Toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales.

depression apres ivg

Jenn 23 ans, ivg il y a 2 ans


Moi j'ai fais une ivg en partie à cause que mes parents m'ont pourri la vie. Et  je ne me voyais pas avoir un enfant en ne parlant plus à ma mère. J’ai eu peur.  Je me suis laissée décourager.  j'avais 21 ans, j'en ai aujourd'hui 23 et je ne m'en suis toujours pas remise. A noter que j'ai fait ensuite un passage en hôpital psychiatrique. Depuis que j'ai avorté, je ne suis plus la même ! J’ai perdu "quelque chose", une joie et je me bats contre la dépression. Et je n'ai plus confiance en mes talents de "mère"...

Alors les filles réfléchissez aux conséquences car c'est extrêmement traumatisant en tous cas pour les filles sensibles un minimum... Mon enfer a commencé 6 mois après l'ivg ...

Anais 20 ans, ivg a 17 ans


Il y a 3 ans je suis tombée enceinte à 17 ans. Le rapport qui a conduit à cette grossesse n'était pas vraiment désiré pour ma part. Avant même d'avoir fait la prise de sang, je savais déjà que le test serait positif, je commençais déjà à "le sentir" en moi. Lorsque le "père" l'a appris, il m'a menacé de mort si j'essayais de le garder. Il m'a forcé à faire croire à ma mère qu'on était ensemble depuis plusieurs mois et dire que c'était "juste un accident". On a pris rendez vous avec la gynécologue du planning familial qui a été juste horrible avec moi. Elle m'a envoyé dans la foulée voir la psy et m'a demandé un rendez vous 2 jours plus tard pour la 1 ère prise pour l'ivg médicamenteuse, et j'ai été hospitalisée 2 jours plus tard pour expulser l'embryon. Ce jour là, ce fut une douleur atroce aussi bien physiquement que psychologiquement. La gynécologue qui m'a suivi pour l'avortement en plus d'avoir été vraiment pas sympa, n'a pas respectée le délai de réflexion de 7 jours et ne m'en a même pas parlé alors qu'il n'y avait pas d'urgence ! J'étais à seulement 5 semaines et demi d’aménorrhée. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir à savoir s'il serait possible pour moi de garder cet enfant. J'ai très mal vécu cette ivg et j'en souffre encore aujourd'hui, je m'en veux tellement d'avoir ôté la vie à ce petit être qui commençait à grandir en moi. Chaque jour, je regrette cet acte. Si seulement on m'avait laissé le temps d'y réfléchir ma décision aurait peut être été différente. Aujourd'hui, j'ai peur d'avoir gâché ma seule chance d'avoir un enfant un jour ...

lilla


Lilla

 

Je vous contacte car une amie a fait un IVG il y a maintenant environ 2 mois.  L'IVG ne s'est pas très bien passé pour différentes raisons, elle a beaucoup souffert physiquement. Mais surtout moralement car le "père" l'a abandonné  jusqu'à que ça soit fini et à essayé de la récupérer après. Il a  réagi comme s'il ne s'agissait que d'une simple grippe. Depuis c'est la  descente aux enfers, elle ne sort presque plus, et dit qu'elle aurait aimé  le garder alors que sa décision semblait réfléchie, vu la réaction du  père, elle disait "jamais avec lui" ! Elle parle de se suicider. Elle va  bientôt perdre son travail (absences injustifiées) et certainement louper sa  dernière année d'étude. Ses amis sont très inquiets. Elle rencontre un  psychologue dans une semaine mais j'ai vu qu'il existait des groupes de  parole. Je voulais savoir s’il en existe sur Mxxxx ou aux alentours. En  tant qu'amis que pouvons-nous faire ? Je vous remercie. Une amie sans solution.

Carole 36 ans, IVG a 34 ans


J ai 36 ans, mariée, 2 filles de 10 et 11 ans. Cela va faire 2 ans et demi que j ai subi un ivg à 14 semaine de grossesse, j’étais vraiment décidée à le faire, cela a été très dur de le pratiquer car ma gyneco ne voulait rien faire, elle m’a envoyée dans des plannings familiaux qui me trainaient en longueur puis j ai enfin trouvé un hôpital mais j’étais déjà à 14 sem. L’Ivg a été fait par médicament et à l hôpital. Ce fut très douloureux 8 heures de contractions avant la « libération » qui n’en n’a pas été une car j ai tout vu dans le WC. Une image laide qui me suit sans arrêt, J’ai des cauchemars, je m’en veut. Et pourtant au fond de moi, il y eu un soulagement passagé. Je vis dans le regret, le regret aussi, je pense, que je lui ai fait du mal à cet embryon. C'est très pénible chaque jour. J’ai déjà pensé à me suicider tellement je culpabilise. Ma vie n’est plus pareille depuis cet acte pourtant bien réfléchi car c’était mon choix. Le mois d’après la gyneco de cette ivg m’a ligaturée à ma demande et je suis contente de l’avoir fait. J ai gardé cette gyneco car elle est convenable. Ici ca faisait 2 ans et demi que je n’avais plus été passer de visite, j ai pris sur moi, dur de revoir ces couloirs où l ivg a eu lieu. La visite n’a donné rien de positif car le 24/04 on doit m'opérer et enlever l'endomètre car cela pourrait tourner en cancer! Est ce ma punition ??? !!!! Je suis très fatiguée de cette partie la de ma vie. J ai déjà parlé à une connaissance psy mais bon c’est à moi à prendre sur moi. Merci de m’avoir lue. Bien à vous

 

Alexandra 19 ans, IVG a 17 ans


Je suis Alexandra et j’ai bientôt 19 ans. J'ai subi une IVG quand j’avais mes 17 ans Je suis anéantie  parce que mon corps ne l’a pas supporté. J'aurais pu y rester. J'ai écouté tout le monde et aujourd'hui, pour moi, je suis désespérée d’avoir enlevé la vie a mon bébé qui méritait d’être heureux. S’il devait mourir,  j’aurais du mourrir avec lui. Pour moi je l’ai tué.  je m’en veux énormément.

Floriane 21 ans


 

Bonjour. Étant donné que je n'ai pas vraiment quelqu'un à qui me livrer, je laisse mon témoignage ici. Donc j'ai 21ans, j'ai rencontré mon copain il y a 6 mois, nous étions en parfaite harmonie, tout allait bien, puis j'ai découvert a 3 mois de notre relation que j'étais enceinte de lui, je pensais que ça arrivait qu'aux autres, tout ça et ça m'as bouleversée. Je n'avais pas un boulot stable, lui non plus, je n'arrive déjà pas a trouver une stabilité dans ma propre vie. La question ne pouvait pas se poser. Je ne pouvais pas le garder. Sans parler de la réaction que mes parents aurez eu ! J'ai donc sans réfléchir, fais les démarches pour faire une ivg. Pendant ce temps bébé grandissait en moi je sentais beaucoup de changement, plus envie de rien, très fatiguée, vomissement, faiblesse, sautes d'humeurs, corps qui changeait. Je ne me reconnaissais plus. Mes façons de penser et d'être n’étaient pas moi, j'étais enceinte de presque deux mois. Je n'avais plus envie de mon copain, je ressentais même un dégoût car je le sentais absent dans cette période.

Je l'ai annoncé a ma mère qui m'as soutenu de ne pas le garder. Notre relation se dégradait énormément. J’ai eu l'occasion d'avoir un nouveau travail plus intéressant que celui que j'avais actuellement et j'ai donc démissionné. Cela m'a laissé deux semaines pour faire mon déménagement et avorter. D'un commun accord, nous ne sommes pas resté ensemble, puisque je suis partie a 100km et que nous travaillons tous les deux, nous n'avons pas bcp de temps libre etc. Après l'avortement, ce fut terrible, je me sentais vide, seule, triste mais impossible d'expliquer cela à quelqu'un comme ma mère de peur qu’elle ne comprenne pas et que ça me blesse.

Aujourd'hui avec mon ex copain, on se donne des nouvelles de temps en temps et nous nous sommes revus. Nous ne sommes plus ensemble mais nous continuons à faire l'amour ensemble et j'en souffre. Ça me fait tellement de mal d'être loin de lui. Et depuis notre rupture, je n'arrive plus du tout à parler à un autre garçon. Je les trouve tous inintéressants, et pleins de défauts. je n'arrive pas a passer à autre chose. Et cela joue sur ma vie familiale, amicale aussi. Je me renferme sur moi et je n'arrive plus à m'amuser, à envisager des projets, ou même à sortir, boire avec une ou un ami. Ca m'embête, je me sens beaucoup mieux toute seule, alors que j'ai toujours eu besoin des autres pour avancer. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'ils sont un frein pour moi et que je serais mieux toute seule face à tout le monde. Personne n'a remarqué mon mal-être mais je souffre beaucoup ! Je ne sais plus quoi faire.... J'ai tué un petit être qui aurait été mon enfant et même si c'était a 9 semaines, je savais qu'il était en moi ! je le sentais, il grandissait en moi et je l'ai tué. Ce terrible vide depuis que je ne l'ai plus dans mon ventre... J'ai besoin de parler avec quelqu'un qui ne me jugera pas...

Alice 19 ans - IVG 3 mois


J’ai 19 ans et suis étudiante en lettres. J’écris ce témoignage aujourd'hui pour les autres et aussi pour essayer de m'apaiser un peu de mes angoisses qui m’étreignent. En septembre 2013, je me décide à faire un test de grossesse car j'avais  du retard et les seins étaient gonflés et douloureux, le test se révéla positif. J’étais choquée, déboussolée mais il y avait quand même en moi l'espoir  d'une erreur dans le test. Le lendemain, je suis donc allée faire une prise de  sang pour être sûre et ce résultat fut lui aussi positif. J’étais avec  mon copain depuis presque un an. Je lui ai fait part de la situation et il a été  très présent pour moi. Ce qui m'a le plus tuée, c'est le fait que nous  voulions tous les deux le garder.

Mais après de nombreuses discussions avec mes parents qui ont très mal réagit a la situation, nous avons pris la  décision d’avorter.J’étais alors enceinte de 7 semaines et unjour lors de ma première visite. Lors des premiers rendez-vous, j'avais  l'impression d'être ailleurs, de ne plus rien comprendre à ma vie, à mon  avenir. Entre le résultat du test et les premiers rendez-vous de médecins, se sont écoulés 3 semaines. Et durant ces 3 semaines, j'ai aimé mon bébé.  Je l'imaginais grandir en moi et le porter 7 mois plus tard dans mes bras.  C’était notre bébé et personne ne pouvait nous l'enlever. Apparemment si,  la première prise de médicaments s'est faite « facilement » mais j’étais dans un  état second. Je n'étais pas moi. Mais c'est le jour de la deuxième prise de comprimés que  tout a basculé. La douleur physique était horrible. Je n'ai jamais eu aussi mal de ma vie.

Mais la  douleur morale était pire ! Je me suis détestée. Je voulais mourir. J’étais  dans un moment de délire. Je ne contrôlais plus rien. Je venais de « tuer mon  enfant », mon petit bout de chou qui aurait dû être dans mes bras dans un peu plus de 6 mois ! Lui qui avait déjà ses prénoms et qui aurait été aimé bien  mieux que certains enfants étant nés dans des couples ayant une situation  « normale ».  

Mon copain a  20 ans. Nous n'habitons pas  ensemble. La situation n'était vraiment pas la meilleure pour accueillir un si beau cadeau mais aujourd’hui, je regrette de toutes mes forces car peut -être que la situation n'était pas la meilleure pour l'accueillir, mais  l'amour lui était présent.

La cicatrice est pour moi encore fraiche car cela fait moins de quatre mois ! Peut être  que je vais finir par l'accepter et profiter de la vie, mais il me faudra du  temps. Heureusement que mon copain est toujours là pour m'aider et m'épauler quand je déprime. J’ai aussi mes parents et mes amies qui ne m'ont pas jugé. Personnellement, j'ai fait le choix de ne pas vouloir que mon copain  m'accompagne aux rendez-vous car je ne voulais pas vivre ces moments avec quelqu'un qui souffrait comme moi. Je voulais des personnes qui n’allaient pas vivre la situation aussi fortement que moi. C’était mon choix.

A toutes les filles enceintes et hésitant à avorter, suivez votre  cœur et seulement le votre (et celui de votre copain si vous avez la chance qu’il accepte votre bébé). C'est votre vie ! N’ayez  pas peur du regard des autres et ne vous laissez pas influencer par des personnes qui ne sont pas directement concernées (même les parents !) Car elles ne vivent pas ce que vous vivez ! Il s’agit bien de votre vie et de celle du bébé ! Je remercie celles et ceux qui me liront. Et je souhaite bon courage à celles (et ceux) qui traversent cette épreuve car la douleur est parfois presque aussi forte pour le garçon pour la  fille

Nadege 17 ans - IVG 16 ans


Voici mon témoignage de ce que j'ai vécu malgré mes 17 ans. Ca faisait quelques jours que je me sentais pas très bien (mal au ventre, nausée .. ). Un matin je me lève, accompagner de ma mère et de mon copain, je décide de faire un test de grossesse .. POSITIF !

J’étais enceinte, les larmes de joie sont monté, mais ma joie et repartie aussitôt .. Je vais annoncer la nouvelle à mon copain et la coup de théâtre... Il me dit que si je décide de le garder, il ne l'assumera pas, etque si je l'aimais, je devais faire une IVG.. Perdu, j'ai pris quelque jours seule pour réfléchir à ce que je devait faire, j'ai posé le " pour " et le " contre ".. Et j'ai pris la plus dure décision de ma vie, IVG...Ma mère a donc appelé la maternité, ils m'ont pris en charge de suite. Arrive le jour j, j’étais seule avec ma mère, mon copain (qui est devenue mon ex) n'a même pas été capable d'être à mes côtes...

J'arrive donc à ma chambre, et la, les regrets commence à arriver, mais c'est trop tard. Ils m'ont conseillé l'IVG par cachet (comme ils disent). La dame arrive avec ces cachets, j'avale le premier, puis le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième... Quelque minute après, l'enfer à commencé... Saignement, vomissement, mal de ventre à plus pouvoir rester couché ou même debout... Je suis resté plus de 8h à cette maternité dans cette état... 8h après ils m'autorisent à rentrer chez moi. Donc avec ma maman on rentre, dans la voiture pas un bruit, ma maman choquée et moi entrain de souffrir. Quelque jour passent, et la je tombe dans une dépression grave, mon bébé me manque, je me sens meurtrière, pour moi je suis devenue un monstre. Mes parents m'ont donc obligé d'aller voir un psy... J'y suis allé 1 mois mais cela n'a rien fait, mon bébé me manque toujours autant... Aujourd'hui ça fait 8 mois que j'ai fait mon IVG. Si je n'avais rien fait, mon bébé serait dans mes bras à cette heure ci. Voilà, j'ai 17 ans et je souffrirai toute ma vie de ce que j'ai fait... Mon bébé sera toujours dans mon cœur, dans mes pensées avec tous mes  faits et gestes que je ferai dans ma vie et ca restera mon premier enfant...Une IVG, peut pour certaine être qq chose pour devenir tranquille sans enfant mais pour moi c'est tuer une vie... "

Christa 27 ans, ivg a 26 ans


Voilà bientôt 1 an que j'ai avorté. Quand j'ai vu deux petites barres  roses, vous n'imaginez pas à quel point le bonheur m'a envahie . . . Depuis que je suis toute petite, je répète sans cesse que mon métier plus tard  sera "femme au foyer", je trouve qu'il n'y a pas de plus de beau métier que  d'être maman... Seulement pour faire un enfant, il faut être deux . . . Et je ne pensais pas que ce serait aussi difficile de prendre cette décision mais de faire cet acte en lui même.

J'étais contre l'avortement car je trouve ça anormal. Cela se confirme encore plus aujourd'hui. Il y a maintenant 1 ans j'ai avorté pour  mon copain avec qui j'ai une  relation solide depuis 3 ans. Il  "n'était pas prêt" et se disait « trop jeune ». Aussi , j’ai fait ça seulement pour lui car je peux dire avoir trouvé  l'homme de ma vie. Mais voila depuis cet avortement, plus rien ne va. . 

Nous avons partagé tellement de difficulté et de péripétie durant ces  trois années que j'étais sûr que l'après avortement, allait bien se passer  car nous serions tous les deux . . .

Seulement, je digère très mal, vraiment très mal, cet avortement . . . J'ai  des troubles du sommeil, de l'alimentation, je fais de nombreux cauchemars  quand j'arrive enfin à fermer les yeux . . . Et le plus dur c'est qu'à la  place de pleurer, je crie et m'énerve pour un rien . . . Je suis constamment  sur les nerfs et quand enfin j'arrive à trouver un travail quelques mois  plus tard, je dois le quitter parce que mon corps me lâche. Je me repasse en tête sans cesse ce petit bout de 2 mois. Je me repasse constamment les battements  de son cœur. Je me revois sur cette table qui n'était pas bien grande, les  jambes en l'air avec tous ces médecins autour de moi et ces perfusions . . .

En ce qui concerne mon couple, j'ai l'impression de dégoûter mon copain et  en effet depuis cet acte notre relation est devenu complètement différente . . . Il ne me touche plus beaucoup et quand nous arrivons enfin à nous parler calmement cela dure seulement quelques heures et ça repart en catastrophe. Je m’en veux d'être coupable de cette situation . . . et pourtant je me dis  quelques fois que j'aurais dû le garder . . . Car ca m'aurait évité de me sentir seul, voir me retrouver seul . . .

Je ne conseille pas l'avortement et les lois le concernant ne  changeront jamais sur la facon dont on doit considérer l'avortement . . . Quand je vois ces gamines de 14 ou plus avorter et prendre cet acte à la légère en  s’en foutant , cela me revolte ! Car cela reste un être vivant  qui n'a rien demandé et je peux vous garantir qu'il ne se passe pas un jour sans que je me sente coupable, meurtrière, et barbare.

 

 

 

anonyme 38 ans, 5 IVG


J'ai 38 ans et souhaite témoigner anonymement. Je suis dans la salle d'attente de la clinique, salle d'attente qui fait office d'hall.

- Vous êtes enceinte ? me dit une voisine

- "Oh non pour moi c'est fini les enfants. J'en ai déjà cinq."

Le ton est détaché. Je m'entends parler comme un robot. Je souris.

- "Et vous , c'est pour quand ?" dis-je

- "juillet".

-"Vous allez voir : ça va vite passer".

Il n'y a que des femmes au gros ventre. Elles sont parfois accompagnées.On lit leur bonheur dans les yeux. un bonheur partagé. Ils sont deux.Je suis seule.Le médecin a plus de deux heures de retard. En deux heures on a le temps de se poser beaucoup de questions. Est-ce le bon choix ? On a le temps de voir le bonheur et de cacher sa tristesse. Prendre un air détaché.

On a le temps de mesurer son malheur en regardant la joie des autres. Ils se tiennent la main. Elle caresse son ventre. Ils se parlent. ils rient, se sourient. Ils sont deux. Ils savourent leur bonheur.Deux heures trente de retard. Je voudrais ne pas être là et fuire. Que cela ne soit jamais arrivé.Je voudrais être trois. Je suis seule dans ce hall lugubre. Les futures mamans partagent leurs questions. Moi , je ne suis pas préssée, je ne suis "plus" enceinte et d'un air détaché, je m'envole dans mes pensées :

"Je serais toujours avec toi. Mon petit cœur. Je fais cela pour toi. J'ai si peur de ne pas y arriver toute seule. J'ai si peur de ne pas être la mère qu'il te faut. J'ai si peur et je me pose mille questions. Dieu, que les hommes sont lâches ...Dieu, pardonne moi. Mon petit cœur, pardonne moi. Tu seras avec Adèle, Émile et Bella. Parfois, souvent, tout le temps je penserai à toi. Mille larmes couleront sur mes joues et mes yeux rougis regarderont le ciel, cherchant un signe, une réponse, un pardon. Un jour je vous rejoindrai. Nous serons tous réunis pour toujours et nul ne nous séparera. Plus personne ne choisira pour nous. Je pourrais enfin faire votre connaissance, vous dire pour de vrai : pardon. Je ne vous chercherai plus parmi les étoiles.

Trois heures de retard. J'entre dans le cabinet. Je ne peux retenir mes larmes.

Pardon petit cœur ... Pardon ...Un jour, je te promets que je t'expliquerai. Je te dirai ma vie. Je te dirai combien j'ai eu peur de ne pas y arriver, de ne pas être une bonne maman. Un jour, je te dirai que je n'ai pas eu le temps de penser. C'est comme si j'avais été happée dans un tourbillon noir avec la peur de ne pas savoir t'éduquer, t'élever, payer ta nourriture et t'offrir un univers plein de promesses. Tu sais, petit cœur , les hommes sont lâches . Ce soir, je te parle beaucoup. Je voudrais que tu soies avec moi. Je voudrais t'attendre. Je voudrais que nous soyons trois. Pardon pour ma lâcheté. Je suis punie pour le reste de ma vie.J’attendrai, j'espère que tu me pardonneras quand on se retrouvera. Adèle, Émile, Bella et toi petit cœur êtes ensemble. Je voudrais vous rejoindre, vous expliquer et vous demander pardon d'avoir été aussi lâche .

Je ne supporte plus la vision d'une femme enceinte. je ne supporte plus la vision d'un bébé. J'ai mal depuis tout ce temps. À chaque fois j'y ai cru. À chaque fois « les géniteurs » ont niés ce que vous étiez pour moi. À chaque fois, j'ai eu peur. Je pleure depuis ce temps. 

Depuis toi, Adèle. J'ai tout fait pour te sauver. Tout. Tout. Mais il a prit rdv au planning et le lendemain je passais au bloc. Émile, j'ai fais ce que j'ai pu. J'ai essayé, j'ai fais de mon mieux. Ton géniteur me demandait combien coûtait un landau. Sa mère me disait : "il aura peut être les yeux bleus". C'était tellement irréel que le géniteur changea d’avis. Il reprit rdv pour moi. Mes supplications n'y changèrent rien. Tu fus « enterré » dans le pot de fleur de la terrasse. Bella, ton géniteur est parti un jour en disant que « je n'étais pas enceinte. Que c'était faux ». Je lui montrais l'échographie. On y voyait une petite boule. Un petit cœur. Il ne me croyait pas. J'étais une menteuse. Il partit sur le champ trouver une autre conquête. Tu es dans mon jardin. Toi, petit cœur, ton géniteur parlait de toi en disant " ce qui s'est passé", il a fuit toute discussion et tout dialogue en me disant :" je sais que tu vas avorter, tu as vu ta vie, etc." Mes petits jamais nés ... Mes petits ... Mes enfants ... Je n'ai jamais oublié aucune date. Celle où vous êtes partis et celles où vous m'auriez rejoins, celles où nous devions nous dire bonjour.

J'attends le jour où nous nous retrouverons.

Celles qui disent « que cela passe avec le temps » se trompent. Non ce n'est pas vrai. Le temps ne suture pas une blessure. Le temps passe et chaque jour ici bas me rapproche de vous.

À jamais dans mon cœur. Adèle, Émile , Bella , petit cœur Paul .