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J'ai dépassé le délai de l'IVG : que faire ?

Mise à jour : 22/04/2026        Temps de lecture : 3 min

Vous avez dépassé le délai légal de l’IVG : vous n’êtes pas seule

Découvrir une grossesse tardivement, c’est plus fréquent qu’on ne le croit. Cycles irréguliers, absence de symptômes, déni de grossesse, situation de violence ou de précarité… les raisons sont multiples. Lorsque le délai légal de 14 semaines de grossesse est dépassé, la question de l’avortement ne se pose plus dans le cadre légal français. Ce qui se pose, en revanche, c’est la question de comment traverser cette grossesse et préparer au mieux l’arrivée de cet enfant, même dans des conditions difficiles.

Cet article vous présente toutes les solutions concrètes disponibles en France : aides financières, hébergement, suivi médical et accompagnement. Quelle que soit votre situation, des solutions existent.


Avant tout : prendre le temps d’accepter la situation

Découvrir tardivement une grossesse que l’on n’a pas choisie, c’est souvent un choc. La première réaction peut être la sidération, la panique, un sentiment d’injustice ou d’impossibilité. Ces émotions sont normales et légitimes, elles ne disent rien de ce que vous êtes, ni de ce que vous serez capable de faire.

Ce que les psychologues observent, c’est que les femmes dans cette situation ont souvent besoin d’un temps de décompression avant de pouvoir envisager concrètement la suite. Se précipiter dans les démarches sans avoir d’abord mis des mots sur ce qu’on ressent peut amplifier le sentiment d’être dépassée. Si vous le pouvez, accordez-vous quelques jours, pas des semaines, car les délais pour certaines aides exigent d’agir, mais quelques jours pour souffler, parler, pleurer si nécessaire.


Suis-je bien entourée ? La place de l’entourage et du conjoint

Toutes les situations ne se ressemblent pas. Certaines femmes sont entourées d’un conjoint présent et soutenant. D’autres font face seules, ou pire, sous pression de leur partenaire ou de leur famille. Il est important de nommer ces situations pour ce qu’elles sont.

Si votre conjoint est présent et vous soutient, c’est une ressource précieuse. Il peut participer aux démarches administratives, vous accompagner dans les rendez-vous médicaux, et partager le poids de l’organisation pratique. N’hésitez pas à lui confier ce rôle concrètement, beaucoup de partenaires veulent aider mais ne savent pas comment.

Si vous êtes seule, sachez que l’ensemble des aides présentées dans cet article sont accessibles aux mères isolées, et que plusieurs sont même majorées dans ce cas. Être seule ne signifie pas être sans ressources.

Si vous subissez une pression, de votre conjoint, de vos parents, de votre entourage, pour prendre une décision que vous n’avez pas choisie, c’est une situation qui mérite d’être nommée et accompagnée. La grossesse ne doit pas être une occasion pour autrui d’exercer une emprise sur vous. Des professionnels peuvent vous aider à démêler ce que vous voulez vraiment de ce qu’on attend de vous.

Dans tous les cas, vous n’êtes pas obligée de traverser ça seule. Une assistante sociale, un médecin de confiance, un psychologue, ou simplement une écoutante bienveillante peuvent faire une différence réelle dans les semaines à venir.


Se faire accompagner : par qui et comment ?

Avant même d’entamer les démarches administratives, il peut être utile de parler à quelqu’un qui connaît les ressources disponibles et peut vous orienter sans jugement. Plusieurs interlocuteurs sont là pour ça :

Une assistante sociale : c’est souvent le premier interlocuteur le plus utile dans ces situations. Elle connaît l’ensemble des dispositifs locaux, peut vous aider à constituer vos dossiers et vous orienter vers les structures adaptées à votre situation précise. Vous pouvez la contacter via votre mairie, votre CPAM ou votre hôpital.

Les centres PMI (Protection Maternelle et Infantile) : gratuits, accessibles à toutes, sans rendez-vous dans beaucoup de départements. Les équipes y sont formées pour accueillir les femmes dans des situations complexes, sans jugement.

Notre équipe — disponible 7j/7 de 9h à 23h, gratuitement et anonymement, pour vous écouter, répondre à vos questions et vous orienter vers les ressources près de chez vous. Vous n’avez pas besoin d’avoir pris de décision pour appeler.

Contact numéro vert

Vous êtes en demande d’avortement ? Vous hésitez ? Vous avez besoin de prendre du recul par rapport à votre entourage ? Vous avez subi une IVG et vous ressentez de la détresse ou un traumatisme ? 

Notre association propose un accompagnement gratuit, anonyme et bienveillant, par téléphone ou SMS, pour échanger avec des écoutantes ou des femmes concernées.

Contactez directement le numéro vert ou envoyez un message sur le chat


Les aides financières auxquelles vous avez droit

La prime à la naissance (PAJE)

Versée par la CAF dès le 7e mois de grossesse, la prime à la naissance s’élève à 1 084 € par enfant (montant 2026, sous conditions de ressources). Elle est destinée à couvrir les premières dépenses liées à l’arrivée du bébé. Pour en bénéficier, vous devez avoir effectué votre déclaration de grossesse avant la fin du 3e mois, si ce n’est pas encore fait, faites-le dès maintenant auprès de votre médecin ou sage-femme, qui la transmet directement à la CAF et à la CPAM.

Le RSA

Toute femme enceinte sans ressources suffisantes peut bénéficier du RSA, sans condition d’âge, même si vous avez moins de 25 ans. Pour une femme seule enceinte sans revenus, le montant majoré est de 836 € par mois pendant la grossesse, puis d’environ 978 € après la naissance (montants 2026, revalorisés au 1er avril 2026). La demande se fait sur caf.fr ou directement en agence CAF.

L’allocation de soutien familial (ASF)

Si vous élevez seule votre enfant, vous avez droit à l’allocation de soutien familial, qui peut s’élever jusqu’à 200,96 € par mois par enfant, (le montant exact dépend du taux plein ou partiel) sans condition de ressources, jusqu’aux 20 ans de l’enfant.

L’APL (aide personnalisée au logement)

Si vous payez un loyer, vous pouvez bénéficier des aides au logement de la CAF sous conditions de ressources. Le montant varie selon votre situation et votre loyer.

L’aide d’urgence de la CAF

En cas de situation financière très difficile, la CAF peut accorder un prêt sans intérêt et sans garantie pour faire face à des dépenses urgentes (aménagement du logement, frais imprévus). Renseignez-vous directement auprès de votre CAF locale.


Le suivi médical : tout est pris en charge

En France, tous les frais médicaux liés à la grossesse et à l’accouchement sont intégralement pris en charge par l’Assurance maladie, dès lors que vous avez une couverture sociale. Si vous n’en avez pas, la Protection Universelle Maladie (PUMa) vous couvre si vous résidez en France de façon stable. Les femmes en situation irrégulière peuvent bénéficier de l’Aide Médicale d’État (AME).

Les centres PMI (Protection Maternelle et Infantile) offrent gratuitement à toutes les femmes enceintes un suivi personnalisé par des professionnels de santé, des séances de préparation à l’accouchement et un accompagnement social et administratif. Il en existe dans chaque département — renseignez-vous auprès de votre mairie.


Les solutions d’hébergement si vous ne pouvez pas rester chez vous

Les centres maternels

Ce sont des établissements publics financés par les départements, qui accueillent les femmes enceintes en difficulté à partir du 7e mois de grossesse et les jeunes mères jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Ils proposent un hébergement, un accompagnement médical, psychologique, administratif et une aide à l’insertion professionnelle. Il en existe pratiquement un par département. L’admission se fait sur dossier présenté par un travailleur social.

Les maisons d’accueil associatives

Des associations proposent un accueil dès le début de la grossesse, dans des structures plus souples que les centres maternels publics : appartements, colocations solidaires, maisons d’accueil. Parmi elles :

  • La Maison de Marthe et Marie — colocations solidaires dans plusieurs villes (Paris, Lyon, Nantes, Strasbourg) : martheetmarie.fr
  • SOS Bébé — annuaire national des structures d’accueil : sosbebe.org
  • Réseau Vie — liste des associations et maisons maternelles : reseauvie.fr

En cas d’urgence : le 115

Si vous vous retrouvez sans logement, appelez le 115 (SAMU social) en précisant que vous êtes enceinte. Les femmes enceintes ont la priorité dans l’attribution des places d’hébergement d’urgence.


Pour les mineures

Si vous êtes mineure et que vos parents ne peuvent pas ou ne veulent pas vous aider, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) peut intervenir et vous prendre en charge — logement, suivi, accompagnement. Adressez-vous à une assistante sociale ou directement à l’ASE de votre département. Des centres maternels spécialisés accueillent les mineures enceintes dès le début de la grossesse.


Pour les étudiantes

Le CROUS dispose de solutions d’hébergement d’urgence et d’aides financières pour les étudiantes en situation difficile. Contactez l’assistante sociale de votre CROUS.


Si vous ne vous sentez pas capable d’élever cet enfant : l’accouchement sous le secret

Si votre grossesse est trop avancée pour une IVG et que vous ne vous sentez pas en mesure d’élever cet enfant, il existe en France une option légale et encadrée : l’accouchement sous le secret (anciennement appelé accouchement sous X).

Cette disposition, unique en Europe, vous permet d’accoucher dans n’importe quelle maternité publique ou privée sans donner votre identité, de façon totalement anonyme. Aucune pièce d’identité ne peut vous être demandée, aucune enquête ne peut être menée.

Concrètement :

  • L’enfant est pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) après la naissance
  • Vous disposez de 2 mois pour changer d’avis et reconnaître l’enfant
  • Tous les frais d’accouchement et d’hébergement sont pris en charge par l’État
  • Vous pouvez laisser, sous pli fermé et confidentiel, des informations sur votre santé et les origines de l’enfant
  • Vous pouvez lever le secret de votre identité à tout moment au cours de votre vie, via le CNAOP

Cette décision est grave et mérite d’être prise avec un accompagnement. Un soutien psychologique est systématiquement proposé par l’ASE.


Vous n’avez pas à traverser ça seule

Quelle que soit votre situation — grossesse découverte tard, isolement, pression de l’entourage, difficultés financières, hébergement précaire — notre équipe est disponible pour vous écouter, vous informer sur vos droits et vous orienter vers les structures adaptées près de chez vous.

0 800 202 205 — Appel gratuit et anonyme, 7j/7 de 9h à 23h


Sources

  • CAF — Prestations familiales : caf.fr
  • Service Public — Accouchement sous X : service-public.gouv.fr
  • PMI — Protection Maternelle et Infantile : via votre mairie ou conseil départemental
  • SOS Bébé — Annuaire hébergement : sosbebe.org
  • Montants RSA et PAJE vérifiés au 1er avril 2026 (barèmes CAF officiels)
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