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Actualité IVG en France

Mise à jour : 04/02/2026        Temps de lecture : 5 min

En 2024, 251 270 IVG ont été enregistrées, soit une hausse de +7000 par rapport à 2023, marquant un nouveau record depuis 1990. Le taux de recours continue d’augmenter. Quelles sont les données les plus récentes et les évolutions concernant l’IVG ? Comment expliquer cette progression ?

Les chiffres clés sur l’IVG en France en 2024

  • Nombre total : 251 270 IVG (hausse de +3 % vs 2023, après +4 % en 2023 vs 2022).
  • Taux de recours : 17,3 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans (contre 16,8 en 2023 et 16,2 en 2022).
  • Ratio IVG / naissances : environ 0,38 (38 IVG pour 100 naissances vivantes), en hausse du fait de la baisse des naissances et de la hausse des IVG.
  • Profil des femmes : Concentration chez les 20-34 ans, avec un pic chez les 25-29 ans (29,8 IVG pour 1 000 femmes). Baisse relative chez les moins de 20 ans (5,5 pour 1 000 en 2024, contre 8,7 en 2014).
  • Récidive : 21 514 femmes (environ 8,5 %) avaient déjà eu une IVG dans les 12 mois précédents.

Évolution des pratiques : l’IVG médicamenteuse domine toujours plus

L’IVG médicamenteuse, pratiquée jusqu’à 7 semaines de grossesse (9 semaines d’aménorrhée), représente désormais 80 % des IVG en 2024, contre 46 % en 2006. Elle est réalisée :

  • 45% des IVG totales réalisées l’ont été hors établissement de santé, contre 41% en 2023.
  • Parmi les IVG en établissement : 64% l’ont été par voie médicamenteuse.

L’IVG instrumentale (chirurgicale), possible jusqu’à 14 semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée), est majoritairement réalisée en établissement de santé, avec 55 % des IVG hospitalières effectuées avant 8 semaines d’aménorrhée.

Au total : 40% des IVG sont pratiquées hors secteur hospitalier, en cabinet libéral, en progression grâce à la téléconsultation et aux sages-femmes.


Des disparités régionales marquées

Le recours à l’IVG varie considérablement selon les régions :

  • France métropolitaine : Les taux varient de 11,6 IVG pour 1 000 femmes en Pays de la Loire à 22,6 IVG pour 1 000 en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2022.
  • DROM : Les taux sont plus élevés, allant de 21,0 IVG pour 1 000 femmes à Mayotte à 48,7 IVG pour 1 000 en Guyane.
  • Île-de-France : Région la plus peuplée, elle enregistre un nombre élevé d’IVG, mais son taux reste inférieur à celui des DROM.

Ces disparités ne sont pas directement liées à la structure d’âge des populations, mais plutôt à des facteurs socio-économiques et d’accès aux soins.


Comment expliquer ces évolutions et l’augmentation récente du nombre d’IVG ?

1. Simplification et facilitation de l’accès à l’IVG

  • Depuis mars 2022, le délai légal est passé de 12 à 14 semaines, permettant un recours à l’IVG plus tardif. Mais ce changement n’explique que 1/5e de l’augmentation globale du nombre d’IVG.
  • La suppression du délai de réflexion de 7 jours.
  • La possibilité de réaliser l’IVG médicamenteuse à domicile (pilules + téléconsultation) ont été adoptées :
    • la gratuité totale (plus de frais à avancer)
    • accès facilité via médecins, sages-femmes, en ville ou à domicile
  • Ces changements allègent les contraintes, encourageant un recours plus précoce à l’IVG.

2. Baisse de la contraception et manque de prévention

  • Le Planning familial alerte sur une baisse des campagnes nationales de contraception depuis une dizaine d’années : manque d’éducation sexuelle et de diffusion d’informations.
  • Une part significative d’adolescentes (à 15 ans) n’utilisent ni préservatif, ni pilule.
  • Les difficultés d’accès à la contraception (coût, rendez-vous difficiles, déserts médicaux) jouent également un rôle et augmentent les “grossesses non désirées”
  • Environ 2/3 des grossesses menant à l’IVG surviennent sous contraception (mauvaise utilisation ou échec), d’après une étude de 2007 qui fait toujours référence.

3. Facteurs socio‑économiques et démographiques

  • Le phénomène de rattrapage post-Covid : la forte baisse des IVG en 2020–2021 (liée à la pandémie et à la chute des conceptions) est suivie d’un retour à la hausse en 2022–2022.
  • L’instabilité économique (précarité, incertitudes financières) amène certaines femmes—en particulier dans les tranches 20–39 ans, les plus concernées—à reporter ou interrompre une grossesse.
  • Parallèlement, la concentration de l’IVG chez les jeunes âgées de 25 à 29 ans correspond à une période généralement associée à une forte fécondité, d’où un impact démographique notable.

Un recul global de l’usage de la contraception

En France, 90% des femmes en âge de procréer de 18 ans et plus utilisent un moyen de contraception.

Parmi les femmes françaises ayant eu un rapport sexuel en 2023 :

  • 26,8% prenaient la pilule. (2010 : 49,5% et 2000 : 56,4%)
  • 32,1% utilisaient une méthode de longue durée réversible (DIU, implant) en 2023. (2010 : 23,3% et 2000 : 21,6%).
  • 26,1% utilisaient des méthodes barrières et naturelles (préservatif, retrait, diaphragme…) en 2023. (2010 : 18,6% et 2000 : 17,2%)
  • 9% des femmes n’utilisaient pas de contraception (contre 4 et 3,5% en 2010 et 2000).
  • 5,5% d’entre elles ont choisi la stérilisation

La peur des effets secondaires (prise de poids, baisse de libido, troubles de l’humeur)  et un changement des mentalités contribuent à une baisse des ventes de pilules contraceptives.


 


Contraception : un paradoxe persistant

Selon une étude nationale de 2007, 66 % des femmes utilisaient un moyen de contraception au cours du mois où leur grossesse a débuté. Dont :

  • pilule (37 %),
  • préservatif (16 %),
  • méthodes barrières/naturelles (18 %)
  • contraception d’urgence dans 10 % des cas

C’est l’étude la plus récente sur le sujet, mais il n’y a pas de raison de croire que ce chiffre ait beaucoup évolué : environ 2/3 des femmes en France utilisent une forme de contraception au moment de la conception ayant abouti à une IVG.

Les principaux mécanismes à l’origine de la grossesse involontaire sont la mauvaise utilisation (omission de pilule) ou la défaillance mécanique (préservatif).

Ainsi, l’usage de la contraception ne limite que partiellement le nombre d’IVG.


Conclusion

Avec 251 270 IVG en 2024, le recours à l’avortement atteint un niveau record, porté par une hausse chez les 20-34 ans et une prédominance de l’IVG médicamenteuse. Cette hausse s’explique en partie par une baisse de l’utilisation de la contraception par les françaises, un accès simplifié à l’IVG et des contraintes socio-économiques plus fortes.

Sources :

https ://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/le-nombre-des-interruptions-volontaires-de

https ://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/250925-ER-ivg-en-france-en-2024

https ://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/ivg/ivg-delais-france

https ://www.ined.fr/en/everything_about_population/demographic-facts-sheets/focus-on/how-is-abortion-use-evolving-in-france/

https ://fr.statista.com/themes/4153/les-francais-et-les-ivg/

https ://fr.statista.com/themes/2750/les-francais-et-la-contraception/#topicOverview

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