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Cecile 25 ans ivg par médicament dépression

Ivg par medicament à 7 semaines suivie d'une dépression. Un  témoignage de Cecile 25 ans 

J'ai eu recours à une IVG par voie médicamenteuse à 7 semaines de grossesse en mai 2012. J'ai pratiqué cette IVG chez moi et seule. Personne n'étant au courant (relations avec mes parents très bonne mais j'avais trop honte). Ma relation avec mon compagnon de l'époque était très récente et futile. Malgré mes précautions (préservatifs et pillule du lendemain), je suis tombée enceinte quelques mois après l'arrêt de la pilule contraceptive ne trouvant pas celle qui me convienne (migraines avec aura très handicapantes). J'avais 25 ans. Mon gynécologue m'a prescrit un médicament suite à l'échographie de contrôle car je n'avais pas tout éliminé. 
A la suite de cette IVG, j'ai subi des douleurs similaires aux contractions provoquées par le médicament et ce tous les jours à la même heure et de la même intensité pendant environ 15 jours (prise de sang et échographie normale). Puis fatigue chronique, gêne visuelle et règles irrégulières, mais rien qui ne m'empêchait de continuer ma vie professionnelle, sociale et de rencontrer un homme merveilleux.

Quelques mois plus tard, j'ai fait une dépression sévère accompagnée de migraines, crises d'angoisses, insomnie, peur irrationnelle, douleurs articulaires, règles irrégulières... Beaucoup de symptômes physiques se sont accumulés au fil du temps. J'ai perdu mon travail par conséquent, mon appartement et une amie très proche (ne comprenant pas mon état, elle s'est éloignée.). Heureusement ma famille m'a hébergé, mon nouveau compagnon soutenu et j'ai pu avouer à mes parents l'IVG. Je pensais que tout s'arrêterait là mais ma dépression dure depuis 3 ans maintenant, tous mes symptômes physiques ont été reliés à cette dépression (à part endométriose stade 1). 

Ces dernières années ont été rythmées par trois tentatives de suicides, des crises d'angoisses très longues et douloureuses, des semaines entières à ne pas sortir, voir du monde ou bouger tout court, un internement en clinique psychiatrique sur ma demande, une perte de poids importante (37kg sans anorexie, je mangeais mal mais je mangeais), des batteries d'examens négatifs, sans parler du cannabis, de ma souffrance psychologique et physique, du rejet volontaire de mon compagnon qui a fini par partir et enfin des rendez vous chez le psychiatre pour continuer à me droguer. 
Depuis environ 6 mois, je vais mieux et j'essaie de comprendre ce qui m'est arrivée. L'acceptation de ma dépression a été très longue car je n'en voyais pas la cause. Etant quelqu'un de plutôt solide face aux épreuves difficiles. Je suis encore très fragile, et souffre beaucoup mais surtout physiquement. J'ai appris mes limites, à écouter mon corps et à prendre du recul sur la situation. 

Mais tout me ramène toujours à cet avortement. J'en suis intimement convaincu et j'essaie de me pardonner mais en vain. Mon corps me fait souffrir et me rappelle à l'ordre sans arrêt. (Depuis le changement de mon antidepresseur il y a environ deux mois, j'ai perdu l'appétit, j'ai très mal à l'estomac et j'ai donc perdu pas mal de poids.) Est-il possible de souffrir autant d'un avortement? Comment se pardonner? Pourquoi mon corps me fait-il encore autant souffrir malgré mon mieux psychologique? Avez-vous déjà rencontré des femmes qui souffraient de troubles visuels inexplicables? Mon suivi psychiatrique n'est pas suffisant et pesant (traitement qui me drogue mais ne me guérit pas : antidepresseur, anxio, somnifère en plus du propanolol pour le traitement de fond de la migraine et luteran pour l'endometriose), je suis encore sur liste d'attente pour un suivi psychologique (CMP) car je n'ai pas les moyens financiers de suivre une thérapie, aller voir l'osthéopathe, acupuncteur ou phytothérapeute (mutuelle ACS). Bref je dois me débrouiller seule.
Je prends donc tous les conseils. ..

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