Info IVG - des conseillers à votre écoute - 7j/7 de 9h à 23
Logo IVG.net

L’avortement peut-il fragiliser une femme ? Ce que nous disent les femmes qui nous appellent

Mise à jour : 20/04/2026        Temps de lecture : 4 min

Rédigé par l’équipe d’écoute d’IVG.net


Notre association accompagne depuis des années des femmes confrontées à une grossesse non désirée, avant, pendant et après une IVG. Ce que nous allons vous dire ici, nous ne le tirons pas d’une étude ou d’un rapport : nous le tirons de ce que ces femmes nous confient, souvent des mois ou des années après les faits.
Ce témoignage collectif ne prétend pas représenter toutes les femmes qui avortent. Il représente celles qui nous appellent — et elles nous appellent précisément parce qu’elles ne vont pas bien.


Ce que nous entendons le plus souvent

Les femmes qui nous contactent après une IVG ne parlent pas toutes de la même chose. Mais des motifs reviennent, avec une régularité frappante.

Le regret.

Parfois immédiat, parfois qui s’installe des mois après. Melissa nous a écrit deux ans après son IVG : “Même si les raisons semblaient justifiées à l’époque, je ne parviens pas à tourner la page.” Laure, 41 ans, nous a contactés 18 ans après : elle pense encore à cet enfant. Ce n’est pas exceptionnel. Nous l’entendons très régulièrement.

La pression.

Une proportion importante des femmes qui nous appellent nous disent qu’elles n’ont pas vraiment choisi. Clémence aurait voulu garder l’enfant, mais son compagnon ne la soutenait pas. Emilie avait 17 ans et ses parents ne lui ont pas laissé le choix. Stéphanie, 34 ans, a été contrainte par son conjoint. Léonie, 40 ans, a été influencée par des accompagnants qui l’ont convaincue d’avorter alors qu’au fond, elle aurait voulu garder le bébé. Quand une IVG est subie plutôt que choisie, les séquelles sont souvent plus profondes et plus durables.

Le vide.

Madi décrit « un grand sentiment de vide » après son IVG chirurgicale. Floriane parle d’un vide qu’elle n’avait pas anticipé. Cécile, 25 ans, a traversé une dépression sévère dans les mois suivants. Ce vide-là surprend souvent les femmes qui pensaient avoir fait le bon choix sur le moment.

La durée.

Ce qui frappe nos équipes, c’est la persistance. Sandy nous a contactés 6 ans après son IVG. Lydie cherchait de l’aide pour se reconstruire 6 ans plus tard. Carole, 36 ans, portait encore des traces psychologiques 2 ans après. Alexandra ne se remettait pas, 2 ans plus tard. Le temps ne règle pas tout, et pour certaines femmes, la blessure reste ouverte très longtemps.


Ce qui aggrave les choses

À travers les centaines d’échanges que nos équipes ont eus, certains facteurs aggravent systématiquement le vécu post-IVG.

L’absence d’accompagnement au moment de la décision.

Marine regrette son IVG médicamenteuse, décidée trop rapidement. Jeanne, 17 ans au moment des faits, l’avait prise “à la légère” — et les conséquences sont apparues avec le temps. Blandine, à l’inverse, nous remercie d’avoir pris le temps d’échanger avec elle avant sa décision : elle a renoncé à l’IVG et ne le regrette pas.

L’isolement.

Les femmes qui traversent une IVG seules, sans pouvoir en parler à quelqu’un de confiance, sont beaucoup plus exposées aux difficultés psychologiques qui suivent. Jenn n’a pas pu en parler à ses parents, pour ne pas les décevoir, et a développé de graves problèmes psychiques par la suite.

Le déni de ce qu’on ressent vraiment.

Valérie semblait sûre de son choix, et pourtant la culpabilité s’est installée. Fanny avait choisi l’IVG “car ce n’était pas le moment” — et en garde des regrets forts. Ce décalage entre la décision rationnelle et ce qu’on ressent profondément est l’une des sources de souffrance les plus fréquentes que nous observons.


Ce que cela nous apprend

Nous ne disons pas que toutes les femmes qui avortent souffrent. Ce que nous disons, c’est que l’IVG peut fragiliser une femme, durablement, dans certaines conditions : quand elle n’est pas vraiment choisie, quand elle est vécue dans l’isolement, quand la femme n’a pas pu exprimer ce qu’elle ressentait vraiment avant de prendre sa décision.

C’est pour ça que nous existons.


Pour aller plus loin :

Contact numéro vert

Vous traversez quelque chose de difficile après une IVG ?

Que votre IVG date d’il y a quelques jours ou de plusieurs années, nos équipes sont là pour vous écouter sans jugement. Vous n’avez pas à porter ça seule.

Vous pourriez aussi être intéressés par :
J‘ai une question ?
Les équipes d’IVG.net sont à votre écoute 7j/7 de 9h à 23h
Appel anonyme et gratuit
Suivez-nous sur les réseaux
© SOS Détresse - 2025