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Miguelle 22 ans, ivg il y a 2 mois

Je m'appelle miguelle , j'ai 22 ans... je suis tombée enceinte le  5 mars dernier. Je ne pouvais pas croire que j'étais enceinte. Quand j'ai vu  que je n'avais pas mes règles, J'en rigolais et j'étais en séjour d'une  semaine chez ma sœur qui a tout de suite eu des doutes. Elle m'a dit de  faire un test qui s'est avéré positif. Moi j'en croyais pas je n'ai pas  réagit et elle sa première réaction a été : " tu ne vas pas le garder  j’espère, tu ne feras pas ce malheur". Mon copain était super content car  ça fait bientôt 5 ans qu'on est ensemble et nous nous sommes pacsés. Nous avions prévu de nous marier l'été prochain. Le problème c'est que je suis   étudiante en master et il me reste 1 année avant de finir et ma mère m'a   toujours dit et répété qu'elle compte énormément sur moi vu que ma   grande sœur l'a trop déçue et qu’elle voudrait que je sois « sa fille modèle, respectueuse, qui se marie et termine ses études avant d'avoir des gosses... » Et ma sœur se retrouve avec son fils sans papa et galère car  elle a fait trop de choses mal et a « déshonoré  la famille ». De plus, je suis toujours étudiante et j'ai un petit revenu et   mon copain et moi sommes tous les 2 en alternance mais il me rassurait en me  disait qu'on allait s'en sortir avec l’aide de ses parents et qu'il   travaillera bientôt etc. Bref mon copain ne voulait pas que j'avorte  mais  m'a quand même soutenu quand je me suis lancée. J’ai pris les premiers  comprimés le 10 avril et dès le lendemain j'ai ressentit comme un vide. Ça  s'est empiré le 12 avril a la 2nde prise où j'ai eu terriblement mal, j'ai passé mes soirées à pleurer et à culpabiliser. J’ai commencé à en  vouloir à ma mère pour toute cette pression, à ma sœur pour m'avoir directement orienté vers cette solution qui pour elle était évidente. j'en veux a mon copain de ne pas avoir fait tout son possible pour m'en empêcher même s’il en a fait vraiment beaucoup, aux infirmières du   planning familial pour avoir banalisé cet acte (je suis arrivée pour un   rdv le vendredi 8 et ils m'ont donné rdv pour la première prise le dimanche 10 en m'indiquant que « ca sera rapide »).... j'en parle souvent avec mon copain et on a même donné à ce  "bébé" un nom symbolique pour nous. Mais je n’arrête pas de penser que je suis toujours enceinte même si j'ai déjà  fait 3 échographies post ivg + prise de sang. Je n'arrive pas à me dire que   « ca y est je l'ai tué ». Je me sens vraiment révoltée surtout du manque d'importance que le corps  médical donne à cet acte horrible. Voila, je voulais simplement dire à quelqu'un d'autre ce que j'ai sur mon cœur. Je vais continuer à essayer d'oublier. Merci de m'avoir lu 

Angelique 28 ans, ivg par aspiration trop rapide a 11 sa

J’ai subit une IVG alors que je ne  le souhaitais pas vraiment. Beaucoup de raisons qui seraient trop longues à  écrire m'ont conduite à être tentée d’y recourir. Je regrette beaucoup. J'ai fait une  hyperémnèse gravidique (fortes nausées et vomissements en début de grossesse) qui m'a beaucoup affaiblie. Je suis en dépression  depuis plus de 10 ans et je venais d'arrêter mon traitement afin d'avoir ce  bébé. J'étais à 11 semaines d’aménorrhée ce qui est très important,  car lorsque j'ai eu la maladresse de dire au médecin que j'envisageais une  IVG, il m'a fait signer des feuilles (je n'ai pas mis de date, ni rien  d'autres, juste signé) et m'a donné 2 médicaments (on était lundi  25/01/16) un à prendre mercredi 27 (il m'a précisé qu'il n'avait pas le  droit que je devais le prendre devant 1 médecin, mais bon il me l'a donné  à prendre seule à la maison) et un autre par voie vaginale le vendredi  29/01 ... jour de l'intervention. Pour conclure, je n'ai pas eu un délai de réflexion (encore en vigueur dans la loi). Il a choisi alors que je n'étais qu'à 11 SA de  précipiter une IVG. Comme je l'ai écrit au début, je ne le souhaitais pas,  mais quand le mercredi j'ai du prendre le médicament après à peine 3 jours, je me suis retrouvée seule et perdue. Le vendredi, je n'ai  pas vu le gynéco, ni avant ni après, personne ne m'a adressé la parole et  je n'ai pas pu demander si le médicament que j'avais pris avait une  incidence sur le bébé si je changeais d'avis. Je pleure beaucoup, je  regrette d'avoir tué mon bébé car j'étais dans un état de doute et j'etais seule avec un autre enfant, j'ai pris peur. Mais ce médecin a choisi  pour moi en ne me laissant pas le temps de réfléchir à cette décision qui  engageait plusieurs vies dont celle qu'il m'a retirée. Je ne sais plus quoi  faire ! je suis si malheureuse. Je suis suivie pour ma dépression mais que  faire face à la colère que j'éprouve contre ce médecin ?
 
note du site : la loi supprimant le delai de reflexion est entrée en vigeur le 27 janvier 2016. voir ici l'article sur les conséquenses du non respect du délai de  reflexion. 
 
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Tecy 21 ans, ivg il a un an

Tecy 21 ans, Pour ma part, j'ai très mal vécu l'IVG. il y a un peu moins d'un an, j’apprends que je suis enceinte. Je fais un test, qui fut  positif, j'étais enceinte de deux semaines. A ce moment là, rien n'allait dans notre vie, nous vivions chez mes parents  et ceux-ci partant à la retraite (comme par hasard au moment du terme)  allaient rendre l'appartement et partir à la campagne, il nous fallait donc  un appartement, mon copain allait perdre son travail et moi....Je n'avais pas un salaire suffisant. Mon copain m'a alors poussé à prendre un RDV dans un centre du planning  familial, ce que j'ai fait. Premier RDV avec le gynéco, celui-ci m'annonce que j'ai peut être un  cancer... Il me fait un frottis, et on prend RDV pour l'IVG. Je me rappelle avoir repoussé la date plusieurs fois, puis avoir annulé car  je ne pouvais pas faire ça à mon bébé surtout que ça pourrait être le seul que j'aurais, celui-ci m'a fait des scènes inimaginables: "oui mais il  y a deux ans au tout début tu m'avais dis que si un jour tu étais enceinte  tu avorterais ! Bla Bla Bla", il a commencé à me faire du chantage  affectif puis finalement est parti lorsque, épuisée de me battre avec lui , je lui ai dit que l'enfant n'était pas de lui (ce qui était faux, mais je  voulais juste que cela s'arrête). Ma mère aussi a commencé à me harceler, me  faire des leçons de morales à deux balles, me traiter de, etc... J’étais  seule, seule avec mon petit bout, moi et quelques amies, qui ne comprenaient  pas forcément mon choix mais qui au moins avaient la gentillesse de me  soutenir. J’étais à 2 mois et demi de grossesse, ma mère est venue me chercher au travail car je faisait crises d'angoisse et que j'ai fini  en larmes au cours d'une chirurgie (je suis auxiliaire vétérinaire), on a  beaucoup parlé dans la voiture, je lui avoue que je suis terrorisée, que  j'ai peur, que je ne peux pas élever mon bébé, mais que je ne  peux pas le tuer, je serais une horrible mère, et si le test était positif,  si j'avais ce cancer, je ne savais pas quoi penser.
Elle me dit que d'être une mauvaise mère est de garder un  enfant qui, si j’ai un cancer, risquerait de ne pas venir à terme, ou s’'il vient à naitre, va mourir de faim, etc..Ma mère a finalement repris RDV pour l'IVG en urgence. Ma mère me dépose de force à l'hôpital, elle  me demande d'avaler des gélules, je ne veux pas mais je n'ai pas le choix. Je reste silencieuse. Je me rappellerai toujours de cette sensation atroce de  mon cœur et de ma trachée qui étaient si comprimés par la peine que je les sentais se déchirer. Elle s'en va travailler, je vois des filles qui  arrivent souriantes, puis mon copain qui revient, il me dit qu'il sait que j'ai menti, mais « qu'il se devait  d'être là ». Je ne dis rien. je ne fais que pleurer silencieusement. Un  infirmier arrive, il nous demande de le suivre, on arrive dans une chambre  collective type chambre de colonie de vacances, mais je sais que ce qui va  suivre est bien plus morbide... il me demande gentiment de me déshabiller et  d'enfiler une tenue de bloc, je dis non. Une fois toutes les filles habillées,  il me le redemande, et je me mets alors a crier et pleurer en lui disant que  jamais je ne ferais ça. Ma mère m'appelle en me disant qu'elle m'aimait, que tout allait bien se passer. Je lui raccroche au nez en lui  disant que je la hais et que je ne veux plus qu'elle me dise qu'elle m'aime  car si elle m'aimait vraiment elle m'aurait soutenue. Mon copain arrive dans la chambre, il me dit que l’infirmier lui avait dit  que je ne voulais pas me changer, que je ne voulais plus avorter mais qu'ayant pris les médicaments, il fallait que je le fasse sinon je risquais de  me vider de mon sang et souffrir... Et bien, c'est ce qu'il s'est passé, je  suis restée à pleurer et fixer le mur jusqu'à ce que je saigne trop, j'ai eu si mal malgré l'antidouleur qu'une des filles revenue du bloc m'a parlé,  elle m'a dit "pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu t'infliges ça, tu sais, il est  déjà mort..." Alors, j'ai fait l'aspiration....
Une semaine après le test du frottis arrive : je n'avais pas de cancer !  heureuse ? Non, car je n'avais plus non plus de bébé. Aujourd’hui, j'ai perdu mon travail, je me suis remise avec mon copain. En décembre,  j'ai fait une grossesse  nerveuse... comme par hasard au moment du dit terme... Je ne suis plus la  même, il me manque une partie de moi, je n'arrive plus à regarder des  femmes enceinte sans les haïr d'être heureuse...Voilà mon témoignage, et si je devais donner un conseil à une femme  enceinte qui pense à l'IVG ? Garde-le... Le monde est bien fade et terne sans notre bébé.
 
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Isabelle 23, ivg il y a 8 mois

e suis maman déjà de 3 filles de 5 ans à 18  mois. En avril 2015, j'ai subi un avortement par médicament avec le planning  familial. Je l'ai mal vécu j'étais sous le choc d'avoir tout vu. Mon mari  n'en voulait pas car on en avait déjà trois dont la dernière est de  décembre 2014. Donc j'ai opté l’avortement. J'étais seule face à tout cela et je l'ai très mal vécu. J’en fais des cauchemars. Je repense à tout cela et cela fait mal. J'étais sous pilule et quand je suis  tombée enceinte, j’ai appelé mon médecin. J’ai cru au téléphone que ce n’était  pas possible. J’ai pris ma pilule comme d'habitude à la même heure et tous les jours ! J’ai subi un avortement par aspiration. Alors là, c'était la totale. Je suis rentrée de l'hôpital. J’avais le goût à rien. Je me suis éloignée  de mon mari. Je ne voulais plus le voir. Même plus lui parler. J’avais mal au cœur. Je ne savais plus où me mettre. Je regardais  ma petite fille de 9 mois. Je me  disais que j’ai enlevé la vie de mes bébés. que j'ai osé le faire même si  j'assume mes 3 enfants seule. Pratiquement,  je suis toujours toute seule avec  mes enfants mais j'aurais dû être forte et j'ai senti que j'allais avoir ce coup sur la tête. Je m'effondre quelque fois sous ma douche à pleurer et en  pensant à tout cela ! Car cela vous étreint le cœur. Cela  fait si mal et psychologiquement  il faut être fort car c'est si difficile de faire face. Donc, si j’ai un conseil à  donner aux femmes : l’avortement je ne peux pas le conseiller ! Pas du tout... J’ai le spleen avec  l'âge car mon premier bébé je l’avais  à 17ans et j'étais une jeune maman  épanouie ! Je vous souhaite courage aux femmes et Mamans qui ont subi cela. bonne continuation.

Patricia 20 ans, ivg il y a 2 ans

Patricia 20 ans,  après deux ans d'enfer, je décide d'en parler. Je suis tombée enceinte malgré la pilule. Je venais de rompre après 2 ans de relations. Je me suis rendue à l’hôpital désespérée et seule. On m’a annoncé que j’étais enceinte de 9 semaines, j’ai vu mon petit. Ayant 18 ans à cette époque, je n’avais ni travail, ni permis, ni le bac. Des parents à qui je n’ai jamais avoué être enceinte sachant pertinemment que l'IVG serait pour eux « la seule solution », Et un ex qui ne me croyais pas même après avoir montrer le test ... Le 12 Septembre 2013 : jours J .. Des infirmières qui vous regardent avec du dégout et limite maltraitance, des médecins qui se disent à voix basse "allez, encore un IVG, qui s’y colle?" Bref personne pour m’accompagner dans cette atroce « expérience »... Depuis deux ans, je ne cesse de regretter tous les jours. Je pense à mon bébé qui aurait du être là à mes cotés... Réfléchissez avant de songer à avorter… Vous êtes-vous fait rejeter par vos parents ? Comment vous en êtes vous sorties ?

Fiona, 18 ans ivg médicamenteuse sous contrainte des parents

Je suis tombée enceinte le 15 février 2014, je souhaitais moi personnellement le garder.  Mon copain  avec qui j’étais depuis plus d’un an n’était pas sûr de sa décision, et étant donné que je n’étais toujours pas majeure, je devais en  parler à mes parents. Mon père me soutenait, mais pas ma mère qui n’a pas été agréable avec moi ...  Elle voulait que j’avorte et du coup, c’est ce que j’ai fait ... Il ne s’est pas passé un seul jour depuis le 30 mars où  je n’ai pas regretté ma décision ! Depuis ce jour, tout s’est dégradé : Mon amour pour mon compagnon, ma confiance, je n’ai plus qu’une amie (qui elle vient d’accoucher) et j’ai un  remord permanent. Je n’arrive plus à être motivée pour faire quelque chose  jusqu’au bout... Je suis déprimée, ca ne va vraiment plus.  Je sais que tout ce qui se passe est relié à cet avortement  ... j’ai tué l’enfant que je voulais garder, je crois qui n’y a rien de pire ! Quand on ne veut pas le garder à la limite…  cela a été une décision prise par mes parents.  Moi, je n’ai pas eu le droit de le garder parce que je vivais chez mes parents. Pourtant, il suffisait juste que je prenne un appartement avec mon copain car lui avait un  CDI et a 22ans ... on a été pris par les délais. Il ne restait qu’ 1 semaine pour que l’avortement soit fait.  Après cela il aurait été trop tard, je n’ai vu personne pour en parler et pour me dire que je pouvais encore le garder. Je n’ai eu que le médecin qui m’a donné les cachets ... je pense que si j’avais pu  être vue par une sage femme avant, j’aurais pu trouver des solutions rapidement 

 En fait, non ! J’en savais rien. Cela a été très compliqué et ca l’est depuis bientôt 1 an. Je n’espère qu’une chose : avoir vite un enfant pour " oublier" ou  tout du moins pouvoir passer à autre chose et faire mon deuil. Pour le moment,  j’en suis incapable ! Aidez-moi s’il vous plait. Je ne sais pas si vous pouvez  me donner une adresse d’un psy sur XXX pour parler de cela, avec quelqu’un qui serait face à moi. Il pourrait bien sûr m’aider plus facilement car oui, je suis consciente de cela depuis le jour où tout s’est passé. J’avais besoin de prendre contact avec des psychologues, mais je viens seulement de le demander.

Marianne 49 ans, IVG il y a 20 ans

...C'était il y a plus de 20 ans. A l'époque mère de deux enfants, j'avais  fait une fausse couche spontanée quelques mois plus tôt... ouf ! mon  dernier avait alors 8 mois ! Mais je retombais enceinte en début de cycle et  sous contraceptif local ! L'IVG s'est bien passée, mon gynéco était compréhensif, et la  probabilité que la grossesse se soit bien passée était faible, il m'a donc  accompagnée et a lui même pratiqué l'acte. Côté du père c'était dur : quand j'ai dit que je ne me sentais pas la force  d'une nouvelle grossesse (j'étais fatiguée et dans un boulot hypercompliqué) , il a juste dit "si tu n'en veux pas, ne le gardes pas !".Rien d’autre, pas un mot de soutien, pas un temps d'échange, pas de questions sur mon ressenti... Cela est devenu juste un problème que -moi- j'avais. Il ne m'a même pas accompagnée à la clinique, et je lui en ai voulu, je me  suis sentie si seule. Je ne lui en reparlerais que 20 ans après. Notre mariage qui avait déjà ses problèmes sans doute, ne s'est pas arrangé. 3 ans après, il me demandait un autre enfant. J’ai dit oui, non sans tenter de dire que ce n'était tout de même pas si  simple pour moi. La fin de la grossesse s'est mal passée, car il devenait très agressif.  Psychologiquement, il me traitait sans ménagement, et moi je comprenais qu’avec cet homme, je n'allais finalement pas vieillir avec lui ! Bref, 3 ans encore après, je voulais me séparer, ce fut si compliqué qu'il  fallu encore 3 ans avant une procédure de divorce qui dura 7 ans jusqu'à  partage complet (en fait comment "partager" cet héritage là ?) Puis dix ans sans qu'il ne m'adresse la parole sauf pour me faire des  reproches, ou m'agresser au cours de multiples audiences de JAF (toujours sur  sa demande). Il m'en voulait (il m'en veut  toujours ?) effroyablement.

Pendant toutes ces années, je me suis formée et je suis devenue thérapeute  depuis environ 15 ans... Mais c'est seulement récemment, en travaillant sur  un bout de mon histoire pour mettre au point un outil thérapeutique que  l'histoire m'a rattrapée (l’an passé à date anniversaire -car on n'oublie  JAMAIS !- j'avais reconnecté avec cet épisode de ma vie, et osé lui  écrire à quel point je m'étais sentie seule pour vivre çà), j'ai pris  conscience de beaucoup de choses : notamment à quel point cela avait été  douloureux pour le père également, mais refoulé totalement dans l'inconscient. Ce qui émergeait seulement était son ressentiment, et il  retournait une culpabilité contre moi !
Une fois cela vu (et après tant d'année, fortuitement nous avons eu  l'occasion de parler 'normalement' de tout et rien !) j'ai commencé à voir  ce qui ME concernait : des restes de culpabilité qui étaient restés  inconscients, un deuil qui finalement n'a pas été fait... j’œuvre en ce  sens en ce moment, et c'est ainsi que j'ai trouvé ce forum. Cet épisode a profondément agit sur ma vie, dans de multiples aspects. Il m'a permis de toucher ma faiblesse. Avant, je n'avais pas le droit à  l'erreur et  là j'en avais fait une énorme !!
J'ai touché mon humanité et j’ai dû apprendre à l'accepter. J’ai appris  beaucoup et j’ai mis cela au service d'autrui, avec humilité. J'ai fait des  choix de vie dont je suis fière, mais je sens que qque chose "peine" encore  et toujours à se développer. Beaucoup de mes projets... avortent. Là après des années, j'en ai un, sur une longue durée... je suis heureuse  donc de pouvoir « reprendre le dossier ». Je ne me suis pas autorisée à recevoir beaucoup, mon corps se met à mon  service avec des douleurs et petits bobos pas graves heureusement mais qui  m'obligent à écouter ce qui se dit dedans...etc. ; Donc, oui, mon IVG « s'est bien passée », et je me suis fait accompagner psychologiquement rapidement, ce qui m'a sans doute évité dépression et autres sorties de rails. J’estime avoir eu de la chance, la vie m'a gâtée ! Mais il me manque toujours "un bout" que j'ai perdu dans cette aventure. Je ne désespère pas de le retrouver, mais c'est difficile d'arriver à me connecter avec cette part d'ombre, cela m'échappe encore.

Plus de 20 ans ont passé et c'est seulement maintenant que je suis prête à  avancer sur ce deuil. On a banalisé cet acte, on a cru que nous avions cette "liberté"... mais  c'est aussi un enfermement psychologique. Je ne regrette pas car cela ne servirait à rien. Mais il est important d'être accompagnée et de savoir que l'avortement a un prix, et que c'est de notre personne que nous payons. Jusqu'à pouvoir,  enfin, faire le deuil. Ce que je vous souhaite, à toutes, et ... ce que je me souhaite ! 



Myla 17 ans, IVG médicamenteux a 14 ans

Myla  16 ans, ivg a 14 ans

 

J'avais 14 ans,  j'étais en seconde, j'avais rencontré un garçon plus âgée que moi (16  ans) dont je suis tombée très amoureuse. C'était mon premier amour. Après plusieurs mois nous avons commencés à avoir des rapports sexuels. A cette  période, je ne prenais pas de pilule contraceptive, alors nous nous  protégions avec des préservatifs. Je n'aimais pas trop ça, ça me faisais mal, je ne profitais pas vraiment de nos moments. Le 14 février, jour de la St. Valentin, jour des amoureux nous nous sommes  retrouvées, nous avions fait l'amour, j'étais tellement  amoureuse. Tellement amoureuse que je ne voyais pas le danger, j'ai retiré  le préservatif. Quelques temps plus tard, je me suis rendue compte que j'avais un retard de  règles. Mais n'ayant pas un cycle très régulier, je ne me suis pas plus inquiétée que ça. Un vendredi après-midi n'ayant pas cours, une amie inquiète d'être  tombée enceinte, me demande de l'accompagner au planning faire un test. Pour  "rigoler", je me suis dis que moi aussi j'allais en faire un. La gynécologue  m'explique donc qu'il est trop tôt pour fait un test urinaire alors me  prescrit une prise de sang. Entre temps, j'appelle mon copain et lui explique ce  que je fais. Le pauvre, étant issue d'une famille musulmane, on ne lui avait  jamais parlé de tout ça, il était perdu. Alors, je lui ai expliqué qu'il  n’avait pas à s'inquiéter que je faisais qu'un simple contrôle. Deux jours plus tard, accompagnée de mon amoureux, je me rends au cabinet afin  de pouvoir avoir le résultat de cette prise de sang. Nous lisons le papier  que je comprends comme négatif ! Soulagés ! Le weekend passe, reprise des cours, mardi, mon copain tombe, il se fait un  traumatisme crânien, il est conduit à l'hôpital. Mercredi, je vais le voir  à l'hôpital, il est encore à l'ouest  à cause du choc. Je passe l'après  midi avec lui. Nous rigolons sur le fait qu'il aurait pu être papa, nous  parlons de la façon dont on aurait élevé notre enfant. En fin d'après-midi, je quitte l'hôpital et prend le bus. Appel :"bonjour mademoiselle, Mme xxxx gynécologue au centre de planification, nous  avons reçu les résultats de votre prise de sang...""Je les ai eu aussi, c'est négatif, c'est bien ça?""Ah non , mademoiselle vous êtes enceinte, et pas qu'un peu! Venez vendredi au  planning..!" J'en revenais pas, j'étais choquée, j'avais une énorme boule dans la gorge,  j'ai eu envie de pleurer, j'avais peur, je ne comprenais pas. J'ai appelé  mon copain encore à l'hôpital je lui ai dis, il n'y croyait pas, il est resté sans voix.

Nous sommes allés au planning dans les jours qui suivaient, nous  étions d'accord que « si jeunes nous ne pouvions pas assumer un enfant ». J'ai  demandé au médecin d'informer ma mère parce que je ne me sentais pas  capable de lui annoncer, mais je ne pouvais pas vivre cette étape de ma vie  sans elle. Elle n'a pas mal régis. Elle a été là pour moi. Les procédures ont été rapides, mon copain m’a soutenue, ma mère était  là, mes amis était là pour moi. Durant ce début de grossesse, je mangeais énormément de bonbons et de Mac do. Tout le monde essayait de me faire  plaisir et de s'occuper de moi. Finalement, je commençais à m'habituer d'être habitée, je réfléchissais et j'avais envie de le garder, je touchais sans cesse mon ventre, je voulais finalement garder ce bébé. Mais  je le savais, j'étais bien trop jeune pour l'assumer, alors j'ai suivie la  procédure, je suis allée à l'hôpital, accompagnée de ma maman, j'y suis  allée en pleurant, je n’avais pas envie qu'il parte, je voulais le garder avec  moi, je sentais que c'était la fin et j'en étais triste. J'ai pris les  médicaments, et perdu beaucoup de sang. A chaque caillot de sang, j’avais  l'impression de perdre le bébé.

Quelques jours plus tard, au lycée, j'ai senti qu'un truc n’allait pas. J'ai  couru aux toilettes et ça y est, il était la. Au fond de ma culotte...  C'est fini pour de bon. 1 semaine plus tard, j'ai eu d'énormes contractions. J’ai extrêmement  souffert, je suis retournée à l'hôpital et ils m’ont retiré les quelques  "morceaux" restant. C'était vraiment fini. Quelques temps plus tard, mon copain m'a annoncé que c'était fini, j'étais  toujours folle amoureuse de lui. Il m'a expliqué qu'il aurait voulu me  quitter avant, il en avait le désir depuis longtemps mais qu'avec tous ces  événements, il n’avait pas osé.
Je me suis sentie mal, j'ai eu le sentiment qu'il était resté avec moi par simple pitié. Les jours, les mois, et l’année passent, et je pense toujours à ce petit bout de moi qui a fini dans les toilettes, j'en souffre toujours autant, je  compte l'âge qu'il aurait au jour d'aujourd'hui, je pense à ses  "anniversaires". Mais je me dis qu'au fond il est toujours la, alors je me  touche le ventre, et pense à lui. Et puis je me dis qu'il sortira quand il  aura décidé, quand il sera temps...Je souhaite que ces moments arrivent aux moins de femmes possible, parce que  je l'ai très mal vécu, et le vis toujours très mal. Je sens qu'une partie  de moi est partie. C'est une souffrance physique, mais je pense que la souffrance psychologique est bien plus importante. J’ai voulu écrire ce témoignage, car je partage rarement tout ces moments  qui ont était très compliqués pour moi. Quand j'en parle comme ici, j'ai  l'impression d'alléger le poids que je traine avec moi depuis 3 ans, ça me  fais du bien, mais ce n'est pas pour autant que j'oublie, parce que ce genre de chose, ça ne s'oublie pas, jamais !

Camille 20 ans, ivg par aspiration à 11 semaines de grossesse

J'ai avorté le mercredi 26 Mars 2014. 19 ans et plus ou moins en couple avec le papa (c’était vraiment compliqué). Le 12 mars dans l'après midi j'entends sonner je réponds à l'Interphone et j'ouvre : c'était mes deux meilleures amies qui m'avaient rapporté un test de grossesse. Dans ma tête je me suis dit « mais elles sont folles ! Je ne suis pas enceinte ! Ce n'est pas possible. Cela ne peut pas m'arriver, pas à moi pas maintenant ». Et puis je m'en vais donc aux toilettes faire ce test. En même pas une seconde les deux barres sont apparues et vraiment toutes violettes... Le monde s'écroule, tu ne sais pas quoi faire le prendre à la rigolade, en pleurer ? J'étais perdue. Mes amies qui attendaient avec impatience derrière la porte, je leur montre et là elles me disent ' tu es enceinte c'est sur ‘. On s'est mise sur le canapé et on a commencé à discuter. Des centaines de questions dans ma tête. Comment je vais faire pour annoncer ca à ma mère à mon père ? Au papa ? Vais-je le garder ? Mes amies m'ont dit ne t'inquiètent pas on va t'aider, tu ne seras pas seule. Le lendemain matin avec une de mes amies, on a fait toutes les démarches : médecin, prise de sang puis attendre les résultats de la prise de sang. L'attente fut interminable. Suite au résultat de la prise de sang, mon amie le montre à sa mère «  tu serais enceinte d'environ 2 mois » dit-elle. Cela voulait dire que si je voulais avorter il me restait moins d'un mois pour réfléchir à vraiment si je voulais le garder. Dur ... Le soir, je rentre chez moi et poussée de le dire à ma mère, je m'effondre en larmes et je lui annonce. Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'elle réagisse comme cela et elle me dit « tu ne le garde pas ? » Je lui ai dit « je ne sais pas » et là elle a commencé à me dire « mais ce garçon, il n'est pas pour toi, il boit, il sort tout le temps, tu vas devoir élever l'enfant seule, ton contrat est bientôt fini, tu n'auras plus de travail. Rien du tout. ». Mon choix était fait, j'avorterai ! Alors les rendez vous ont commencé la semaine d'après. J’avais déjà mon rendez avec la gynécologue et là elle m'annonce que cela fait 2 mois et demi. Un autre rendez-vous le lundi 24 mars pour la prise des cachets, non !  J’y allais à reculons, c'était dur ! Elle m'emmène dans une petite salle pour prendre les cachets, avec un verre d'eau et elle me dit « tiens, prend ca » j'ai mis 5 minutes à prendre ces putains de cachets.  Intérieurement c'est vraiment dur. Un autre rendez vous pour l'aspiration le mercredi 26 mars, je m'en rappellerai toujours.  7h rentrée à l'hôpital : une dame m’accueille. Je lui explique. Elle me montre ma chambre pour la journée, puis elle me donne 2 autres cachets un pour me détendre et l'autre pour les contractions et faire descendre le bébé, 5 minutes après j'étais mal. Je ne faisais que vomir.  Impossible de m'arrêter. Mon amie qui m'avait accompagné vient dans les toilettes et elle me dit : « ils sont là, tu dois aller au bloc ».Je suis effondrée intérieurement mais je ne montre rien du tout! Arrivé au bloc, je m'effondre, je pleure, je ne m'arrête plus. les infirmiers me demandent ce qu'ils se passent ? J'avais envie de leur dire « rien je vais juste me faire aspirer mon bébé  qui peut-être aurait été heureux avec moi ».  Mais j'essayais tant bien que mal à leur répondre « je suis mal c'est dur »,  puis apres une autre piqure, j'étais consciente et je savais tout ce qu'il se passait mais je ne pouvais plus bouger. J’étais bloquée. Ce produit m'avait rendu ' Stone ´ on m'emmène sur la table, puis il se passe ce qu'il doit se passer... J'ouvre les yeux dans cette salle de réveil, j'étais consciente de ce que je venais de faire. Je ne me reconnaissais pas. J’avais honte. J’ai tué un petit bout qui n'avait rien demandé à personne ... Aujourd'hui cela va faire 8 mois, le 26 novembre. La douleur est toujours la même. J’y pense souvent, voire tout le temps ! Je pleure dans mon coin sans que personne ne me voie. Aujourd’hui si j'ai un conseil à faire c'est « faites vous votre propre choix si vous voulez le garder. Gardez-le sinon toute votre vie vous y penserait ! Vous serez mal comme moi ! aujourd'hui aucun remède ne fait oublier ce genre de chose, puis même si vous n'avez aucune ressource on a beaucoup d'aides en France, plus que vous ne le pensez,  croyez moi ! (chose que j'ai su qu'après mon avortement ) . 
Et je ne vous ai pas parlé du « papa » car quand je lui ai annoncé cela lui a fait ni chaud ni froid. Il s'en foutait royalement même quand je suis rentrée à l'hôpital. Je n'ai eu aucune nouvelle, il a pris aucune nouvelles de moi, du comment j'allais, etc. ... Voilà.

 

Jina 35 ans, ivg 3 mois

Je vous écris  à cause de mon ivg que je  regrette vraiment et si je pouvais  remonter dans le temps, je l'aurais gardé ! C’est dur d'arrêter une grossesse, c'est contre-nature et surtout quand le  mari nous pousse à le faire en nous menaçant de nous quitter. Aussi par peur pour les enfants  qui sont déjà à la maison,  on se jette à l'eau ! On le fait par espoir de faire changer le conjoint ou juste un acte irréfléchi ... Et puisque c'était très dur de prendre une décision ensemble, j'ai fait appel à une conseillère conjugale à l’hôpital de Pxxx qui m'a vraiment poussé à  l'avortement en me disant que cet enfant serait  comme un « révolver dans notre couple »  et qu’il ne va pas pouvoir m'aimer.  Puis enfin, elle m’a dit qu’il ne faut pas que je ne rate pas mon rendez vous avec l'anesthésiste  et que finalement la décision revient à moi .... Bref, j’ai eu vraiment une pression terrible. Mais finalement, on va divorcer quand  même !

J’aimerais juste qu'elle me dise pourquoi mon enfant n'allait pas m'aimer et pourquoi il aurait été un révolver. Pourquoi elle m'a poussé à venir au rendez vous de l'anesthésiste ? Pourquoi elle a soutenu l'avis de mon mari et non pas le mien ? Je veux faire le deuil de ce bébé et je n’y arrive pas. De ce fait, je déteste mon mari  et les conditions qui m'ont poussé à avorter. Mon seul souhait à ce jour est de me pardonner assez pour pouvoir recommencer une nouvelle vie…