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Le silence sur les risques de l’IVG


IVG médicamenteuse

Le silence sur les risques de  l’IVG !

Le Ministère de la Santé ne fait pas son travail...

L’Assemblée a fait  voter « en urgence » le 16 février 2017 une loi visant à "l'extension du délit d’entrave" contre l' IVG . Cette loi prétend pénaliser les sites qui feraient une information sur l'IVG de nature à faire une "pression psychologique" auprès des femmes par leurs "mises en "garde" sur l'IVG. Cela induirait le fait que des sites "non gouvernementaux' donc indépendants pouraient tromper les lecteurs par des informations fausses. La prévention sur les risques de l'IVG à l’égard des femmes devrait pourtant etre encouragée avec une information pluraliste. Le gouvernement ne peut avoir le monopole de l'information. Pour montrer combien l'information peut être insuffisante du côté du ministère, nous avons relevé 8 positions erronnées sur le site internet officiel du Ministère de la Santé sur IVG :

 

1/ Il n'y aurait pas de conséquences psychologiques après une IVG. 

Affirmation du gynécologue Philippe Faucher sur  une vidéo du site du gouvernement : « La majorité des études scientifiques sérieuses qui ont été publiées sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement. Il n’y a pas de syndrome post-traumatique qui persisterait à distance, plusieurs années après un avortement. » 

 Des centaines d’études scientifiques qui ont été publiées dans les revues internationales depuis plus de 30 ans attestent l'existence de ces souffrances à court et long terme. Le Professeur René Ecochard du CHU de Lyon vient de compiler une partie de ces études dont la méta-analyse réalisée par Priscilla K. Coleman publiée en 2011 dans le British Journal of Psychiatry  Ce dernier a fait une synthèse  portant sur 22 études, 36 critères et 877.181 femmes (dont 163.831 ayant fait une IVG). Des études controversées  dans un sens ou dans un autre existent bien mais elles ne peuvent pas changer sérieusement le large consensus sur cette question.

 

2/ Les témoignages relayés sur internet seraient « trompeurs » et « culpabilisants », etc... 

Les sites qui  ouvrent largement leurs pages aux temoignages disposent de plusieurs milliers de témoignages authentiques de souffrance. Ainsi notre page facebook (ivg, vous hesitez ?) par exemple regorge de posts anonymes ou signés. Cela est attesté par 90.000 likes sur cette page.

 

3/ Une IVG "ne peut pas" rendre stérile : 

Une sage-femme (Mme Aunis ) répond péremptoirement: "Que ce soit par la méthode médicamenteuse ou chirurgicale, il n’y a pas de risque de stérilité. Bien au contraire, la fertilité revient assez rapidement. Il faudra donc anticiper pour que vous ayez un moyen de contraception dès le jour de l’intervention. »

L'expression "bien au contraire" serait risible si le sujet n'etait pas aussi grave. Surtout cela ne correspond pas aux observations quotidiennnes des médecins. Les études internationales montrent par exemple que les femmes ayant des antécédents d'un avortement sont face à un risque 2,3 fois plus élevé d'avoir un cancer du col utérin (donc d'intertilité...) , par rapport aux femmes sans antécédents d’avortement. Les femmes ayant eu plus de deux IVG sont confrontées à un risque relatif de x 4,92  fois  supperieur (M-G, Le, et al., “Oral Contraceptive Use and Breast or Cervical Cancer: Preliminary Results of a French Case- Control Study, Hormones and Sexual Factors in Human Cancer Etiology, ed. JP Wolff, et al., Excerpta Medica: New York (1984) pp.139-147; F. Parazzini, et al., “Reproductive Factors and the Risk of Invasive and Intraepithelial Cervical Neoplasia,” British Journal of Cancer, 59:805-809 (1989); H.L. Stewart, et al., “Epidemiology of Cancers of the Uterine Cervix and Corpus, Breast and Ovary in Israel and New York City,” Journal of the National Cancer Institute 37(1):1-96; I. Fujimoto, et al., “Epidemiologic Study of Carcinoma in Situ of the Cervix,” Journal of Reproductive Medicine 30(7):535 (July 1985); N. Weiss, “Events of Reproductive Life and the Incidence of Epithelial Ovarian Cancer,” Am. J. of Epidemiology, 117(2):128-139 (1983); V. Beral, et al., “Does Pregnancy Protect Against Ovarian Cancer,” The Lancet, May 20, 1978, pp. 1083-1087; C. LaVecchia, et al., “Reproductive Factors and the Risk of Hepatocellular Carcinoma in Women,” International Journal of Cancer, 52:351, 1992. )

 

Autre exemple : L’endométrite est un risque post-avortement surtout pour les adolescentes, qui sont 2,5 fois plus susceptibles d'avoir une endométrite après une IVG que les femmes de 20-29 ans (Burkman, et al., “Morbidity Risk Among Young Adolescents Undergoing Elective Abortion” Contraception, 30:99-105 (1984); “Post-Abortal Endometritis and Isolation of Chlamydia Trachomatis,” Obstetrics and Gynecology 68(5):668- 690, (1986)

 Comme pour les aspects psychiatriques, il existe des études controversées. Mais cela ne changent pas globalement le large consensus sur cette question. 

 

4/ « L’IVG, c’est votre droit » dit le site du gouvernement ! 

L’ivg n'est pas seulement un « droit». Il faut voir les conséquences et ce "dit la loi". Les medecins ont  "l’obligation" d'informer la femme "des risques et des effets secondaires potentiels de l'IVG( art L 2212-3 du code de la Santé)

 

5/ L’ivg médicamenteuse évacue un "oeuf" : 

Le site du gouvernement affirme « Ce médicament interrompt la grossesse. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. À l’issue de cette première étape, il peut survenir des saignements plus ou moins importants. Exceptionnellement, l’oeuf peut déjà être évacué à ce stade. »

Quand la femme fait une ivg, elle n’évacue pas un «oeuf » mais un « embryon » . Scientifiquement la phase embryonnaire débute au 25 eme jour qui suit la conception. Le site est volontairement trompeur ! 

 

6/ L’IVG chirurgicale consiste en une aspiration de l’œuf : 

C'est faux ! La femme enceinte n’évacue pas un "oeuf" mais au moins un «embryon» ou plus souvent encore un «fœtus» car scientifiquement la phase fœtale débute à la 8 eme semaine de grossesse ! Or l'ivg par aspiration se fait le plus souvent à partir de 8 semaines de grossesse... Le site gouvernemental parle de « contenu de l’utérus » au lieu d’exprimer la réalité de l’acte. Quant aux conséquences, elles sont absentes, comme « évacuées » en quelques lignes fallacieusement rassurantes.

 

7/ Le site du gouvernement s'affiche "neutre"

Le numéro vert anonyme et gratuit du gouvernement (0800 08 11 11) est tenu par des opératrices qui sont des militantes du Mouvement du Planning familial ou formées par le Planning. ( cf communiqué de presse du Planning Familial en date 28 septembre 2015). Elles encouragent de fait l’ivg par leurs conseils. Lorsque les délais sont dépassés, elles conseillent des cliniques à l’étranger (preuves disponibles). Les liens qui sont donnés sur le site du gouvernement ne sont pas neutres :

 

En conclusion,  notre site IVG.net demande instamment aux responsables du Ministère de la Santé de corriger son site et de laisser les sites indépendants faire un travail d’information pluraliste sur les risques de l’IVG.