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Revenir sur une IVG après la Mifégyne : est-ce possible ?

Mise à jour : 22/01/2026        Temps de lecture : 3 min

Vous venez de prendre la Mifégyne et vous hésitez à poursuivre votre IVG ? Cette situation, bien que rare, n’est pas sans issue. Voici ce que la médecine sait aujourd’hui sur les possibilités de revenir sur ce choix — et les limites de ces options.


Le rôle de la Mifégyne dans le processus d’avortement

La Mifégyne (mifépristone, 200 mg) est le premier médicament utilisé dans l’IVG médicamenteuse (jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée en ville, ou plus en établissement selon le protocole). Elle est un anti-progestatif : elle bloque les récepteurs à la progestérone, hormone essentielle au maintien de la grossesse. Cela provoque :

  • Le décollement de l’embryon du placenta (décidualisation et nécrose).
  • L’assouplissement et la dilatation du col de l’utérus.
  • Une sensibilité accrue aux prostaglandines.

Ce processus commence en général entre 12 et 48 heures après la prise du comprimé. La Mifégyne seule interrompt la grossesse dans environ 60-80% des cas (selon l’âge gestationnel). Le protocole standard associe ensuite le misoprostol (prostaglandine) 24-48h plus tard pour expulser les tissus et compléter l’IVG. Une fois l’embryon décroché du placenta, il ne peut plus survivre. Toutefois, tant que ce décollement n’a pas eu lieu, l’embryon reste vivant.


Peut-on changer d’avis après avoir pris la Mifegyne ?

Oui. Il est possible d’intervenir après la prise de Mifegyne, tant que le processus n’est pas allé à son terme. Pendant les heures critiques qui suivent la prise du premier comprimé, il existe une fenêtre d’action pour revenir sur la décision d’interrompre la grossesse. C’est également possible après la prise du misoprostol, mais l’efficacité chute fortement.

Si vous souhaitez revenir sur votre décision, contactez immédiatement un professionnel de santé ou une ligne d’écoute pour discuter des options. Le délai est critique : plus vite vous agissez, plus les chances de maintenir la grossesse augmentent.

Des études médicales confirment qu’il n’est pas garanti de pouvoir neutraliser l’effet de la Mifégyne, mais que cela reste envisageable dans certains cas. Des séries de cas suggèrent un taux de continuation de grossesse autour de 48 %.

Une étude de 2018 publiée dans la revue Issues in Law and Medicine, construite à partir des données de 754 patientes, constate que l’administration de progestérone permettrait de poursuivre la grossesse dans 64 à 68 % des cas. Il s’agit cependant d’une série de cas rétrospective, sans groupe contrôle, ce qui limite la portée de ces résultats. Toutes les études ne parviennent pas aux mêmes conclusions.

Pour aller plus loin :

Un traitement possible : la progestérone

En cas de rétractation rapide, il est donc possible d’administrer un traitement à base de progestérone, comme l’Utrogestan, pour contrer les effets de la Mifégyne. Ce traitement a pour but de stabiliser le placenta et de maintenir la grossesse.

« Plus vite la progestérone est administrée, plus les chances de poursuivre la grossesse sont élevées », explique un médecin de notre association qui accompagne régulièrement des femmes dans cette situation.


La Mifégyne est-elle dangereuse pour l’embryon si la grossesse est poursuivie ?

Selon les publications médicales disponibles, en particulier celles du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes, France) :

  • la Mifégyne n’est pas tératogène. Autrement dit, elle ne provoque pas de malformations chez l’enfant à naître si la grossesse est poursuivie.
  • Le médicament agit uniquement sur le placenta, et non sur l’embryon.
  • En cas de poursuite, un suivi échographique renforcé est recommandé pour surveiller la viabilité et le développement.

Une expérience vécue : témoignage d’Aurélie

Aurélie, 23 ans :
« Il y a deux ans, j’ai pris un cachet de Mifégyne pour avorter. 24 heures plus tard, je regrette profondément. Je décide de changer d’avis et contacte le numéro de l’association. On me met en relation avec un médecin de l’association. Elle me rassure : il y a plus d’une chance sur deux que je puisse garder mon bébé et m’indique qu’il n’y a pas de risque de malformation. Elle m’envoie une ordonnance de progestérone par email. À ce moment-là, j’ai compris que je voulais vraiment poursuivre cette grossesse, même si c’était un peu compliqué avec le papa. Aujourd’hui, ma fille a 16 mois. Je ne pourrais pas imaginer ma vie sans elle. »


FAQ / Questions fréquentes

Dans quel délai maximum peut-on agir après avoir pris la Mifégyne ?

Plus vous agissez vite, plus les chances de succès sont élevées. L’idéal est de contacter un médecin dans les 24 heures suivant la prise de Mifégyne. Au-delà de 72 heures, les chances de maintenir la grossesse diminuent fortement, même si certains cas de réussite ont été documentés jusqu’à 96 heures. Chaque heure compte.


Que faire si on a déjà pris le misoprostol (le 2ème comprimé) ?

Si le misoprostol a déjà été pris, le processus d’expulsion est très avancé et les chances de poursuivre la grossesse sont très faibles. Il est néanmoins conseillé de consulter un médecin immédiatement pour évaluer la situation, notamment via échographie. Ne restez pas seule dans cette situation.


Est-ce que le médecin traitant peut prescrire la progestérone ?

Oui, un médecin généraliste peut prescrire de la progestérone (type Utrogestan). Cependant, tous les médecins ne sont pas formés à ce protocole, peu reconnu par les autorités médicales officielles. Le plus rapide est de contacter directement notre association : nous pouvons vous mettre en relation avec un médecin de notre réseau habitué à ce type d’accompagnement, par téléphone, même le soir ou le week-end.


Y a-t-il un risque de malformation pour le bébé si on poursuit la grossesse ?

D’après les données disponibles, notamment celles du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), la Mifégyne n’est pas considérée comme tératogène : elle n’est pas connue pour provoquer des malformations. Elle agit sur le placenta, et non directement sur l’embryon. En cas de poursuite de grossesse, un suivi échographique rapproché est systématiquement recommandé pour vérifier le bon développement du fœtus.


Est-ce que ce protocole est reconnu officiellement en France ?

Non, la “réversion de l’IVG médicamenteuse” par progestérone n’est pas un protocole officiellement validé par la Haute Autorité de Santé (HAS) ni par les grandes sociétés médicales françaises. Les études disponibles, bien qu’encourageantes pour certaines d’entre elles, sont considérées de niveau de preuve limité. Cela ne signifie pas que c’est impossible ou dangereux, mais que vous devez être accompagnée par un médecin compétent qui pourra évaluer votre situation personnelle.


Peut-on être contrainte de poursuivre son IVG si on change d’avis ?

Non. Aucun médecin, aucun établissement, ne peut vous obliger à poursuivre un processus médical auquel vous ne consentez plus. Changer d’avis est un droit. Si vous rencontrez des difficultés à faire entendre votre décision, contactez-nous : nous pouvons vous orienter et vous soutenir dans vos démarches.


Conclusion : l’IVG peut être interrompue après le 1er comprimé

Bien que l’IVG soit amorcée avec la Mifégyne, il est possible dans certains cas de revenir sur cette décision, à condition d’agir rapidement. Si vous ressentez des doutes, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé ou contactez notre association.

⚠️ À savoir : La “réversion de l’IVG médicamenteuse” par progestérone n’est pas un protocole validé par la Haute Autorité de Santé (HAS) ni par les principales sociétés médicales françaises. Les études disponibles présentent des limites méthodologiques. Cet article présente les options existantes pour les femmes qui souhaitent revenir sur leur décision, sans se substituer à un avis médical personnalisé.


Article rédigé par l’équipe éditoriale d’IVG.net et relu par un médecin généraliste du réseau SOS Détresse.

Contact numéro vert

Vous avez des doutes ? Parlez-en, vous n’êtes pas seule.

Si vous avez pris la Mifégyne et que vous hésitez ou souhaitez revenir sur votre décision, il est important d’agir le plus rapidement possible. Contactez-nous par téléphone: nous pouvons vous mettre en relation (par téléphone) avec des femmes qui ont vécu la même situation, et/ou avec un médecin compétent de notre réseau pour vous accompagner. Notre association fournit gratuitement aide et écoute aux femmes qui se posent la question de l’avortement.

Pour aller plus loin :
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