ivg chirurgicale

 

Je m'appelle Elodie. Je viens vers vous car j'ai subi une IVG par aspiration le 8 janvier 2013 à  partir de 10h54. Celle-ci a duré jusqu'à 11h11 (j'avais une horloge au-dessus de ma tête). Depuis que j'ai accouchée de mes jumeaux le 3 février 2012, et par  césarienne, avec mon homme on se disait que si je venais à tomber de  nouveau enceinte, il faudrait que j'avorte étant donné que les jumeaux  venaient de naitre et que j'ai passé les quatre derniers mois de grossesse  alitée à l'hôpital (j’ai accouchée deux mois avant le terme…). Mais c'était plus facile de le dire tant que cela n'arrivais pas !

On a su que j'étais enceinte le 22 décembre 2012 suite à une prise de  sang et une échographie pour confirmation ainsi que pour dater le 24  décembre 2012. Le 24 on apprenait que j'étais tombée enceinte le 17 ou le  18 novembre. Tout en sachant que le 19 novembre 2012 je me faisais poser un  stérilet (le mérina). Normalement j'aurais dû faire une fausse couche mais  ça n'a pas été le cas. Mon premier rendez-vous  sera le 3 janvier. Puis un nouveau rendez-vous soit le 8 janvier 2012 mais cette fois-ci pour  l'intervention. D'ici là c'est l'attente.

Entre le moment où l'on apprend la nouvelle et le 8 janvier 2012, on  réfléchit encore avec mon homme pour être sûr de notre choix. Mais il  faut s'y tenir, on avorte. Malheureusement je me suis habituée à ce petit  être en moi et même si ce n'est qu'un œuf comme mon homme dit, il est là, en moi ! Puis à la première échographie le 24 décembre j'ai entendu son  cœur. Puis à nouveau  le 7 janvier (j'ai vu ma gynécologue pour des pertes de sang …) j'ai vu ce petit être.  J'ai vu son corps, sa tête, ses bras, ses pieds enfin je l'ai vu. Et là  mon cœur c'est remplie de joie et de tristesse en même temps, de bonheur et  de rage aussi...

 Je me suis habituée à lui (ou elle), à mon ventre un petit peu rond, les  nausées toute la journée ainsi que les vomissements, les envies... Je n'ai  plus peur de me retrouver de nouveau alitée car je sais que ce sera pour la  bonne cause mais en même temps j'ai mes jumeaux qui sont là et qui ont  besoin de leur maman.

Mais le 8 janvier, j'y suis allée avec mon homme et j'ai subi  l'intervention qui n’a duré que 17 minutes. Oui, j'ai pleurée de douleur, de  rage, de culpabilité, de souffrance intérieure et extérieure, de haine,...  Depuis je ne pense qu'à ce petit être,  j'ai une rage et une culpabilité en moi qui me ronge et qui augmente chaque jour. J'ai arraché mon bébé, je  l'ai fait disparaitre, en gros j'ai tué mon bébé !

Je n’arrive même pas à dormir 1h complète à cause de mes cauchemars  (du sang qui coule entre mes jambes, j’accouche d’un bébé mort…) ou  de mes rêves (un bébé dans les bras, moi en train de choisir une poussette triple, en train de se promener avec tout le monde…).

Je suis désolée pour le roman que je viens d’écrire mais je ressens une telle souffrance que j’ai peur, j’angoisse…  Puis  j’ai tellement de questions en tête mais sans aucune réponse.

Aidez-moi s’il vous plait. Mon homme et mes enfants ont besoin de moi ! 

Et moi je veux aller mieux.

   Cordialement.