Toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales.

IVG médicamenteuse

IVG médicamenteuse

Délai de l'IVG médicamenteuse ?

L’IVG médicamenteuse se pratique selon deux délais restreints :

  • si elle a lieu à domicile, ce n'est que jusqu’à la fin de la 5e semaine de grossesse que l'on peut y recourir. Celà signifie que c'est au maximum 7 semaines après le début des dernières règles que l'acte peut avoir lieu. 
  • si elle a lieu dans un établissement de santé, la date limite est fixée à la 7ème semaine de grossesse (c'est à dire 9 semaines après le début des dernières règles).

Où a lieu l'IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse a lieu

  • soit à domicile, sans avoir recours à l'hospitalisation. L'opération se produit toiujours avec l’intermédiaire d’un médecin ou d’une sage-femme.
  • soit à l'hopital

Comment se passe un avortement médicamenteux ?

L’IVG médicamenteuse se déroule en cinq étapes :

  • Deux consultations médicales préalables
  • deux prises de comprimés différents, à 24 h ou 48 h d’intervalle
  • une visite de contrôle pour vérifier que la grossesse est bien interrompue

Quelles sont les étapes avant l'IVG médicamenteuse ?

Deux consultations médicales doivent obligatoirement avoir lieu :

  • La première se fait chez le médecin ou la sage-femme de votre choix. Lors de cette consultation, le soignant vous informe sur les différentes méthodes d’interruption de grossesse et réalise un examen clinique.
  • La seconde consultation se fait auprès du médecin ou de la sage-femme qui réalisera votre IVG. Ce dernier vous décrit en détail le déroulement de l’interruption de grossesse médicamenteuse puis procède à un nouvel examen médical.

Si vous êtes mineure, en plus de ces deux consultations, un entretien psycho-social est obligatoire. Vous pouvez également bénéficier de cet entretien si vous êtes majeure et que vous en ressentez le besoin.

La prise de médicaments pour l'IVG médicamenteuse

Il faut prendre deux médicaments différents pour l'IVG médicamenteuse

  • Le mifépristone, qui est une pilule abortive. Ce médicament est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, au cours d’une consultation.
  • La prise du misoprostol, par voie orale. Ce médicament est pris soit en consultation soit à votre domicile.

Quels sont les effets des médicaments ?

Le mifépristone interrompt la grossesse en réalisant trois actions différentes

  • il bloque l’action de la progestérone, l'hormone qui maintient la grossesse
  • il favorise les contractions de l’utérus
  • il provoque l’ouverture du col utérin

Attention : lors de cette première étape, des saignements plus ou moins abondant peuvent survenir. Ils ne signifient cependant pas que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de se rendre à la consultation suivante.

Dans certains cas exceptionnels, l’œuf est évacué à ce stade.

Le misoprostol augmente les contractions et provoque l’interruption de grossesse

  • Dans 60 % des cas, l’avortement se produit dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol.
  • Dans 40 % des cas, l’avortement a lieu dans les 24 h à 72 heures suivant la prise du misoprostol.

Les contractions utérines induisent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes et qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’antalgiques.

Des saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tardivement. Ils durent généralement une dizaine de jours.

A quoi sert la visite de contrôle ?

Cette visite de contrôle a lieu entre 14 à 21 jours après la première prise de médicament. Cette visite est absolument nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s’assurer de l’absence de complications.

L’interruption de la grossesse est généralement contrôlée par un examen médical, souvent complété par une échographie ou un examen sanguin. Si la grossesse se poursuit, il est impératif de recourir à l’avortement chirurgical.

Si votre groupe sanguin est Rhésus négatif, vous recevez une injection de gamma-globulines anti-D pour éviter des complications lors d’une prochaine grossesse. Pensez donc à vous munir de votre carte de groupe sanguin.

IVG médicamenteuse et entretien psycho-social

A la suite de l’interruption de grossesse, le médecin ou la sage-femme vous proposera d’avoir recours à un entretien psycho-social. Cet entretien

  • n’est pas obligatoire
  • est proposé que vous soyez majeure ou mineure
  • a pour objectif de parler avec vous de votre situation si vous en ressentez le besoin

Où l’IVG médicamenteuse est-elle pratiquée ?

Elle est réalisée par un médecin ou une sage-femme ayant signé une convention avec un établissement de santé et se déroule sous plusieurs conditions :

• Votre situation médicale doit permettre l’avortement médicamenteux.
• Vous pouvez vous rendre dans un délai raisonnable dans l’établissement de santé avec lequel le médecin ou la sage-femme est en relation (trajet de l’ordre d’une heure maximum).
• Vous pouvez être accueillie à tout moment par cet établissement de santé.

Cette méthode exige un suivi vigilant de votre part lors de chaque étape, ainsi qu’une connaissance précise du déroulement de l’IVG. Celui-ci vous sera décrit par le médecin ou la sage-femme, qui vous remettra également un document explicatif du protocole que vous devrez respecter.

Lors de la première prise du médicament, le médecin ou la sage-femme :
• Vous donne des informations détaillées sur les effets secondaires possibles et la conduite à tenir.
• Vous indique les coordonnées précises du service de l’établissement de santé dans lequel vous pouvez vous rendre si nécessaire.
• Vous remet une fiche de liaison contenant les éléments utiles de votre dossier médical, que vous remettez au médecin de ce service si nécessaire.
• Vous prescrit des médicaments contre la douleur.
• Vous informe des suites normales de l’IVG et des troubles qui peuvent survenir.

Quels sont les effets de l’IVG médicamenteuse ?

Le Dr Martin Winckler (Marc ZAFFRAN de son vrai nom) médecin praticien (et écrivain) a travaillé jusqu’en 2009 dans un centre de planification et d'IVG (CH du Mans). Il a pratiqué lui même de nombreuses IVG entre 1984 et 2007. Il ne mâche pas ses mots dans son blog. Il dit sans détour que les médecins qui font une IVG médicamenteuse hors des délais légaux ont "un comportement criminel".

Il fait état de nombreux témoignages de femmes ayant subi une IVG Médicamenteuse à plus de 35 jours de grossesse (ou à qui cela a été proposé) dans certains centres d’IVG, où les médecins pratiqueraient des IVG médicamenteuses au-delà du délai légal de 7 semaines d’aménorrhée.

En général, on ne parle pas aux femmes des inconvénients possibles (douleurs, fortes hémorragies, expulsion d’un fœtus déjà assez gros...) Souvent cela s’est passé de manière très douloureuse physiquement (avec parfois aucun antalgique proposé hormis du spasfon ou du doliprane) et aussi parfois psychologiquement (choc de voir un foetus déjà formé expulsé dans les toilettes). Il y a plusieurs cas où les patients ont dû subir un curetage par la suite, l’expulsion ayant été incomplète. Ces pratiques ont l’air courantes, à ce que j’ai vu, dans certains hôpitaux alsaciens, et d’après les infirmières, il me semble que le motif serait surtout le "confort" des médecins ne voulant pas pratiquer une aspiration après un certain stade. A certains endroits, on traite vraiment très mal les femmes voulant avorter. Si vous connaissez des associations qui pourraient enquêter sur ce sujet et dénoncer les mauvaises pratiques, s'il y en a, ce serait sans doute salutaire.

Le Dr Winckler rappelle que « l’IVG médicamenteuse après 7 semaines n’est ni recommandée, ni autorisée, car elle est souvent un échec (expulsion incomplète nécessitant une aspiration) ; au-delà de 8 SA (car la datation échographique peut avoir quelques jours d’imprécision), on expose la patiente à des accidents et ce n’est pas acceptable ; une fausse couche spontanée à 12 semaines est déjà une épreuve traumatisante ; une IVG médicamenteuse à 14 semaines ne peut pas l’être moins car en plus de la mifépristone (RU 486), les médicaments administrés sont des prostaglandines qui entraînent de puissantes contractions utérines et ne sont pas dénués d’effets secondaires (en particulier après 35 ans et chez les femmes qui fument, ce qui en contre-indique l’utilisation). Je rappelle que l’IVG médicamenteuse est autorisée en ville si le médecin est agréé, mais qu’elle n’est pas autorisée après 7 SA. Elle ne l’est pas non plus à l’hôpital ou en clinique ! Et enfin : si ce type de pratique est constaté, il doit être signalé à la DDASS, au conseil de l’Ordre et au tribunal d’instance, car les médecins responsables sont passibles de prison. En ne respectant pas les protocoles établis, ils mettent, en effet, la santé et la vie des patientes en danger. Ce n’est, encore une fois, pas acceptable, et cela doit être dénoncé, tout comme on dénoncerait un médecin qui viole une patiente ou qui maltraite une personne âgée, ou qui pratique des interventions de chirurgie esthétiques sans objet. C’est une violence. Et il n’y a aucune raison de la subir sans rien dire. Les médecins qui profitent de la situation de détresse des femmes demandant une IVG en leur imposant contre leur gré une méthode dangereuse et illégale ne valent pas mieux que les avorteurs qui sévissaient avant la loi Veil.

IVG médicamenteuse en France : en synthèse

Pourquoi les médecins francais risquent-ils donc d'outrepasser les délais de l'IVG médicamenteuse ? La raison principale en est que c'est la méthode la plus "simple" pour le médecin. Beaucoup de medecins ne souhaitent pas étre confrontés à l'acte chirurgical dans lequel ils sont beaucoup plus impliqués tant au niveau de leur responsabilité professionnelle que dans leur affectivité (les médecins doivent osculter les "débris" placentaires et donc de foetus...). Mais est-ce vraiment pour le bien de femme que l'IVG médicamenteuse est tant "mise en avant" en France ? 

Notre conseil : Si vous pensez être à la "limite" des délais, interrogez-vous et surtout n'hésitez pas à nous téléphoner au 0.800.202.205 pour dialoguer.

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