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J'ai bien vécu l'IVG

Khadija


 Merci de votre écoute et du temps passé avec moi. Je vous relaisse mes coordonnes si vous avez du temps pour me joindre et pour continuer à en parler. Vous avez également mon adresse mail. Votre présence et votre patience m’ont fait énormément de bien. Vous êtes, je crois, vraiment faites pour ce travail, et c’est d’autant plus fort que je n’ai trouvé personne capable de m’écouter aussi longtemps même si l'ivg s'est bien passée. Cordialement et merci pour tout. 

 

Khadija 

IVG medicamenteuse de Valerie 25 ans


IVG medicamenteuse : Valerie a deux enfants qui ont 17 mois d'écart et la derniere  à 8 mois. Il y a trois semaines elle fait une ivg qui physiquement se passe bien mais elle a des petits regrets

 

clara 19 ans


Avorter est quelque chose de difficile, même si c'est une décision que l'on a prise seule, même si on est convaincue que c'est la « meilleure chose » que l'on puisse faire, pour nous.

J'ai avorté par aspiration il y a maintenant deux mois, à 19 ans.

Je prenais la pilule mais aussi beaucoup de médicaments (pour des migraines et pour me soulager des mois précédents qui avaient été très difficiles). Je voyais un garçon depuis longtemps maintenant et j'en étais amoureuse - je le suis toujours d'ailleurs. A cause de changements de pilule et je ne sais, je n'avais pas mes règles depuis le mois de mai. Je faisais des test régulièrement mais ils étaient tous négatifs. Au mois d'Aout, je me suis aperçue que malgré une grosse perte de poids, je prenais du ventre.

Je ne faisais que manger, j'étais tout le temps fatiguée et j'ai mis ca sur le compte d'une petite dépression car je travaillais tout l'été et me sentais très seule. J'ai fini par refaire un test de grossesse qui s'est avéré être positif. J'en avais tellement fait dans ma vie avant que je n'arrivais pas à réaliser que cela pouvait être vrai, que ça arrivait vraiment. J'ai fait  une prise de sang qui m'a confirmée la grossesse.

Selon leur tableau, j'étais a plus de 3 mois et demi, l'avortement n'était pas possible. Ma mère m'a trouvé en larme, j'avais peur. Après l'échographie de datation, il s’avérait que j'étais a 9 semaines et que j'avais encore le temps. Un soulagement, presque. Si j'avais le temps, c'est que j'avais le choix. Bien sur, pour ma mère, c'était hors de question que je garde cet enfant. Le père, malgré mon amour, n'est pas l'homme de ma vie et il n'aurait jamais voulu le garder. Il était en voyage, je ne pouvais pas lui parler, je ne savais même pas si je lui manquais. Je me suis pas vraiment posée la question, pour moi c'était 'dans l'ordre des choses' que je me fasse avorter. J'étais étudiante, jeune et j'étais dans une relation qui ne menait nulle part. J'en ai parlé à mes amies, qui ont été là pour moi et pour elle aussi le garder n'était pas la bonne solution. Lorsqu'à l'échographie j'ai entendu le cœur battre. Mon corps s'est détendu. De toute ma tête et de tout mon corps, je ne voulais pas cet enfant car c'était impossible... Mon corps était inévitablement fou de ce dernier, l'aimait, le chérissait. J'ai vu le père 1 semaine avant l'avortement, je lui ai dis. Ca demande du courage, mais il ne faut pas cacher ce genre de choses, c'est tellement puissant que le cacher détruira une relation, même si le dire est une prise de risque. Il n'a pas vraiment oscillé, pour lui l'avortement était également la seule option envisageable. Quand il posait sa main sur mon ventre (je gardais toujours la mienne dessus, comme barrière devant ce monde de brute surement), je me sentais enfin complète.

L'avortement par aspiration n'est pas quelque chose de simple, même si on se dit qu'on s'endort et qu'au réveil, comme par magie, c'est comme si rien n'avait jamais existé (J'ai choisi l'anesthésie générale). Les comprimés que l'on nous donne déclenche des contractions, la douleur peut être très forte, j'en ai vomis, j'en pleurais et j'ai même du descendre au bloc plus tôt pour qu'ils m'endorment afin de me soulager.. Le père n'était pas là de la journée, ma mère m'avait accompagné et même si on pense que personne ne nous comprend, que cette souffrance ne peut pas être partagée, être avec un proche aide. Au reveil, on se sent vide, épuisée. Mais je ne me sentais pas coupable. J'en plaisantais presque. La veille, j'ai écris une lettre à l'enfant, peut etre pour soulager ma conscience. Je n'ai pas encore chassé mes propres démons, je n'étais pas prête a chasser les siens. Je voulais qu'il soit aimé plus que tout, il ne l'aurait été qu'à moitié. Je n'aurai pas pu lui offrir tout ce dont il avait besoin. Alors oui, j'ai fais le bon choix, j'en étais convaincu. Je le suis toujours quand je vois ma vie aujourd'hui. Ma relation avec le 'pere' ne s'est pas améliorée, on se voit toujours, je l'aime toujours, lui peut etre un peu mais pas comme j'aimerai.

 

Je ne suis pas heureuse, et parfois je me dis que s'il avait été là, je l'aurais été pour lui, et par lui. Mais peut être que non et qu'il aurait souffert.

 

Avorter est un choix compliqué car on ne peut pas dire de quoi demain sera fait. Certaines ont gardé le bébé et vivent heureuses avec aujourd'hui. D'autres non. On jalousera toujours celle qui a eu le courage, et qui a été récompensée. On dénigrera toujours au contraire, celles qui l'ont gardé et qui n'y arrivent pas. 'Trop jeune, trop stupide'. On trouvera toujours un moyen de pleurer parce que ce bonheur aurait pu être le notre, mais il sera ! Un jour, on sera mère, et des mères formidables, on l'aimera de tout notre coeur et on pourra lui donner ce que l'on peut .

 

Il n'empêche qu'il me manque, que j'ai mal, mais je persiste dans l'idée qu'il m'a pardonné. Qu'il sait que je ne pouvais pas, pas que je ne voulais pas.

 

Manon 20 ans, ivg il a un an


Manon 20 ans, Je suis tombée enceinte à 19 ans, j'étais avec mon copain depuis 2 ans. Je  ne me sentais pas prête pour le garder car je faisais des études et n'avais  pas une situation assez stable, je vivais chez mes parents. Lorsque j'ai  acheté mon test de grossesse à la pharmacie, la pharmacienne a parlé  extrêmement fort en me disant que j'étais totalement irresponsable d'avoir  oublié ma pilule (il y avait la queue derrière moi) et j'étais déjà  très mal, comment vous dire qu'elle n'a pas beaucoup aidé. La première  chose que j'ai faite après avoir vu que le test était positif était d'en  parler à mon copain bien sûr, mais aussi à ma mère car j'ai la chance  d'avoir une mère extraordinaire qui me soutient. Elle m'a demandé ce que je  voulais faire et m'a dit qu'elle me soutiendrait quoi que je décide, mais  dans ma tête la décision était déjà prise, ce serait l'avortement.  Lorsque j'en ai parlé à mon copain, il m'a demandé de bien réfléchir car il ne voulait pas que je me précipite et il m'a dit qu'il serait prêt à  assumer.
Mais même si j'avais la chance d'avoir un garçon à mes côtés prêt à assumer, cela ne m'a pas vraiment soulagée, au contraire, car pour  moi la décision était prise mais cette décision lui appartenait aussi. Je  me sentais mal de vouloir avorter alors que lui hésitait, avec le recul je  pense que ça l'a soulagé au final, car il fallait prendre une décision  assez rapidement et il savait que l'avortement était la chose à faire, il  ne voulait juste pas se le dire. Nous en avons donc reparlé et avons décidé d'un commun accord de le faire. J'ai fait des prises de sang, et une  échographie (il a été merveilleux avec moi, m'a soutenu et m'a  accompagnée). Seulement, le jour de l'échographie, la gynécologue  m'expliqua que j'avais dépassé le délai autorisé pour une IVG (14 semaines d'aménorrhée) de deux ou trois jours. J'étais  paniquée et j'ai donc appelé  l’hôpital le plus près de chez moi  directement après être sortie de chez la gynéco, je leur ai expliqué la  situation et il m'ont dit que légalement, ils n'avaient pas le droit de le  faire, mais ils m'ont donné le numéro d'un médecin généraliste qui  pratiquait des IVG médicamenteuses et qui pourrait  accepter. Je l'ai  appelé tout de suite après, il n'avait plus de place pour un rdv alors il  m'a dit de venir aux heures de consultation sans rdv. Il nous a dit que cela  coûterait une certaine somme (100 ou 200 €, je ne sais plus, remboursés  plus tard), nous n'avions pas cette somme sur nous évidemment, mon copain a  réussi à retirer cette somme et nous y sommes allés.
C'était une journée vraiment étrange car je ne me rendais à peine compte de ce qui se passait  et tout allait très vite. Chez le médecin, il m'a donné un dossier d'IVG,  que j'ai toujours d'ailleurs, tout comme les échographies (car même si ce  n'était pas une grossesse désirée, cela fait partie de ma vie et je ne  veux pas l'oublier), il a changé les dates sur le dossier afin qu'il y ait  marqué que j'avais eu la semaine obligatoire de réflexion, et m'a donné deux cachets, un que j'ai pris directement  là bas et un autre que je devais prendre 48h plus tard. Tout s'est passé  très vite mais j'étais sûre de mon choix et j'étais accompagnée et  soutenue par mon copain, en sortant de chez le médecin, nous avons appelé  ma mère pour la tenir au courant, et les parents de mon copains, qui, eux  aussi étaient au courant, ils nous ont dit de rentrer chez mon copain et de  ne pas aller en cours (car c’était un jeudi) pour nous reposer. C'est ce  que nous avons fait.
Le lendemain, j’étais à la fac lorsque je me mit a  perdre beaucoup de sang, (normalement cela se fait après la deuxième prise de  cachet, mais il arrive dans certains cas que la femme expulse entre les deux  prises), c'est ce qui m'est arrivé, j'étais avec une amie, et mon jeans  était plein de sang, j'ai donc du lui raconter et elle a eu la gentillesse  de me ramener chez elle, de me prêter un jeans et de me ramener chez moi, car  chez moi je n'en avais parlé qu'a ma mère, ni mon frère, ni mes sœurs, ni  mon beau père n'étaient au courant car je ne voulais pas leur dire, même  si je savais qu'ils m'auraient soutenue aussi. Le lendemain, c'était samedi  et mon copain était chez moi, je devais prendre le cachet vers 13h, je me  suis mise dans mon lit, et je pris le  cachet, j'ai eu extrêmement mal dans le bas du ventre pendant à peu près 20  minutes, puis je me suis endormie car j’étais vraiment très fatiguée de cela. Mon copain est resté avec moi jusqu'au bout, et j'ai  perdu beaucoup de sang pendant à peu près deux semaines.
Maintenant tout va  bien, cela ne fera un an en Avril, je suis toujours avec mon copain et depuis  j'en ai parlé a mes sœurs, mais mon frère et mon beau père ne sont  toujours pas au courant et ne le sauront jamais je pense. Nous en parlons  très peu avec mon copain, je n'ai pas regretté notre choix, lui non  plus, même si ca a été extrêmement difficile pour moi comme pour lui, car  même si ce n'était pas son corps, il était concerné tout comme moi. Tout  cela s'est passé très vite mais j'avais la chance d'être sûre de mon  choix. Bien sûr, aujourd'hui je ne regrette pas. Les deux premières semaines suivant mon IVG j'étais mal, mais je le savais. Car lorsque j'ai pris cette décision, je  savais que j'allais en souffrir. 
 
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Alexandra 18 ans, ivg il y a 6 mois


J'ai 18 ans et  j'ai fais une IVG par aspiration en Aout 2015, c'est une chose que j'ai bien et mal vécu. Je ne me suis pas rendu compte que j'étais enceinte. J’ai quitté mon  copain en juin, je suis donc partie dans une sorte de folie qui n'était pas  moi, à faire la fête tout le temps, je ne me suis pas rendu compte de mon  retard de règle, quand j'avais des nausées, je me disais que j'avais trop bu  la veille. Et en Aout elles commençaient à être de plus en plus présentes. J’ai  donc fais un test qui se trouve positif. Le choc ! Je ne savais pas quoi faire et ne pouvait faire les choses toute seule de mon coté. J'en ai donc parlé à  ma mère et une amie. Je n'ai rien dit au père car je n'étais plus avec lui et  les seuls messages que j'avais, c'était des insultes. J’ai donc prit rendez  vous pour faire au plus vite cette opération car pour moi il n’était pas possible  de le garder. Je viens de signer  un contrat de BTS en Alternance. J’habite chez  mes parents j'avais plus le père de cet enfant et je ne voulais pas  construire ma vie avec cet enfant. Le jour J  ma mère m’accompagne. Cela  a prit plus de temps que prévue. Je devais arriver  à 8h et ressortir à 15h au final. Je suis passé au bloc a 13H30 et quand je  suis ressortie que je me suis retrouvé dans la salle de réveil et je  savais que tout était finie. J’ai pleuré pendant quelque jours  à me demander ce que j'avais fait, je suis retournée avec le père quelque  semaines après l'IVG. Aujourd’hui notre relation est très compliquée. Il me  reproche de ne pas l'avoir prévenue et il est persuadé qu'il n'est pas de  lui. Une chose que je vie assez mal et j'ai l'impression d'avoir vécu la chose  toute seule. Mais c'est moi qui l'ai choisi et je ne peux m'en prendre que à  moi. Il m'arrive de compter à combien de mois je serais. je me dis que j'aurai pu le gardé et lui donner  une chance à cet enfant, que c'était la seule chose que le père  attendait. Mais j'ai été lâche et je me suis sentie incapable d'assumé le  bébé de la personne que j'aime sans sa présence. Réfléchissez à deux fois  avant de prendre une décision aussi important que celle la.

Elodie 20 ans, 3 ivg en deux ans


Elodie 20 ans, je  suis ce qu'on pourrait "qualifier" de jeune femme hyper fertile. En mars 2014  a 18ans, après un rendez-vous chez le gynécologue pour une échographie de  « routine »  car j'avais mal aux ovaires prenais la pilule  Minidril, mon  gynécologue m'informe que je suis enceinte de 3 semaines... je fus choquée  car je  n'avais jamais oublié une seule fois ma pilule. J'ai ensuite consulté mon  copain, celui ci était si doux, si rassurant. Mais je n'avais d'autre issue  que l'ivg, j'ai eu très peu de douleurs, n'ai rien vu. 1 ans passe... J'ai 19 ans, J'ai finalement changé ma contraception pour un  implant. Juillet 2015, après m'être senti pas bien quelques jours, je me  décide à faire une prise de sang, positif ! Puis un autre a 3 jours  d’intervalles, positif ! Je n'en crois pas mes yeux. Je n'étais plus avec mon copain de  l'époque. Et quand j'en ai parlé à mon nouveau copain,  il m'a dit "tu l’enlèves, on est trop jeune, ce n’était pas prévu, c’est  une erreur " cela a été vraiment  dur pour moi. J'ai finalement su que j'étais enceinte de 4 semaines. A  l'échographie de datation j'ai entendu son cœur battre je me suis même  demandé  si c'était mon cœur à moi qui battait, le médecin m'a dit "non  c'est l’embryon". il vivait, il avait un cœur qui battait déjà! J'en ai pleuré. J'ai suivi mon copain, j'ai fait un ivg, laquelle m'a marquée et fait beaucoup de mal. Mon histoire avec ce garçon s’est finie  le jour où j'ai vu mon sac embryonnaire dans les toilettes. Chapitre tourné, mais pas complètement. Je me suis "reconstruite". Enfin, j'ai essayé tant bien  que mal. Je me suis mise en couple avec un garçon que je connaissais de  longue date. Il prenait soin de moi. Au début, il me faisait oublier, il était  comme mon meilleur ami, shopping, restau, etc... Mais voilà, en décembre, j'ai  appris que j’étais une 3e fois enceinte de 5 semaines (7sa) alors que j'avais re re  re changé de contraception. je prenais la pilule "Leeloo" plus des  préservatifs à chaque rapport. J'ai fait l'écho de datation, j'en ai  pleuré sur place. J’ai même failli m’évanouir tant j'avais mal au cœur. J'en ai parlé avec mon copain qui aujourd'hui n'en est plus rien ! Il m'a  sorti le même couplet ! pourtant, j'étais décidée à le garder même si  ce n'était pas quelque chose de prévu... et au final, je me suis laissée  convaincre à nouveau que c'était « la solution ». J'ai donc fait l'IVG chez mon gynécologue, puis a la maison le 23 décembre 2015. Je l'ai senti  "sortir de moi" et avoir eu envie de pousser, c'était une sensation horrible tant je regrettais déjà ce que je venais de faire. Ma relation est au point mort avec le "papa" qui ne m’épaule pas, ne me comprend pas. Je me sens incomprise, et je m'en veux car j'ai pas encore 20  ans et j'ai déjà vécue 3 ivg en l'espace de 2 ans. !!

Lou 20 ans, ne regrette pas


J'ai vécu un avortement l'hiver dernier. J'ai toujours été au courant des méthodes de contraceptions existantes. C'est un sujet dont on a souvent parlé très librement avec ma famille et mes amis, mais ça ne m'a pas empêchée de tomber enceinte à 20ans en pratiquant stupidement la méthode du retrait. On pense toujours que ce genre de chose ne peut arriver qu'aux autres, et c'est donc la honte qui m'a tout d'abord envahie, ainsi que la peur de décevoir mes parents. Je vivais à l'époque en colocation avec 2 très bonnes amies, et je ne pourrais jamais assez les remercier pour le soutien dont elles ont fait preuve durant toute cette période. Mes parents ont aussi été plutôt compréhensifs et m'ont aidée à traverser ça. Le "père" du bb était un ami que je voyais à l'occasion et avec qui j'étais dans une relation plutôt libre et sans engagement. Il a plutôt bien réagi quand je l'ai appelé pour lui annoncer la nouvelle, me disant que quelque serait mon choix, il l'accepterait. J'ai tout de suite pensé à l'avortement, sans prendre le temps de réfléchir, et il en a été ravi (bien qu'après ce coup de fil il n'ait plus donné signe de vie...). Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples que ça, et j'ai fini par réaliser ce qu'il se passait vraiment: à 5 semaines de grossesse j'étais ballonnée, ma poitrine avait gonflée, j'étais hypersensible émotionnellement (alors que j'ai un caractère très stable en temps normal), et surtout je sentais que mon ventre s'était durci et que quelque chose d'inhabituel s'y passait, c'était même devenu gênant de dormir sur le ventre. J'ai commencé à ressentir un dégoût pour mon corps, pour ce ventre et cet embryon qui s'y développait, je ne pouvais plus le toucher. Et une petite idée a commencé à s'immiscer dans mon esprit : "Et si je le gardais ?". Je me suis mise à imaginer ce que deviendrait ma vie si je le gardais: élever cet enfant seule (le "père" n'aurait pas assumé son éducation, il me l'a clairement fait comprendre), arrêter mes études pour trouver un boulot et m'occuper de "lui", subir le jugement de tous mes proches, laisser tomber mes rêves de voyage et de longues études, ... Mais j'aurais aussi donné la vie, au lieu de l'ôter à un être qui n'avait rien demandé. Un instinct maternel a même commencé à se développer durant cette période. J'ai beaucoup discuté avec ma mère de ses grossesses, de son expérience de mère. J'ai beaucoup hésité, et l'une des choses qui m'a le plus aidée à y voir plus clair est SOS IVG. Je suis tombée sur une femme vraiment gentille qui m'a orientée vers les bonnes questions qu'il fallait que je me pose. Et elle m'a fait prendre conscience que ce choix n'appartenait qu'à moi. Jusque là, les quelques personnes avec qui j'en avais parlé me disaient d'avorter sans trop réfléchir. C'est une décision lourde, décider de donner la vie ou de l'empêcher d'arriver à terme. Quel que soit le choix, il faut passer sa vie entière à l'assumer. Et c'est sur nous, les femmes que cette responsabilité repose. C'est notre corps, c'est notre sang, c'est notre esprit qui sont impliqués. Aucune femme ne devrait faire de choix sous la contrainte, nous devrions toutes pouvoir choisir librement et sans pression de la société ou des gens qui nous entourent.
Je n'ai pas réellement voulu d'enfant, mais ces 7 semaines de grossesse m'ont fait réaliser à quel point ce serait important dans ma vie d'en avoir. Je me suis beaucoup renseignée sur ce qu'il se passait dans mon corps, sur le stade auquel en était l'embryon, s'il avait déjà un cœur, un cerveau, s'il pouvait percevoir le monde qui l'entourait. C'était dur, j'ai beaucoup pleuré, je m'en voulais d'en être arrivée là. J'avais l'impression que si je choisissais l'IVG j'allais échouer dans mon rôle de femme (dans le sens très biologique et scientifique du terme): celui de donner la vie.
J'ai finalement opté pour l'IVG médicamenteuse, qui a eu lieu le 22 janvier 2015 à 7 semaines de grossesse. L'embryon dans mon ventre avait déjà un coeur qui battait et son cerveau était en train de se former. J'ai fait ce choix sans contrainte, en ayant bien pesé le pour et le contre. J'ai réalisé que je voulais finir mes études, réussir une carrière qui me plaise, puis fonder une famille avec un homme qui m'aime vraiment et qui m'aide à élever mes enfants. Je ne veux pas élever mes enfants seule. Je veux leur offrir autre chose que la vie qu'"il" aurait eue si j'avais arrêté mes études pour trouver un travail. C'est un choix très personnel et je comprends tout à fait que d'autres femmes choisissent de garder leur bébé, j'ai très longuement hésité à le faire aussi. Je sais juste que j'aurais un jour regretté de ne pas être allée au bout de mes études, qui ont toujours été importantes pour moi. Mais maintenant je sais pourquoi j'étudie, j'ai un but, je sais que je fais ça pour les enfants que j'aurais plus tard, pour leur offrir la vie que je n'ai pas pu offrir à ce premier être que j'ai abandonné en cours de route.
Cet avortement reste l'un des épisodes les plus tristes de ma vie jusqu'à présent, j'ai l'impression d'avoir perdu la part d'innocence qui restait en moi. J'ai beaucoup discuté de tout ça avec mes amies et ma famille, et je suis aussi allée voir une infirmière psychologue dans une maison des adolescents. Parler m'a beaucoup aidée à remonter la pente et me sortir de tout ça. L'IVG en elle-même ne s'est pas très bien passé, je me suis vidée de mon sang sur les toilettes de l'hôpital, et j'ai dû reprendre des médicaments par 2 fois le mois suivant car il restait des morceaux de placenta sur la paroi de l'utérus.
Tout ça m'a cependant fait réaliser à quel point la vie était importante, mais j'ai trouvé le courage de partir (ou fuir ?) à l'étranger pour continuer mes études. J'ai beaucoup de mal à faire confiance aux hommes maintenant, et je pense que toute cette histoire me reviendra en pleine figure le jour où je voudrais avoir des enfants. Mais je ne regrette pas mon choix. Une part de moi sera toujours triste d'avoir abandonné ce qui aurait pu devenir mon premier enfant, mais j'essaye de me concentrer sur les points positifs que j'ai réussi à tirer de tout ça. La vie continue son cours et ça ne m'aidera pas de rester bloquée sur cette tristesse. Tout ça fait partie de mon histoire maintenant, je n'oublierai jamais, mais je veux continuer à avancer et choisir si possible moi même la suite de cette histoire, dans l'attente du jour où nous serions 2 à sauter de joie en voyant un test de grossesse avec un résultat positif... 

Coralie 22 ans, IVG il y a 6 mois.


Je m'appelle Coralie, j'ai 22 ans et j'ai subi une IVG en juin dernier. Je lis beaucoup de commentaires de filles qui ont gardé l'enfant ou de filles qui regrettent mais pas l'inverse.  j'ai donc voulu écrire le mien. J'ai appris que j'étais enceinte au début du mois de juin et j'étais avec mon fiancé depuis 3 ans qui ne voulait pas de l’enfant, notre relation était beaucoup tendue à  ce moment là, ce qui m'a fait prendre cette décision. Car quoi qu'il arrive, quoi que l'on nous conseille de faire, il faut se souvenir que nous prenons la décision finale et que c'est nous les femmes, plus que notre entourage, qui en payons les conséquences. Suite à cela,  il n'a pas été à la hauteur de mes espérances et nous nous sommes séparés. Il s'en est suivi une « descente en enfer ». Je hurlais mon enfant disparu et me mettais souvent dans des états peu imaginables tant je souffrais ... Mais, j'ai décidé de reprendre le dessus, j'ai vu une psychologue qui me donnait des exercices à faire pour remonter la pente. Petit à petit, j'ai tenu un journal que je tiens toujours, et où il m'arrive de lui parler. Aujourd'hui, même si cela reste difficile (car je reste dans l'optique que je suis maman d'un petit ange) et que je me sens seule face à ce ressenti, j'ai repris le dessus. Donc, je voudrai d'abord dire à celles et ceux qui sont contre l'avortement et qui pensent que c'est un acte de lâcheté qu'ils ne se doutent pas à quel point il faut être fort pour surmonter cela.Il faut dire à toutes les filles qui passent par cette situation que le chemin est long. Mais même si l'on pense que tout est perdu et que l'on ne s'en sortira jamais, on peut s'en sortir ! Oui ! Peut être pas indemne, mais la vie reprend le dessus …

barbara 22 ans, ivg médicamenteuse a 5 SG


A la fin du mois de juin, ayant un retard de règles de plus de 10 jours, j'ai décidé de faire un test. J'ai 22 ans, je fais des études de médecine, je n'ai pas de relation sérieuse et il était impensable pour moi de garder ce bébé, je n'ai pas hésité.  En juillet,  j'ai donc eu une ivg médicamenteuse qui s'est bien passé mais depuis ça ne va pas. Je pensais que je me sentirais soulagée mais j'ai l'impression d'avoir « perdu mon bébé ». Et je me sens ridicule de penser ça parce que je sais très bien que c'était un embryon de 5 semaines et j'ose pas en parler autour de moi parce que je sais qu'ils ne comprendront pas. Mais j'y pense tout le temps, et aujourd'hui il aurait eu 10 semaines. Je ne regrette pas  mais j'ai du mal à oublier et à passer à autre chose ! Je ne sais pas comment faire !

Noemie 22 ans, ivg il a 2 ans


J'ai 22 ans, il y a deux ans presque trois, j'ai fait une IVG sans problème particulier.J’étais  avec mon fiancé depuis un an. Avant cela, j'avais eu une longue  relation avec un jeune homme. Je n'ai jamais utilisé la pilule et je ne suis  jamais tombée enceinte. Avec mon fiancé c’était pareil pendant un an. Puis un jour une grosse crise de  mal au ventre. Test de grossesse positif. Certains diront que j'ai fait exprès. Dans le fond, ma conscience vous dira  que OUI car j'avais réellement peur d'être stérile mais c'est vrai que mon  cœur regrette. Nous avions pas de situation stable, pas trop d'argent, et  mon instinct me disais que je ne pouvais pas élever un enfant dans de telles conditions car un enfant ce n'est pas un poupon qu'on achète à 25€. C’est  pour la vie! Alors oui, c’est pour cela l'IVG existe. Je regrette quand même mon geste car cela fait toujours du mal et j'y pense  encore aujourd’hui. Mais je sais que ma prochaine grossesse sera bonne, avec  quelques années de maturité en plus. N'ayez pas peur des préjugés des autres, il y a que votre cœur qui peut  vous guider. Et à celles qui ont réussi à s'en sortir même si elles étaient jeunes,  je vous  tire mon chapeau !!