X (aujourd’hui appelé accouchement dans le secret) — est une option peu connue et souvent chargée de représentations négatives. Elle mérite pourtant d’être envisagée sereinement.
En France, une femme peut accoucher anonymement, sans que son identité soit enregistrée sur l’acte de naissance de l’enfant. Elle n’a aucune obligation de le garder, mais elle peut aussi choisir de laisser une lettre ou des informations accessibles à l’enfant adulte si elle le souhaite.
Ce choix est encadré par la loi, accompagné par des travailleurs sociaux, et peut se préparer pendant toute la grossesse. Il permet à certaines femmes de ne pas interrompre une vie tout en ne se sentant pas en mesure d’élever un enfant.
C’est une décision rare, difficile émotionnellement, mais qui existe — et qui peut être la bonne pour certaines situations.
3. Recourir à l’IVG
L’interruption volontaire de grossesse est légale en France jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (soit environ 12 semaines de grossesse). C’est un droit. Si c’est la décision que vous prenez, vous pouvez en parler à votre médecin généraliste, à une sage-femme ou à un planning familial qui vous orientera vers la prise en charge adaptée.
Ce que nous souhaitons vous dire ici n’est pas de vous en dissuader, mais de vous inviter à ne pas y recourir par défaut — c’est-à-dire parce que vous n’avez pas eu le temps, l’espace ou les informations pour envisager autre chose. Beaucoup de femmes qui ont subi une pression de leur entourage vers l’IVG, ou qui ont agi dans l’urgence sans avoir pu réfléchir, en gardent une douleur durable.
Prendre quelques jours pour explorer toutes les options, parler à une personne neutre et bienveillante, n’est jamais du temps perdu — même si vous confirmez ensuite votre décision d’avorter.
FAQ – Vos questions :
Jusqu’à quand peut-on recourir à l’IVG en France ?
En France, l’IVG est légale jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (comptées depuis le premier jour des dernières règles), soit environ 12 semaines de grossesse. Au-delà, une interruption médicale de grossesse (IMG) n’est possible que pour des raisons médicales graves.
Suis-je obligée de décider rapidement ?
Non — et c’est important. Même si les délais légaux de l’IVG imposent une limite, vous avez généralement plusieurs semaines devant vous pour réfléchir. Agir dans la précipitation ou sous la pression de l’entourage est l’une des principales sources de regrets, quelle que soit la décision prise. Prenez le temps de parler à une personne neutre avant de vous décider.
Mon partenaire peut-il m’obliger à avorter ou à garder l’enfant ?
Non. La décision appartient exclusivement à la femme enceinte, que ce soit pour poursuivre la grossesse ou pour y mettre fin. Aucune pression de la part du partenaire, de la famille ou d’un employeur n’est légalement admissible. Si vous vous sentez sous pression, parlez-en à une personne de confiance ou contactez notre ligne d’écoute.
Existe-t-il des aides financières si je décide de garder mon bébé ?
Oui, plusieurs dispositifs existent : allocations CAF (PAJE, allocation de base), RSA pour les femmes enceintes sans ressources, hébergements d’urgence pour femmes enceintes en difficulté, accompagnement par des assistantes sociales. Ces aides sont souvent méconnues au moment où la question se pose. Notre association peut vous aider à les identifier selon votre situation.
Qu’est-ce que l’accouchement dans le secret (accouchement sous X) ?
C’est la possibilité, en France, d’accoucher anonymement : votre identité n’est pas inscrite sur l’acte de naissance de l’enfant, qui sera confié à l’Aide Sociale à l’Enfance en vue d’une adoption. Vous pouvez néanmoins laisser des informations médicales ou personnelles dans une enveloppe scellée, accessibles à l’enfant à ses 18 ans s’il en fait la demande. C’est une option peu connue, encadrée par la loi, et qui peut être discutée avec une assistante sociale dès le début de la grossesse.
À propos de la rédaction : Cet article a été rédigé par notre équipe éditoriale en collaboration avec nos conseillères d’écoute , fortes de 20 ans d’expérience dans l’accompagnement des femmes faisant face à une grossesse imprévue.
Vous êtes en demande d’avortement ? Vous hésitez ? Vous avez besoin de prendre du recul par rapport à votre entourage ? Vous avez subi une IVG et vous ressentez de la détresse ou un traumatisme ?
Notre association propose un accompagnement gratuit, anonyme et bienveillant, par téléphone ou SMS, pour échanger avec des écoutantes ou des femmes concernées.
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