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IVG médicamenteuse : ce qu'il faut savoir

Mise à jour : 17/09/2026        Temps de lecture : 6 min

Quels sont les délais de l’IVG médicamenteuse ?

En France, l’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée (SA), qu’elle soit réalisée en établissement de santé ou hors établissement, notamment en cabinet, en centre de santé ou à domicile.

Rappel : les semaines d’aménorrhée (SA) se comptent depuis le premier jour des dernières règles ; les semaines de grossesse se comptent depuis la date présumée de conception, soit 2 semaines de moins.


Où se pratique l’IVG médicamenteuse ?

L’IVG médicamenteuse peut être réalisée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet médical ou de sage-femme, en centre de santé ou en centre de santé sexuelle. Les médicaments peuvent également être pris à domicile, selon les modalités définies avec le médecin ou la sage-femme.


L’IVG médicamenteuse est-elle toujours possible ?

Le médecin ou la sage-femme vérifie si la méthode médicamenteuse est adaptée à votre situation. Elle est notamment contre-indiquée en cas de grossesse extra-utérine diagnostiquée, d’allergie à l’un des médicaments utilisés, d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire. Le professionnel de santé tient également compte de votre état de santé et des conditions dans lesquelles l’IVG doit se dérouler.


Comment se déroule une IVG médicamenteuse ?

Une fois les étapes préalables réalisées, l’IVG médicamenteuse repose sur :

  1. La prise d’un premier médicament, la mifépristone.
  2. La prise du misoprostol 24 à 48 heures plus tard.
  3. Une consultation de suivi permettant de vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue.

Les étapes avant l’IVG médicamenteuse

Avant l’IVG, deux temps sont obligatoires :

  • Un temps d’information, au cours duquel le médecin ou la sage-femme présente notamment les méthodes possibles, leur déroulement et remet les informations nécessaires.
  • Un temps de recueil du consentement, au cours duquel la femme confirme par écrit sa demande d’IVG et choisit, avec le professionnel, la méthode et le lieu de réalisation.

Pour une femme majeure, ces deux temps peuvent avoir lieu au cours d’une même consultation si elle le souhaite. Pour les mineures, un entretien psychosocial est obligatoire avant le recueil du consentement.


Quel est le protocole ?

L’IVG médicamenteuse repose sur la prise de deux molécules :

  • Mifépristone (Mifégyne®) : bloque la progestérone, déclenche les contractions et provoque l’ouverture du col utérin. Prise par voie orale, en présence du médecin ou à domicile selon le protocole retenu.
  • Misoprostol : pris 24 à 48 heures après la mifépristone, il intensifie les contractions pour permettre l’expulsion. Pris à domicile ou en consultation.

Quels sont les effets des médicaments ?

  • Mifépristone : peut provoquer des saignements précoces. Ces saignements n’indiquent pas nécessairement que la grossesse est interrompue.
  • Misoprostol : dans environ 60 % des cas, l’expulsion survient dans les 4 heures suivant la prise ; dans les autres cas, sous 24 à 72 heures. Les douleurs sont comparables à des règles intenses, soulagées par des antalgiques. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours et peuvent parfois persister jusqu’à trois semaines.

Consultez rapidement un médecin si vous présentez dans les jours suivant l’IVG :

  • Fièvre supérieure à 38°C
  • Malaise général
  • Saignements très abondants
  • Douleurs abdominales très intenses

À quoi sert la visite de contrôle ?

Elle a lieu 14 à 21 jours après la première prise pour :

  • Confirmer l’interruption de grossesse.
  • Vérifier l’absence de complications, via un examen médical, une échographie ou une prise de sang.

L’IVG médicamenteuse est efficace dans environ 95 % des cas. Lorsqu’elle n’a pas permis une interruption complète de la grossesse, une IVG instrumentale ou un autre geste complémentaire peut être nécessaire. La consultation de suivi permet précisément de vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue.

À noter : les femmes de groupe sanguin Rhésus négatif reçoivent une injection de gamma-globulines anti-D pour prévenir des complications lors de grossesses ultérieures.


Entretien psycho-social après l’IVG

Un entretien psycho-social est systématiquement proposé, avant et après l’IVG. Il n’est pas obligatoire pour les majeures. Il permet d’évoquer librement votre vécu, vos ressentis et vos éventuelles questions.


Où l’IVG médicamenteuse est-elle pratiquée ?

Elle est réalisée par un médecin ou une sage-femme conventionné(e) en lien avec un établissement de santé, sous conditions :

  • Vous devez pouvoir rejoindre rapidement l’établissement (moins d’une heure).
  • Vous devez être informée sur le protocole, les effets secondaires et les coordonnées d’urgence.
  • On vous remettra une fiche de liaison et une ordonnance pour antalgiques.

Effets secondaires et risques

Les douleurs pelviennes et les saignements font partie du déroulement habituel d’une IVG médicamenteuse. Des nausées, vomissements ou diarrhées peuvent également survenir.

Les complications sont rares. Il peut notamment s’agir d’une hémorragie ou d’une infection.

Consultez rapidement un professionnel de santé ou un service d’urgence gynécologique en cas de :

  • fièvre supérieure à 38 °C ;
  • pertes de sang très importantes ;
  • douleurs abdominales fortes ou persistantes malgré les antalgiques ;
  • malaise.

L’IVG médicamenteuse est efficace dans environ 95 % des cas. Une prise en charge complémentaire est nécessaire dans environ 5 % des cas.


Conclusion :

L’IVG médicamenteuse convient à la majorité des situations jusqu’à 9 SA. Le choix entre méthode médicamenteuse et chirurgicale se fait avec le médecin ou la sage-femme, en tenant compte du terme de la grossesse, de l’état de santé et des préférences de la femme.


FAQ : Vos questions 

Peut-on changer d’avis après avoir pris le premier comprimé de Mifégyne ?

Oui, il est possible de changer d’avis après avoir pris la mifépristone. Si vous souhaitez finalement poursuivre votre grossesse, ne prenez pas d’autre médicament de votre propre initiative et contactez rapidement le professionnel ou le service qui vous suit.

Une grossesse peut parfois se poursuivre après la prise de mifépristone seule.

L’IVG médicamenteuse est-elle remboursée ?

Oui, à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, sur présentation de la carte Vitale.

L’IVG médicamenteuse est-elle moins risquée que l’IVG chirurgicale ?

Les deux méthodes présentent des profils de risques différents, aucune n’est objectivement “moins risquée” dans l’absolu — le choix dépend du terme de la grossesse, de l’état de santé et des préférences de la femme. → [Lire notre comparatif]

L’IVG médicamenteuse peut-elle affecter ma fertilité future ?

Non. Les études disponibles ne montrent aucun impact sur la fertilité ultérieure en cas d’IVG médicamenteuse réalisée dans les règles de l’art.


Article rédigé par l’équipe éditoriale d’IVG.net. Informations vérifiées à partir de sources institutionnelles et médicales de référence. Dernière vérification : septembre 2026.

Sources principales : site officiel ivg.gouv.fr, Assurance Maladie, Haute Autorité de santé.

Contact numéro vert

Notre conseil : Si vous êtes proche de la limite des délais, si vous avez des doutes, posez-vous les bonnes questions. L’IVG peut présenter des risques, parlez-en avant d’agir. Notre association offre gratuitement et confidentiellement une écoute et des conseils à toute femme en demande d’avortement.

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