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ivg par médicament

Bela, 22 ans, ivg aspiration

Depuis mon ivg, je souffre du geste que j’ai commis. J’ai aimé sincèrement une personne et malheureusement  le pire m’est arrivé avec  cette grossesse non désirée. J’ai subie une ivg  médicamenteuse et ensuite par aspiration . Cela m'a traumatisée. Je ne suis plus la  même. Mon ivg s’est très mal passé. J’ai eu beaucoup de complications à cause de cet ivg. J’ai eu une ovariectomie due à une infection sur la sonde. Je  voudrais oublier. Comment puis-je faire ? Avez-vous 1 solution ? Je n’ai personne en qui j’ai réellement confiance mis à part celui qui aurait été le papa. Mais c’est très compliqué. Il m'a laissée seule pendant tout cet enfer et il est revenu quand  tout était fini. Il est avec une autre femme, je ne lui ai pas pardonné car je m’en veux tellement ! Depuis cet ivg, je meurs de l’intérieur. Je ne mange  plus et j’ai peur. Je ne sais plus quoi faire. Tout le monde (famille entourage et amis) me voit changer. J’ai changé. Je me souviens des paroles du gyneco me disant qu’il fallait  assumer et que le bébé était bien formé et bien placé. Il m’a même fait écouter  son cœur battre. Je suis tellement mal. J’ai des idées noires. Je voudrais  trouver les mots mais j’ai juste mes larmes.
Moi je l’aurais assumé. Mais lui non car il est déjà marié! Dites moi si je vais oublier un jour ce que j ai fait ? J’ai  enlevé la vie ! Surtout que je savais que je l’aimais. J’ai fait  cela par amour pour mon copain car il me l'a demandé. Mais comment aimer  quelqu'un qui m'a fait autant de mal ? Je ne sais pas. Je le vis. Ma mère a vécu  ça car mon père est parti car il avait mis sa maîtresse enceinte. Je n’ai pas voulu  reproduire ce que ma mère a vécu et parce que je n’ai pas eux beaucoup d’homme : c’est  mon  2 eme copain. Et j ai couché avec lui car je l’aimais. Je suis d’origine marocaine. Chez nous, on ne se donne pas comme ça à  un homme. J’espère que vous allez pouvoir m’aider car je suis au fond du trou et je suis vraiment perdue. Dites moi ce que je peux faire ? Je garde tout pour moi. J’ai peur  de parler à mon copain car je ne veux pas qu’il sache que ma vie est foutue. Je  suis une morte vivante. .aimez-moi. Je n’ai plus d’espoir.

Laura 21 ans

 j'avais 17 ans quand je suis tombée enceinte sous pilule contraceptive d'un jeune homme avec qui j'avais une relation sérieuse mais depuis peu de temps. Je décide d'avorter car sans nouvelles de lui depuis l'annonce de ma grossesse. Je pensais que mes études étaient là chose la plus importante.
Un an plus tard je rencontre un homme. Je tombe enceinte rapidement et nous voulons le garder : aucun doute, nous l'aimons déjà plus que tout. Ma belle famille me met la pression, menace mon copain de le mettre dehors car il est sans emploi (en apprentissage). Nous tenons tête. Mon copain était paniqué (il avait 22 ans) et m'a dit du jour au lendemain : « il faut que tu avortes ». Il était très froid, complètement manipulé par sa famille.
J'ai donc avorté non pas pour moi… mais pour lui ! Je suis devenue un zombie, je ne souriais plus. J'avais déjà vécu ça un an avant. Je ne voulais plus le revivre... ce bébé ne voulait pas se « décrocher » après la prise du cachet. Coïncidence? Je ne crois pas ... Puis vient la nuit de douleurs extrêmes... de contractions. Et je l'ai perdu à l’hôpital. Mon copain m'accompagnant toujours car c'était sa décision. Peu de temps après j'ai fini hospitalisée en psychiatrie et j’ai perdu plus de 10 kg. Et fait une tentative de suicide: ce bébé me manquait beaucoup. J'avais peur pour ma relation. Pour mon premier avortement, je ne m'y attendais pas et j'ai eu déjà des séquelles psychologiques et non pas physiques. Disons que j'y pensais régulièrement. Je me suis sentie coupable de la mort de mon bébé même sous pilule. Je n'allais plus étudier. J'ai fait une dépression et perdu l'appétit donc énormément de poids. Je me suis renfermée, je n'en parlais pas. Je pense bien que c'est cela qui m'a manqué et le planning familial ne m'a jamais aidé. Je suis sortie de l'hôpital grâce à mon homme actuel qui a compris mon histoire et qui a su me rassurer.
Pour mon deuxième ivg, ce bébé était pourtant attendu. Mes douleurs physiques étaient bien là, (saignements, contractions, beaucoup de sang et d'énormes maux de ventre) d'autant que l'embryon ne se décrochait pas. J'ai pris les cachets et après une demi-journée à l'hôpital je l'ai perdu. Je suis restée plus longtemps car je saignais énormément et ensuite mes règles étaient très douloureuses. 
J'ai voulu faire un enfant "de suite" avec mon homme car en plus nous avons eu l'appartement 2 semaines après l’ivg ! Comprenez ma douleur face à la situation ! Et cette douleur morale s'ajoutait à celle de mon précédent ivg ! Mais personne ne la comprenait : toujours un manque d'appétit et un refus de parler. On me prenait pour une dingue. Ayant voulu tomber enceinte rapidement, mon corps n'acceptait plus de bébé. Mon utérus étant fragilisé, et ma fertilité réduite par l'avortement qui est quelque chose d'agressif pour le corps. (C’est décrit dans le papier que l'on signe avant d'avorter de toute manière…). J'ai eu de la tension également et les tissus du placenta qui ont eu du mal à se former pour ma grossesse. J'ai attendu un test positif pendant plus 1 an et demi ! J'étais prête à faire des tests de stérilité. Aujourd’hui je suis maman d'un petit Swann de 3 mois. Swann qui veut dire cygne. La symbolique de toute cette histoire. Mon plus beau cygne. Souvent, je pense à ce bébé qu'on voulait ; et je regrette ! Surtout quand un bébé est désiré ou accepté, ne laissez personne entraver votre décision ! Je pense que c'est une chance d'avoir eu un bébé après 2 ivg. Pour les séquelles, elles peuvent être terribles menant jusqu'à l'infertilité. Aujourd'hui ma mère est la plus heureuse des mamies. Ma belle famille aussi, mais je trouve cela hypocrite. Pourquoi ? Parce qu’ils sont la raison de mes cicatrices sur les bras suite à mon hospitalisation et de la perte de mon ange ...

Mathilde 18 ans, ivg il ya 9 mois

J'ai fait  une IVG par médicament en janvier dernier : une vraie  descente en enfer. J'avais un retard de 18 jours, je mangeais tout le temps,  une fatigue constante, j'ai donc fait une prise de sang.  Le verdict tombe 2  jours après, le résultat est positif. Je me sentais heureuse mais à la fois triste de la réaction de mes parents... J'ai eu raison, aussitôt dit  ma mère m'a forcé à avorter sans même que je puisse donner mon avis, même  mon copain n'a pas eu le droit de parole (1 an que nous sommes ensemble) alors que nous avions pris la décision de le garder.


Les jours passent, j'ai fais mon échographie de datation, j'étais donc  enceinte de 7 semaines. Je me sentais faible et perdue. Le garder ? Avorter ? De toute manière, je n'avais pas le choix. Premier rendez-vous chez la gynécologue qui me donne le premier médicament  pour stopper la grossesse et le lendemain je commence l'IVG par médicament (23 janvier 2014). Les  larmes coulent. Quelques minutes après je retourne évacuer, et la douleur  était beaucoup plus forte, malaises toutes les 10 minutes, vomissements, le  sang qui n'arrêtait pas de couler. Je me suis alors rendu compte que c'était les effets secondaires du médicament, j'ai donc appelé ma  gynécologue qui m'a conseillé de continuer les médicaments... je l'ai fait  et les effets devenaient plus graves, après une énième évacuation, je me  retrouve allongée  dans le couloir sans pouvoir me relever, mes yeux qui se  ferment, ma mère qui me parlait mais je n'entendais rien, mon corps vide,  mes parents qui pleuraient. Ils appellent alors les pompiers, ils sont arrivés  5 minutes après, ilx m'ont aussitôt emmené à l'hôpital. Verdict ? Une grave  hémorragie. Je suis restée 1 nuit à l'hôpital sous  perfusion. A ma sortie, ma gynécologue m'a conseillé de continuer jusqu'à  la fin les médicaments, j'ai encore eu les mêmes effets, mais j'ai pris sur  moi.

Une fois le traitement fini, j'ai fait ma visite de contrôle chez la  gynécologue : Un bout de placenta n'était pas parti. Je devais donc recommencer une nouvelle fois les médicaments. 4 jours après (15 février 2014), je partais au Ski avec mon copain et des  amis, je me sentais très faible, je saignais encore et encore, je ne tenais  plus sur mes skis, j'étais très essoufflée à chaque effort physique,  j'allais au toilettes 12 fois par jour car j'évacuais beaucoup de caillot  de sang, j'ai perdu connaissance je ne sais pas combien de minutes dans les  toilettes, mon copain était là, mais je ne me souviens de rien. Mes vacances finies (22 février 2014), on décide de refaire une prise de  sang avec un bilan complet car je n'avais plus du tout de couleur sur mon  visage, on aurait dit une morte, en effet, ma peau était blanche, mes  lèvres étaient blanche, et toujours impossible de faire le moindre effort  physique sans être essoufflée, elle à demandé les résultats en urgences.  Je rentre alors chez moi, les heures passent, a 14h mon téléphone sonne,  c'était le laboratoire qui me disait qu'il fallait très vite que j'aille a  l'hôpital parce que j'avais un taux d'Hémoglobine a 4g/l (en moyenne il  faut être a 12 ou 14g/l), ceci explique pourquoi j'étais dans un tel état. Mes parents étaient en vacances et ma sœur était à son boulot, je n'avais  pas de moyen pour me rendre à l'hôpital, j'ai pris mon courage à deux  mains, et j'ai marché jusqu'à la gare, pris le train,  le bus, et 
marché jusqu'à celui-ci, j'avais l'impression d'être pas très loin de la  mort tellement mon état était horrible. Prise a temps à l'hôpital, j'ai  vue mon gynécologue, il m'a refait une échographie, j'étais encore en  pleine hémorragie, et le bout de placenta ne voulait pas partir malgré les  médicaments. Alors il m'a imposé de me faire une intervention  par aspiration pour enlever ce morceau de placenta. A l'hôpital (28 février 2014) à a 8h, et je me suis  fais opérer par aspiration, après mon intervention, en salle de réveil (à   10h), j'étais dans un état très faible, alors ils m'ont transfusé de 2  poches de sang.
Cet enfer a duré 1 mois, et, 8 mois après, je continue à  regretter.  J'ai tenté de mettre fin à mes jours 3 fois, je continue à en  vouloir à mes parents. Depuis mon corps et ma santé vont mieux, même si mentalement rien ne va et que  personne de mon entourage ne comprend vraiment ce que j'ai subi. Pour moi, je suis passée à côté de quelque chose de merveilleux, malgré  mon jeune âge, je me sentais vraiment prête. Si j'ai fait ce long témoignage dans les détails c'est pour raconter mon  histoire car personne de mon entourage est au courant sauf mes parents et mon copain, et que cela me libère un peu d'en parler même si ca ne réparera  jamais ce qui s'est vraiment passé. 

Nadia 26 ans

J'ai subi une IVG le 29 juillet à 7 SA . Le bébé, je l'ai eu par accident au moment de ma séparation avec mon ex bien qu'etant sous contraception. Entretemps,  pendant plus d'un mois j'avais coupé tout contact avec mon ex, en pensant ne  plus jamais avoir affaire avec lui. On s'est quitté à cause des malentendus créés par sa mère, des  diffamations qui me blessaient, et pour arrêter de souffrir inutilement (sa  mère habite avec lui donc je devais m'entendre avec). On était déjà fiancés mais on a choisi d’arrêter notre histoire d’un an alors qu'on s'aimait énormément... Je suis donc partie en vacances pour prendre l'air et quand j’ai appris ma  grossesse, j'ai du revenir en France plus tôt que prévu. Je  pensais déjà à l'avortement comme la seule solution. Je lui ai annoncé ma  grossesse lors du retour, au début il semblait être un peu  surpris. J'ai eu  recours aux avis de mes parents, qui n'ont pas voulu m'influencer et qui  m'ont fait peser le pour et le contre. Et en pensant être lucide, j'ai  pris RDV pour une IVG médicamenteuse et j'étais déjà à la dernière semaine pour pouvoir la réaliser et il ne fallait plus attendre.

La veille de l'avortement, j'ai appelé mon ex pour l’informer. Il a été agressif avec moi  « de toute façon, c'est toi qui porte l'enfant, c'est toi qui fais  le choix ». Il m'a refroidi, et je me dis "mon pauvre bébé, ton père c'est  un connard et j'ai pas envie que tu souffres avec moi si je te mets au  monde." J'ai donc pris les premiers médicaments. J'étais seule chez moi  le jour où l'expulsion de l'œuf a eu lieu, c'était un moment  extrêmement difficile, mais j'étais sûre de mon choix.

Je commence à regretter l'avortement. J'ai soudainement envie que le bébé  revienne mais je sais que je l'ai perdu à jamais. La semaine dernière (3 semaines après IVG), je me suis presque rétablie. Mon ex  revient me voir et on a fait l'amour pour la première fois après notre séparation et aussi la dernière fois. Mais maintenant je veux ce bébé si je retombe enceinte, je le désire tellement que je  commence à regarder des biberons sur internet (je sais pas si c'est maladif,  normal ou hormonal...), j'ai fait des tests d'ovulation qui sont négatifs, je fais des recherches sur l'ovulation,  j'observe la glaire cervicale, etc, Je sais que je ne peux pas attendre grande chose mais mon désir d'enfant n'a jamais été aussi fort. Je ne sais pas si vous comprenez pourquoi je veux encore tomber enceinte.  Ce n'est pas pour récupérer mon ex, mais j'ai perdu mon premier bébé alors qu'il était précieux plus que tout. Je suis devenue même  dépressive, je ne sors plus, je ne fais que pleurer. J'ai l'impression  qu'avec le « retour » de mon bébé, je pourrais retrouver goût à la vie, et  j'espère que le bébé que j'ai perdu me pardonnera...

Sonia 24 ans, ivg a 23 ans

 

Bonjour, il y a bientôt  8 mois, j'ai fait une IVG par aspiration. Mon copain  et moi, on voulait un petit bout mais mal chance, il a eu un accident de moto sur la route.  Il ne portait pas de casque et il a été percuté par une voiture.  Résultat : 1 mois dans le coma A son réveil, nous ne savions pas les séquelles qu'il aurait. Peu de temps, après j'ai eu le résultat de ma prise de sang qui était positif.   J’ai vue que le résultat était  de 6 semaines.  J’ai eu donc un choix terrible : je me suis tout de suite dit « je le garde ».  Tout le monde le savait jusqu'à ce que sa sœur m'appelle et me passe un "savon" pour me dire que « c’était hors de  question  que tu le gardes ! » car on ne savait pas comment il allait s'en sortir ! J’ai donc réfléchie et je me suis dit que je n'avais pas le choix.  J’ai donc pris la  décision d'avorter ...

Le jour de l'avortement,  j'étais a 8 semaines.  Une catastrophe ! J’ai pris les  médicaments qu'ils m’ont donné et résultat : je ne les supportais  pas  avec une hémorragie pas facile ... Aujourd'hui mon copain va mieux avec quelques  séquelles mais pas si grave. Je me dis que si je n’avais pas fait cette ivg, je n'en  serais pas là aujourd'hui car je suis très mal. Je suis en pleine dépression... merci à tous

Vanessa 28 ans

Vanessa 28 ans, je souhaite vous faire partager mon expérience. Elle m'est propre mais je suis certaine qu'elle doit malheureusement être commune à bien d'autres femmes.

Le soir de mes 28 ans, il y a presque 1 mois, je me suis rendu compte que j'étais enceinte, événement qui n'est pas arrivé dans une situation idéale. D'abord un peu assommée car au moment de l'apprendre je ne suis plus avec "la personne", je l'en informe donc car j'estime cela normal, ne voyant pas le danger qui m'attends. IL se retrouve être lui aussi assommé, ne réagis pas dans un premier temps, mais me fait part de suite de son souhait que j'avorte, ce à quoi je lui réponds que « cela me demande réflexion ». Deux semaines se passent alors, sans plus de nouvelles de sa part. Pendant ce temps, commence la réflexion pour moi; Au fond je le sais, je garderais cet enfant coute que coute même s’il est évident que je l'assumerais seule, sans aide de sa part et surtout sans "plus" lui imposer ce choix.

 

Je suis à 7 semaines de grossesse au moment où je lui annonce fermement ma décision. Là, commence pour moi le calvaire, il se montre d'abord culpabilisant puis très menaçant, il profère ses menaces de morts par le biais de tiers personnes, proches de moi et dont il espère que leurs paroles me feront changer d'avis;  puis poursuit ses menaces  envers moi directement.

Il est précis et calculateur, il ne laisse pas de traces de messages ou autres. Il rode autour de chez moi, m'explique ce qu'il compte me faire et comment le faire et là, pas à pas, moi qui ne suis pourtant pas trouillarde je prends peur, dans un dernier accès de courage n'en pouvant plus de ce harcèlement, n'en pouvant plus de vivre cachée chez moi, dans la honte et la peur, sursautant aux moindres bruits, je décide de porter plainte.

La plainte m'est refusée ! l'OPJ accepte seulement de prendre une main courante. C'est cliché, il me dit que des dossiers de ce genre il en a 100 sur son bureau, que je ne porte pas de traces de coups que c'est donc ma parole contre la sienne...et qu'il ne pourrait pas placer un policer devant ma porte. Pour finir, il me dit qu'au vu des faits, il le convoquera…

Ce qu'il ne fera pas. Je le saurai par la suite.

Je me suis tournée vers votre association, j'y ai d'ailleurs été très bien accueillie, écoutée et conseillée, un hébergement d'urgence m'a même été proposé.

Mais jusqu'au bout, j'ai espéré le faire changer d'avis. Alors, le matin de l'intervention, je suis montée en voiture avec lui, je l'ai supplié, j’étais apeurée ! Mais rien n'y a fait. Il n'a fait que nourrir davantage ma peur.

Le lundi 13 janvier, j'ai subie une ivg à 9 semaines de grossesse, très mal accueillie dans la clinique où je me suis rendu. J'ai mis 2h à hésiter pour prendre les cachets, je me suis fait "engueuler" pour le coup ! C'est vraiment le terme parce que je trainais trop d’après eux à prendre leurs cachets.

Il faut savoir que lui est resté sur le parking de la clinique de 7h30 à 17h, afin que je n'oublie pas qu'il était présent.

Aujourd'hui, je suis au bord du gouffre, désemparée, désespérée, en colère contre moi, contre lui. Et si culpabilisée !

Ce sentiment violent d'injustice me ronge, cette sensation d'avoir perdu une partie de moi et d’être en deuil. Je n'arrive toujours pas à réaliser les violences dont j'ai été victime, je ne me suis jamais rabaissée devant les obstacles et là, j'ai le sentiment de m’être presque tuée.

Je me sens coupable de la perte de cet enfant à venir, j'aimerais le vivre mieux mais ce n'est pas le cas. Je me suis infligée ce mal qui me ronge, dans mon corps et dans ma tête, j'ai tue ses menaces à tout mes proches de peur de faire davantage de mal.

Je me suis oubliée, j’ai pensé à tous sauf à moi où à mon bien-être. Le pire étant de s'infliger ce mal sous la contrainte.

Refaire surface me parait impossible ! Un long parcours m’attend mais, aujourd'hui, je ne sais pas de quoi demain sera fait.

Manon 19 ans

  • Bonjour,

    je ne sais pas si j'ai le droit de faire un témoignage "Anonyme" ...
    Mais je voudrais témoigner de mon douloureux ivg que j'ai vécu ..

    En tout cas, je n'étais pas au courant des sites qu'il y avait pour écouter les femmes et les aider..

    Voici mon histoire.. j'ai 19 ans. En mai dernier je suis tombée enceinte à cause d'un préservatif qui a  lâché..
    Les premières semaines, je m’en doutais lourdement donc j'en ai parlé  à ma sœur.
    de la est venue le cauchemar, elle m’a forcé à aller voir un gynéco, et à le dire à mes parents.
    Je voulais le garder ! Même si j'allais être seul, je m’en fichais.

    Mais les menaces ont commencé. Mon père  me disait tout les jours "Si tu le garde, je me fou en l'air" ou "Dis-moi ce que je veux entendre ! "  Ma sœur et mes frères "Tu ne vas pas le garder quand même ? Fais-toi avorter !"
    Apres 1 semaine de pression non-stop et d’insulte. Je décide d'aller avorter...
    Au début on m’a bien accueilli. J'ai du faire des rendez vous interminables, faire des papiers. J'ai même vu un gynéco qui quand il m’a fait l'écho à mis le volume pour écouter sont cœur !!
    C'était très dur mentalement. Et là le jour le plus pourri de ma vie..
    J'étais plié par terre.. Je criais de douleurs. La sage femme m’a regardé de haut en bas est m’a dit "ha bah ouai ca fait mal hein !" (Je ne veux plus détailler tellement que c'était horrible...)

    Pas un jour où je ne pense pas a cet enfant... pas une heure, ni une minute... Aujourd'hui j'espère juste...retomber enceinte pour me pardonner à moi même et aux yeux de Dieu aussi...

     

Pauline 17 ans

Toute cette histoire c'est passée en été 2010 j'avais alors 17 ans. Lorsque j'ai appris que j'étais enceinte, j'étais la fille la plus heureuse au monde, un rêve se réalisait, rêve qui à vite tourné au cauchemar...

Pour moi c'était une certitude : je voulais garder cet enfant, mais ni mes parents, ni ceux du père n'était de cet avis. Pour eux, il fallait que je mette fin à ça tout de suite. Mes parents m'ont menacée de me mettre à la porte, de tout me couper (téléphone, argent, contact) afin de ne pas me laisser le choix et en effet je ne l'avais plus... Le papa avec les jours qui passaient ne voulait plus de cet enfant également... J'étais complètement seule face à tout ça. Ni parent, ni mon petit « ami », ni même un seul de mes amis ne m’a soutenu. Il aurait fallu une seule personne qui me dise "Pauline, si tu veux ce bébé, garde-le ! Moi, je serai là pour te soutenir" et aujourd'hui mon enfant serait à mes côtés.

 

J'ai donc avorté le 26 Aout 2010 quand j'étais enceinte de deux mois : ce jour dont je me souviendrais dans les moindres détails toute ma vie, ce jour que je maudit, ce jour qui m'a changée et qui a changé ma vie.. On m'a pris ce que j'avais de plus cher, on m'a pris ma vie tout simplement, lors du réveil (j'ai subit un curetage) j'ai hurlé ma douleur ! Rien ne me calmait, j'étais là physiquement mais intérieurement je suis morte ! je suis morte avec cet enfant.. Je suis tombée dans une dépression suite à ça, je ne sortais plus, ne parlais plus, ne mangeait plus, je passais mes journées dans le noir à pleurer, je me laissais presque mourir, oui.. Car je voulais rejoindre mon bébé.

 

Aujourd'hui, trois ans après, j'en souffre toujours autant. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense pas à mon bébé ou même sans que je lui parle, sans que je le supplie de me pardonner et d'entendre ma détresse et de lui dire que je l'aime.. "Pardonne-moi de t'avoir privé d'une vie, pardonne-moi pour tout".

 

Je ne sais pas comment me remettre de tout ça ! C'est comme si je ne pourrais jamais me relever, comme si rien n'allait s'arranger.. Je n'oublierai jamais cet été 2010 : il a changé ma vie à tout jamais. Il m'a fait maman, oui car je me sens comme tel, maman d'un petit ange qui n'a pas vu le jour. Il m'a fait connaître la pire des douleurs, celle d'une mère qui a perdu son enfant. Et peu importe l'âge ou la situation : pour une femme, je suis sure que c'est ce qu'il y a de plus difficile à vivre.. A tous nos bébés du ciel, vous êtes nos plus belles étoiles..

 

 

erika 30 ans

Suite à notre conversation téléphonique récente, je vous tients à vous adresser mon témoignage concernant mon expérience de l'IVG.

J'ai dû, le 5 Juillet dernier, me résoudre à faire une IVG. Mon souhait était la méthode médicamenteuse qui me semblait moins traumatisante physiquement. Cette IVG a été une décision commune avec le papa. Mais à la base, cette grossesse était souhaitée et calculée de nous 2. La réalité de la vie a fait que nous n'avons pas pu poursuivre cette grossesse. Le papa a déjà 4 enfants et sa compagne actuelle (qui n'est pas la mère des enfants) refuse leur séparation et aussi de quitter le domicile conjugal.  Face à cette situation, nous avons préféré reculer notre souhait d’unifier nos 2 familles avec un "mini nous". J'ai moi même 2 enfants en bas âge et pour le bien-être de tous, il était logique de prendre cette décision.

Ce que je n'avais absolument pas anticipé c'est la douleur et les répercussions psychologiques d'une IVG. J'étais enceinte de 5 semaines révolues. Ce bébé je le voulais, le désirais et le rêvais. Aujourd'hui je traverse un cauchemar !

L'IVG s'est déroulée à mon domicile, je n'avais que ça à faire de me mettre à l'écoute de mon corps et d'attendre, de ressentirLors de l'expulsion de l'embryon, j'ai eu le sentiment de me faire foudroyer sur place! Mon gynécologue m'avait certifié qu'à ce stade ce n'était qu'un "amas de cellules"! Je l'ai cru sur paroles ! Je n'ai pas cherché à vérifier!  "Mon amas de cellules" avait déjà l'esquisse des membres. C'était un petit bébé en formation!

Le traumatisme est là ; l'image de ce bébé que j'ai volontairement et consciemment supprimé et vu au fond de la cuvette des WC! Cette IVG je l'ai vécue seule par choix, je ne voulais pas que le papa soit présent, ni ami, ni famille! 

Et après la vie doit reprendre son cours. L'école, le travail, la vie sociale... Je dois oublier et continuer à avancer ! Je n'y arrive pas!  Même si mon couple est soudé, notre désir de "mini nous" amplifié, je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé!

Je regrette mon choix de la méthode médicamenteuse.  Le traumatisme physique n'est rien à côté du traumatisme psychologique  ancré à jamais au fin fond de mes entrailles!  Et bien sûr, comme les choses ne se font jamais dans la simplicité, je me retrouve avec des débris placentaires qui, je l'espère, ne nécessiteront pas un curetage.

D'un "geste médical" qui devait durer 72H, je me retrouve avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête à attendre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Il faut multiplier les examens et contrôles divers afin de savoir si je peux enfin tourner cette page douloureuse et passer à autre chose !  

Je sais et essaie de me résonner en me disant que le temps efface toutes les peines, mais au jour d'aujourd'hui, j'espère que mon expérience pourra servir à une autre personne qui peut se poser la question du choix de l’ivg et de la méthode.

Erika

Magalie 18 ans

 

Je m'appelle Magalie, j'ai 18 ans et j'avais appris cette grossesse lors d'une visite chez le gynéco en Aout 2012. J'étais enceinte de presque 6 semaines, j'ai ressenti comme si la Terre s'écroulais, j'étais anéantie a partir de ce jour là, je n'ai cesser de pleurer, ma mère a refusé de m'adresser la parole, et m'a forcé à prendre un rdv pour une ivg..

Sachant que ma mère est le seul parent qui me reste, je me suis contraint a appeler pour mettre un terme à la vie de ce petit bout qui grandissait en moi. A 18 ans vous me direz que c’est jeune pour avoir un bébé, que j'ai toute la vie devant moi, mais l'idée de savoir qu'on porte la vie peut tout faire changer.

J'ai pris rendez-vous à l'hôpital en me dépêchant a cause du délais et le reste, ma mère m'empêchant de voir mon copain tant que je n'avais pas pris ce rendez-vous.

Le premier rendez-vous était le 29 aout. Mon arrivée là-bas était désespérante. J'avais passé toute la nuit à parler à cet enfant, à m'excuser de ne pas être assez forte pour m'opposer à la décision de ma mère, de m'excuser pour ce qui allait se passer durant ces 2 jours, m'excuser de ne pas avoir fait mon métier de mère et de pas l'avoir protégé.

Les médecins m'ont reçu avec ma mère et mon copain, avec les prises de sang, la visite gynécologique et la discussion avec une conseillère, qui a mal fini, car je ne voulais pas signer le papier, mais mon copain et ma mère pleuraient et j'ai donc signé ce papier en larme sans réellement regarder ce que j'écrivais. A partir de ce moment, j'ai su que je les détesterai pour tout ce qui allaient me faire endurer. Ils m'ont donné ces cachets à prendre j'en ai eu trois car j'étais bientôt à 7 semaines.. Malheureusement pour moi, les cachets sont mal passés et je l'ai ai vomis moins d'une demi-heure après les avoir pris, donc ils m'en ont donné un 4 eme, ce qui a marqué le début de l'enfer... J'ai passé mon temps a vomir et pleurer, je ne pouvais manger ni boire et à peine regarder mon copain et ma mère..

 

Puis le deuxième jour est arrivé le 31 aout, j'ai su qu'en franchissant les portes de l'hôpital, cela allait être fini pour de bon, ils m'ont donné les cachets, et la douleur a commencé, j'avais tellement mal que je ne savais pas comment me mettre, j'hurlais et je pleurais de douleur, après avoir eu droit à des cachets à avaler, a des piqures, j'ai également eu le droit à un masque à gaz hilarant, qui m'a endormie.. puis je me suis levée voulant aller au toilette et j'ai vu un « truc » différent des caillots et de tout le reste. L'infirmière l’a récupéré avec un gant, l’à vérifié et l'a emmené..

 

Depuis ce jour, ces images me hantent, cet enfant me manque, je ressens un vide immense à l'intérieur de moi, je pleure toujours et je manque de soutien moral par rapport a cela.

 

Je lui ai donné un prénom, Jade. Je dors avec la peluche que j'avais acheté pensant qu’elle serait son doudou dans son berceau. J'ai une boite avec tout ce qui la concerne(test de grossesse, échographie, papier de l'avortement)

 

Chaque jour, ma douleur ne cesse de s'agrandir. Si je devais revenir en arrière, je l'aurais gardé.

 

Depuis j'ai des problèmes de santé multiples, digestion, psychologique etc.. Voilà ! Je dédis ce texte « A mon ange » !