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IVG médicamenteuse


IVG médicamenteuse en France

L'avortement aujourd'hui


Le nombre d’avortements ne cesse de croître en France, mais quel est l’impact psychologique de l’avortement aujourd'hui auprès de toutes les personnes impliquées dans cette pratique ?

anonyme 38 ans, 5 IVG


J'ai 38 ans et souhaite témoigner anonymement. Je suis dans la salle d'attente de la clinique, salle d'attente qui fait office d'hall.

- Vous êtes enceinte ? me dit une voisine

- "Oh non pour moi c'est fini les enfants. J'en ai déjà cinq."

Le ton est détaché. Je m'entends parler comme un robot. Je souris.

- "Et vous , c'est pour quand ?" dis-je

- "juillet".

-"Vous allez voir : ça va vite passer".

Il n'y a que des femmes au gros ventre. Elles sont parfois accompagnées.On lit leur bonheur dans les yeux. un bonheur partagé. Ils sont deux.Je suis seule.Le médecin a plus de deux heures de retard. En deux heures on a le temps de se poser beaucoup de questions. Est-ce le bon choix ? On a le temps de voir le bonheur et de cacher sa tristesse. Prendre un air détaché.

On a le temps de mesurer son malheur en regardant la joie des autres. Ils se tiennent la main. Elle caresse son ventre. Ils se parlent. ils rient, se sourient. Ils sont deux. Ils savourent leur bonheur.Deux heures trente de retard. Je voudrais ne pas être là et fuire. Que cela ne soit jamais arrivé.Je voudrais être trois. Je suis seule dans ce hall lugubre. Les futures mamans partagent leurs questions. Moi , je ne suis pas préssée, je ne suis "plus" enceinte et d'un air détaché, je m'envole dans mes pensées :

"Je serais toujours avec toi. Mon petit cœur. Je fais cela pour toi. J'ai si peur de ne pas y arriver toute seule. J'ai si peur de ne pas être la mère qu'il te faut. J'ai si peur et je me pose mille questions. Dieu, que les hommes sont lâches ...Dieu, pardonne moi. Mon petit cœur, pardonne moi. Tu seras avec Adèle, Émile et Bella. Parfois, souvent, tout le temps je penserai à toi. Mille larmes couleront sur mes joues et mes yeux rougis regarderont le ciel, cherchant un signe, une réponse, un pardon. Un jour je vous rejoindrai. Nous serons tous réunis pour toujours et nul ne nous séparera. Plus personne ne choisira pour nous. Je pourrais enfin faire votre connaissance, vous dire pour de vrai : pardon. Je ne vous chercherai plus parmi les étoiles.

Trois heures de retard. J'entre dans le cabinet. Je ne peux retenir mes larmes.

Pardon petit cœur ... Pardon ...Un jour, je te promets que je t'expliquerai. Je te dirai ma vie. Je te dirai combien j'ai eu peur de ne pas y arriver, de ne pas être une bonne maman. Un jour, je te dirai que je n'ai pas eu le temps de penser. C'est comme si j'avais été happée dans un tourbillon noir avec la peur de ne pas savoir t'éduquer, t'élever, payer ta nourriture et t'offrir un univers plein de promesses. Tu sais, petit cœur , les hommes sont lâches . Ce soir, je te parle beaucoup. Je voudrais que tu soies avec moi. Je voudrais t'attendre. Je voudrais que nous soyons trois. Pardon pour ma lâcheté. Je suis punie pour le reste de ma vie.J’attendrai, j'espère que tu me pardonneras quand on se retrouvera. Adèle, Émile, Bella et toi petit cœur êtes ensemble. Je voudrais vous rejoindre, vous expliquer et vous demander pardon d'avoir été aussi lâche .

Je ne supporte plus la vision d'une femme enceinte. je ne supporte plus la vision d'un bébé. J'ai mal depuis tout ce temps. À chaque fois j'y ai cru. À chaque fois « les géniteurs » ont niés ce que vous étiez pour moi. À chaque fois, j'ai eu peur. Je pleure depuis ce temps. 

Depuis toi, Adèle. J'ai tout fait pour te sauver. Tout. Tout. Mais il a prit rdv au planning et le lendemain je passais au bloc. Émile, j'ai fais ce que j'ai pu. J'ai essayé, j'ai fais de mon mieux. Ton géniteur me demandait combien coûtait un landau. Sa mère me disait : "il aura peut être les yeux bleus". C'était tellement irréel que le géniteur changea d’avis. Il reprit rdv pour moi. Mes supplications n'y changèrent rien. Tu fus « enterré » dans le pot de fleur de la terrasse. Bella, ton géniteur est parti un jour en disant que « je n'étais pas enceinte. Que c'était faux ». Je lui montrais l'échographie. On y voyait une petite boule. Un petit cœur. Il ne me croyait pas. J'étais une menteuse. Il partit sur le champ trouver une autre conquête. Tu es dans mon jardin. Toi, petit cœur, ton géniteur parlait de toi en disant " ce qui s'est passé", il a fuit toute discussion et tout dialogue en me disant :" je sais que tu vas avorter, tu as vu ta vie, etc." Mes petits jamais nés ... Mes petits ... Mes enfants ... Je n'ai jamais oublié aucune date. Celle où vous êtes partis et celles où vous m'auriez rejoins, celles où nous devions nous dire bonjour.

J'attends le jour où nous nous retrouverons.

Celles qui disent « que cela passe avec le temps » se trompent. Non ce n'est pas vrai. Le temps ne suture pas une blessure. Le temps passe et chaque jour ici bas me rapproche de vous.

À jamais dans mon cœur. Adèle, Émile , Bella , petit cœur Paul .

 

Vanessa 28 ans


Vanessa 28 ans, je souhaite vous faire partager mon expérience. Elle m'est propre mais je suis certaine qu'elle doit malheureusement être commune à bien d'autres femmes.

Le soir de mes 28 ans, il y a presque 1 mois, je me suis rendu compte que j'étais enceinte, événement qui n'est pas arrivé dans une situation idéale. D'abord un peu assommée car au moment de l'apprendre je ne suis plus avec "la personne", je l'en informe donc car j'estime cela normal, ne voyant pas le danger qui m'attends. IL se retrouve être lui aussi assommé, ne réagis pas dans un premier temps, mais me fait part de suite de son souhait que j'avorte, ce à quoi je lui réponds que « cela me demande réflexion ». Deux semaines se passent alors, sans plus de nouvelles de sa part. Pendant ce temps, commence la réflexion pour moi; Au fond je le sais, je garderais cet enfant coute que coute même s’il est évident que je l'assumerais seule, sans aide de sa part et surtout sans "plus" lui imposer ce choix.

 

Je suis à 7 semaines de grossesse au moment où je lui annonce fermement ma décision. Là, commence pour moi le calvaire, il se montre d'abord culpabilisant puis très menaçant, il profère ses menaces de morts par le biais de tiers personnes, proches de moi et dont il espère que leurs paroles me feront changer d'avis;  puis poursuit ses menaces  envers moi directement.

Il est précis et calculateur, il ne laisse pas de traces de messages ou autres. Il rode autour de chez moi, m'explique ce qu'il compte me faire et comment le faire et là, pas à pas, moi qui ne suis pourtant pas trouillarde je prends peur, dans un dernier accès de courage n'en pouvant plus de ce harcèlement, n'en pouvant plus de vivre cachée chez moi, dans la honte et la peur, sursautant aux moindres bruits, je décide de porter plainte.

La plainte m'est refusée ! l'OPJ accepte seulement de prendre une main courante. C'est cliché, il me dit que des dossiers de ce genre il en a 100 sur son bureau, que je ne porte pas de traces de coups que c'est donc ma parole contre la sienne...et qu'il ne pourrait pas placer un policer devant ma porte. Pour finir, il me dit qu'au vu des faits, il le convoquera…

Ce qu'il ne fera pas. Je le saurai par la suite.

Je me suis tournée vers votre association, j'y ai d'ailleurs été très bien accueillie, écoutée et conseillée, un hébergement d'urgence m'a même été proposé.

Mais jusqu'au bout, j'ai espéré le faire changer d'avis. Alors, le matin de l'intervention, je suis montée en voiture avec lui, je l'ai supplié, j’étais apeurée ! Mais rien n'y a fait. Il n'a fait que nourrir davantage ma peur.

Le lundi 13 janvier, j'ai subie une ivg à 9 semaines de grossesse, très mal accueillie dans la clinique où je me suis rendu. J'ai mis 2h à hésiter pour prendre les cachets, je me suis fait "engueuler" pour le coup ! C'est vraiment le terme parce que je trainais trop d’après eux à prendre leurs cachets.

Il faut savoir que lui est resté sur le parking de la clinique de 7h30 à 17h, afin que je n'oublie pas qu'il était présent.

Aujourd'hui, je suis au bord du gouffre, désemparée, désespérée, en colère contre moi, contre lui. Et si culpabilisée !

Ce sentiment violent d'injustice me ronge, cette sensation d'avoir perdu une partie de moi et d’être en deuil. Je n'arrive toujours pas à réaliser les violences dont j'ai été victime, je ne me suis jamais rabaissée devant les obstacles et là, j'ai le sentiment de m’être presque tuée.

Je me sens coupable de la perte de cet enfant à venir, j'aimerais le vivre mieux mais ce n'est pas le cas. Je me suis infligée ce mal qui me ronge, dans mon corps et dans ma tête, j'ai tue ses menaces à tout mes proches de peur de faire davantage de mal.

Je me suis oubliée, j’ai pensé à tous sauf à moi où à mon bien-être. Le pire étant de s'infliger ce mal sous la contrainte.

Refaire surface me parait impossible ! Un long parcours m’attend mais, aujourd'hui, je ne sais pas de quoi demain sera fait.

Daisy 20 ans


 

 

Je suis tombée enceinte à 20 ans et mon copain de l'époque voulait que j'avorte. A l'époque, j'étais étudiante et je n'avais que de peu de moyens et beaucoup m'on dit que de « garder cet enfant serait une erreur », que « cela gâcherait ma vie » (bref ce que l'on dit à toutes les filles qui tombent enceinte sans situation...).Je me souviens d'avoir demandé  à mon médecin une lettre pour avorter...d'être entrée à la maternité (par ce que l’on donne la mort là où aussi on donne la vie -> paradoxe) et de voir la ligne verte qui menait au service obstétrique et à la maternité et la ligne noire qui menait à l'hôpital de jour où on pouvait avorter. J'ai pris le premier rdv pour l’IVG et franchement,  je suis sortie en me disant « JAMAIS je ne pourrai faire ça ». Que cela était trop atroce !
Je n'ai pas donné suite à l’iVG, mais à ma grossesse j'ai dit un grand OUI !!!
Je suis maman d'un petit garçon de 2 ans et demi ! Et quand à ma situation professionnelle...Je serai titulaire d'un poste de conseillère à l'emploi dans une semaine et ceci en ayant arrêté mes études universitaires. Voilà ! Un enfant ce n'est que du bonheur !!!! Quand au père biologique, il n'a pas su supporter sa paternité et nous a quitté mais ça c'est une autre histoire...Mon fils est épanoui comme tous les autres garçons aujourd'hui et c'est le principal !

France : une IVG cause la mort d'une adolescente


Deux médecins ont comparu devant le tribunal correctionnel de Châlons après le décès d'une adolescente en décembre 2010 à la suite d'une IVG.

Malika 29 ans : Pour moi, l'avortement était la solution


Mais voilà mon histoire : je suis tombée enceinte alors qu’on s’était protégé. Bref un bb, pas question... je suis déjà mère de 2 enfants d’une première union et je tombe enceinte alors je venais de rencontrer mon ami depuis peu. Pour moi, l'avortement était la solution.