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ivg medicamenteuse

IVG médicamenteuse

Le Dr Martin Winckler (Marc ZAFFRAN de son vrai nom) médecin praticien (et écrivain) a travaillé jusqu’en 2009 dans un centre de planification et rappelle que l’IVG médicamenteuse après 7 semaines n’est ni recommandée, ni autorisée, car elle est souvent un échec.

 

 

Julie 19 ans, ivg médicamenteuse a 9 SA

Julie, J'ai 19 ans et j’ai rencontré, il y a 5 mois, un homme fabuleux. Cela a été de suite le coup de foudre. J'ai parle de notre relation à très peu de gens dans ma famille. Lui m'avait déjà présenté à tout le monde. Apres 10 jours de retard de règle, je fais un test de grossesse et il est positif. Je n'en parle qu'à mon copain, il est très content et moi aussi, même si nous appréhendons la réaction de ma famille. Le lendemain, prise de sang. Je suis enceinte de 6 semaines. Je dois prendre alors la décision d’en parler à ma famille mais j'ai peur car je ne travaille pas et vit encore chez mes parents. Ma famille le prend très mal, me rabaisse en disant que je suis bête, « trop jeune », et « sans emploi ». Mon chéri était prêt à tout pour que je le garde, et moi chaque jour, je caressais mon ventre. Je lui parlais déjà, je l'aimais déjà. Ma famille me disait que « c'était rien qu'un caillot »,  qu'il n’était rien et qu'il fallait vite l'enlever. Rendez-vous pris pour l’avortement. Rendez vous avec l'assistante sociale « êtes-vous sûr de vouloir avorter? » Ma réponse est « oui », oui, car on m’a dit de répondre « oui ». En sortant de la, je m’effondre dans les toilettes de l'hôpital. Et puis vient le jour de l'avortement. Je suis allée à l'hôpital avec une boule au ventre. Je ne réalisais  pas ce que je faisais, je l’ai fais pour que ma famille soit fière de moi. Le médecin me montre mon bébé à l'échographie. Mon Cœur battait si fort. Il me dit ensuite de prendre les médicaments. Je les prends... Et la ? Je suis vide, je suis anéanti, je n'ai plus envie de rien, je ne sais pas si je m’en remettrai, j'ai l'impression de faire le deuil... Le deuil de mon bébé dont je n'ai pas eu le courage de lui donner la vie. Je me sens coupable, et ne me le pardonnerai jamais. Pour moi et mon copain, c’est très dur. Si nous hésitons c’est qu’au fond nous le voulons, et les regrets viennent très vite s’installer. Par peur de ma famille j'ai choisit la facilité et j'ai tué mon bébé car pour moi c’est l’avoir tué en acceptant d'avaler ces cachets. 7 jours de réflexion, ce  n’est pas suffisant. Même 15 jours ne le serait pas. Je pense que des les premiers jours nous avons au fond de nous notre décision. J'ai pris ma décision par panique et je regrette énormément. Alors pour toutes les filles qui sont fortes et qui ont le courage de mener leurs grossesse à terme je vous dis bravo, vous avez réussi et fait le bon choix.
Merci de le partager ! Sachez que je me suis renfermée sur moi même, je n'ai plus goût à rien et j'en veux à tout le monde. Je ne savais pas qu'en 6 semaines, on pouvait s'attacher autant à ce nouvel être qui viens en nous. A toutes les femmes qui ont du avorter comme moi par peur, je comprends ce que vous ressentez .... À toutes les femmes : courage pour avoir à affronter les problèmes,  En gardant votre  enfant je vous envie tellement !
 

Yael, 26 ans , ivg medicamenteuse il y a 2 ans

J’aimerais que mon histoire soit lue par  d'autres jeunes femmes  avec les mêmes questions que moi. J'ai eu votre écoutante Ghislaine au téléphone et  elle a simplement su trouver les mots pour me rassurer. Je suis enceinte de quelques petites semaines, et c'est ma deuxième  grossesse. Malheureusement, j'ai mis un terme à la première car mon ex époux ne voulait pas de cet enfant. Je suis de confession musulmane et j'ai une famille très pratiquante. Je ne me suis jamais pardonnée cette vie que j'avais enlevée. Aujourd’hui une nouvelle vie grandi en moi, comment je vais faire ? La vie  coute tellement cher. Et la famille? Les gens?  Le "qu’en dira-t-on" vas encore battre des records grâce a moi. Mais en même temps, qu'est ce que je m'en fiche du qu’en dira-t-on ! Oui, la  vie est dure! Mais quoi de plus beau que de mettre au  monde un enfant ! Une nouvelle vie… Je connais des filles qui ont avorté et plus d'une fois, et qui  disaient qu'elles ne s'en mordaient pas les doigts -au moins extérieurement ! Aujourd'hui, elles n'ont ni situation stable, ni enfant. Donc, ne dites pas que cet enfant va nous défavoriser. Non, car c'est cet enfant qui va nous donner la force et le courage de nous lever chaque matin pour travailler et trouver des solutions  aux lendemains. Car il y a une solution à tout, sauf à la mort... et la mort de cet enfant  ne changera rien à nos problèmes au contraire. Pas de travail ? Ok! Et en  quoi cela changera quelque chose que d'enlever ce don qui vous est offert ? Vous avez une famille compliquée ? Moi aussi, je vous le garantis. Mais je  crois en moi et j'ai confiance en moi et je ferais tout mon possible pour que  demain soit moins dur qu'aujourd'hui. Courage mesdemoiselles !  

Marion, 18 ans IVG sous contrainte

je suis maman d'une petite fille et  malheureusement j'ai avorté contre ma volonté..  J'ai 18 ans, je suis tombée enceinte en décembre 2013.  J’avais tout juste 17ans.  J’étais avec mon chéri depuis 4ans.  Déjà, paniquée, je n'ai dit à personne que j'étais enceinte puis j'ai  pensé à l'avortement. Ce qui m'a amené sur se site.  J’ai donc téléphoné.   Je  suis tombée sur Véronique qui m'a conseillé de gardé le secret, mais mon  copain est tombé sur la prise de sang et paniqué, il l’a montré à ma maman,  car il vivait avec moi. Ma maman a tout de suite prévenu la famille et m’a dit  d'avorter ! Malgré la pression,  et mes angoisses (parce que j'étais au lycée  je me voyais mal maman),  j'ai quand même voulu de cet enfant ! Mon copain m'a  dit qu'il restera quoi que je fasse,  qu'il assumera avec moi et Véronique  m'a beaucoup aidé, parlé, rassurée.  elle m'a donné aussi du courage.  Puis  j'ai finalement accouché en septembre 2014 malgré tout ce qui s'est passé durant ma  grossesse d'une petite fille de 3kilos 310 et 48cm. Un  accouchement parfait mais avec plus tard des petites complications. Ce n’est pas grave, c'est  la plus belle chose que j'ai faite dans ma vie. 
Mais Je suis tombée enceinte encore une fois. J’étais  chamboulée et j'ai eu un ulcère perforé. Il  y a 2 semaines en gros, je suis obligé de me faire opérer.  Ma mère disait qu'il  fallait que j'avorte en même temps etc. moi, j'ai refusé et j'étais  fatiguée, épuisée.  Je souffrais.  Le médecin m'a aussi parlé d'avorter et j'ai  encore refusé.  Mais un soir, à 2h du matin, je souffrais et je faisais beaucoup de  malaises. J'ai donc signé les papiers sans les lire... J’ai signé la mort de mon bébé.  J’étais à 10 semaines aménorrhée.
Maintenant,  je souffre beaucoup.  Je me rends malade.  Je ne souhaite à personne de vivre cette épreuve : s'endormir remplie de vie, d'amour et de bonheur et de se réveiller en se sentant vide, honteuse, pleine de haine et de peine. J’aurais tellement aimé lui dire que je l'aime le prendre  dans mes bras et maintenant je voudrais tant lui dire pardon que je l'aime ! Même s’il n'est pas resté très longtemps en moi,  je pense à lui  chaque jour, chaque nuit. Avant de dormir, je ressens un vide, un grand manque.  Je  sais plus à qui j'en veux ! A moi d'avoir signé ? A ma mère d'avoir dit au  docteur de me donner les papiers ? A Lui,  le docteur de me les avoir donné et pris mon  enfant ?....ni pour qui j'ai envie de me venger ? Pour lui, mon bébé, parce  qu'il est parti ? Pour moi, sa maman, parce que je suis triste ? Pour son papa qui  est perdu ? Pour sa grande sœur qui a souffert de mon absence et de ma peine ? Pour nous quatre ? Je sais pas mais je le veux ...  voilà : je témoignage  juste pour vous dire qu’avant d'agir, il faut bien réfléchir parce que donner  la vie c'est la plus belle chose au monde et on ne le regrette pas ! C’est une  raison de vivre ! Un enfant, cela donne du courage et de la force. C’est tellement  de bonheur et d’amour... Avorter,  la pire chose à faire psychologiquement !  C’est horrible !  Beaucoup de questions sans réponses… de culpabilité, de haine,  de regrets ! Mais c'est trop tard et aucune possibilité de remonter le temps ! c'est pour ça qu'il faut réfléchir.. Et correctement! Voilà

Hawa, ivg il ya 4 ans

Je m’appelle Hawa. J’ai 32 ans et suis maman d’un garçon de 11 ans que j’aime si fort même si il y a 11 ans, je suis tombée enceinte par "accident".  Je ne connaissais rien de la contraception a l’époque, d’origine africaine et de confession musulmane, ce sujet est tabou à la maison.  Séparée du père de mon fils 3 mois après sa venue au monde, mon fils m’a permis de m’accrocher à la vie et de me relever. Si aujourd'hui, je suis là à vous parler, c’est grâce à lui ...

En 2008, je rencontre mon nouveau compagnon (qui ne l’est plus), je suis bien avec lui, je l’aime. Il m’aime. On est heureux.  On ne parle pas encore de bébé car lui est prof et il ne fait que des remplacements quand il y en a.  Il n’a pas de boulot fixe et moi pas de Cdi. En 2011, la cata, je tombe enceinte. Enfin la « cata », je me comprends, car je savais très bien qu'il allait mal réagir ...cela n’a pas loupé.  Je n’oublierai jamais les phrases qu'il m’a dites pour me faire réagir et me convaincre d’avorter car moi je m’y opposais catégoriquement ... " soit c’est moi, soit c’est lui "" est ce que tu t’es demandée si je voulais que tu sois la mère de mes enfants ?" "Si tu le gardes, je pars et je ne reviens pas "  Ces phrases résonnent encore dans ma tête ......Au final, j’ai avorté. Le plus dur, c’était de voir mon fils (ou ma fille..) à l’écho, le moment le plus pénible de ma vie. 4 ans après,  je reste traumatisée par cette épreuve ... Ne laissez personne vous dicter ce que vous avez à faire !  Je vous en supplie ! Les regrets et les remords sont terribles .Il n y a pas un jour où je pense à mon bébé. Et tous les ans au mois de novembre (date de l’accouchement si tout avait été si simple) je pense encore à lui ou à elle. C’est bizarre mais pour moi ce bébé fait parti de moi, de ma vie, je ne l’aime pas comme mon fils, mais je l’aime quand même ! Prenez soin de vous mes perles. Je vous embrasse.

 

Cindy 22 ans, IVG il y a 2 ans

Je m’appelle Cindy.  J’ai 22 ans.  Je suis en couple depuis 5 ans. Avec mon copain nous avons deux filles de 3 ans et demi et la deuxième de 8 mois. J’ai toujours eu de gros soucis niveau « règles», problèmes de pilule, kystes... Je pensais ne jamais plus avoir d’enfant et pourtant un arrêt de pilule et boum ! Il y a maintenant plus de deux ans que la décision de l’ivg a été prise. Ma première fille avait 9 mois quand je découvre que je suis enceinte.  J’étais au RSA, pas de travail pour nous. Je vivais chez ma mère et  pas beaucoup de place. Puis je ne me sentais pas prête pour un 2eme de suite. Mon copain non plus. Mais je me voilais la face.  Je n’ai pas avorté de suite car pas le courage ... j’étais à plus de 2 mois. Mon gyneco m’a dit que si notre décision était prise, il fallait faire vite car après c'etait trop tard. Je suis parti faire une écho d’urgence et je l’ai vu, il bougeait. J’ai failli faire demi-tour mais c’était trop tard !  Il n’a même pas pris la peine d’écouter le cœur. A quoi bon ? J’ai gardé ca pour moi mais ca fait du bien d’en parler enfin ! J’y pense souvent.  J’en pleure.  En parler, ca soulage

Julie 41 ans, ivg il y a 14 ans

J'ai eu 41 ans au mois d'octobre 2014 et j'ai fait un ivg en 2001 à l’âge de 28 ans. Pour diverses raisons, je n'ai pas pu garder la grossesse. Mon  père très sévère, m'aurait mise dehors alors que je n'avais pas de boulot. Et mon copain n'était pas très d'accord pour le garder vu que lui  aussi traversait une période difficile sur le plan professionnel. Pour moi, c'est un regret ETERNEL. Je ne me suis jamais remise de cette ivg,  d'autant plus que aujourd’hui, mariée avec mon copain en question depuis 2008,  on n'a pas réussi à avoir un enfant. Au passage, j'ai fait 2 fausses couches  dont une en 2005 et la seconde suite à une tentative de Fécondation In  Vitro en 2011. Donc, j'ai fait 4 FIV au total sans issue favorable. Je ne sais pas aujourd'hui si à mon âge, le miracle pourra se produire… Cette ivg à  complètement pourrie ma vie, car il n'existe pas un seul jour où je ne  pense pas à cet acte qui n'est absolument pas bénin. Félicitations aux mamans qui ont bravé tous les obstacles pour garder leur Bébé, c'est sans  doute le meilleur choix qu'elles ont fait. Quant à moi, je pleure tous les jours, même après 14 années écoulées ! on ne s'en remet pas ! J’en suis la preuve

Fiona, 18 ans ivg médicamenteuse sous contrainte des parents

Je suis tombée enceinte le 15 février 2014, je souhaitais moi personnellement le garder.  Mon copain  avec qui j’étais depuis plus d’un an n’était pas sûr de sa décision, et étant donné que je n’étais toujours pas majeure, je devais en  parler à mes parents. Mon père me soutenait, mais pas ma mère qui n’a pas été agréable avec moi ...  Elle voulait que j’avorte et du coup, c’est ce que j’ai fait ... Il ne s’est pas passé un seul jour depuis le 30 mars où  je n’ai pas regretté ma décision ! Depuis ce jour, tout s’est dégradé : Mon amour pour mon compagnon, ma confiance, je n’ai plus qu’une amie (qui elle vient d’accoucher) et j’ai un  remord permanent. Je n’arrive plus à être motivée pour faire quelque chose  jusqu’au bout... Je suis déprimée, ca ne va vraiment plus.  Je sais que tout ce qui se passe est relié à cet avortement  ... j’ai tué l’enfant que je voulais garder, je crois qui n’y a rien de pire ! Quand on ne veut pas le garder à la limite…  cela a été une décision prise par mes parents.  Moi, je n’ai pas eu le droit de le garder parce que je vivais chez mes parents. Pourtant, il suffisait juste que je prenne un appartement avec mon copain car lui avait un  CDI et a 22ans ... on a été pris par les délais. Il ne restait qu’ 1 semaine pour que l’avortement soit fait.  Après cela il aurait été trop tard, je n’ai vu personne pour en parler et pour me dire que je pouvais encore le garder. Je n’ai eu que le médecin qui m’a donné les cachets ... je pense que si j’avais pu  être vue par une sage femme avant, j’aurais pu trouver des solutions rapidement 

 En fait, non ! J’en savais rien. Cela a été très compliqué et ca l’est depuis bientôt 1 an. Je n’espère qu’une chose : avoir vite un enfant pour " oublier" ou  tout du moins pouvoir passer à autre chose et faire mon deuil. Pour le moment,  j’en suis incapable ! Aidez-moi s’il vous plait. Je ne sais pas si vous pouvez  me donner une adresse d’un psy sur XXX pour parler de cela, avec quelqu’un qui serait face à moi. Il pourrait bien sûr m’aider plus facilement car oui, je suis consciente de cela depuis le jour où tout s’est passé. J’avais besoin de prendre contact avec des psychologues, mais je viens seulement de le demander.

Floriane, 29 ans, ivg médicamenteuse il y a 15 mois

En couple depuis 2008, nous avons eu un 1er enfant qui va avoir 3 ans. J'ai très mal vécu ma grossesse car j'ai pris énormément de poids. J'ai ressenti une grande solitude. Les suites n'ont guère été meilleures car Enzo n'a fait ses nuits qu'à l'âge de 22 mois, et mon compagnon ne s'en occupait quasiment pas. Il s'est mis à son compte en tant qu'artisan et nous avons fait l'acquisition d'une maison ensemble qui a été en travaux pendant près d'un an (et qui n'est pas terminée). il est parti travailler sur Paris pendant près de 5 mois et il rentrait seulement toutes les 3 semaines, mais grâce à mon amour maternel et à mon travail, j'ai vite repris le dessus.

Janvier  2013, toujours après une grossesse un peu difficile à cause de la solitude, j'ai eu mon deuxième enfant David.

En juillet 2013, j'ai eu quelques saignements. Comme j’allaitais et que j'espaçais les tétées, je pensais que mon retour de couche était arrivé.  De fait  j'ai donc pris rendez vous chez mon gynécologue puis j’ai fait un test : positif.  Un sentiment de panique m'a envahi. J'ai appelé le papa et la seule phrase que j'ai entendu dans notre échange a été "je n'en veux pas ! Ça tombe mal, je ne serai pas là. »   J’ai coupé en disant "tu permets que je donne mon avis car c'est moi qui le porte ! On pourra en parler ce soir... » .Il a répondu "ouais,  c'est ça, tu le portes, si tu fais le choix de le garder,  je serai bien obligé de faire avec et d'assumer ».

Je ne sais pas pourquoi ces mots, plus la panique m'ont acculée à un choix qui m'a semblé le plus évident : ne pas le garder... m'en débarrasser... ne plus en parler...et j'ai gardé le silence concernant cette décision dans mon couple à partir de là.  Je suis donc allée de suite à la maternité. Ils m'ont fait une écho qui a confirmé le test. L'interne n'a pas su déterminer "l'âge" du fœtus a cause d’un petit décollement placentaire. J'ai formellement interdit à l'équipe médicale de m'imposer un psy, de prononcer le mot "avortement" (que je n'ai prononcé que ces dernières semaines), j'ai bien dit que j'avais deux enfants de 2 ans et demi et  de 8 mois, que j'étais raisonnable et sensée et qu'en aucun cas je ne pouvais assumer physiquement la venue d'un autre nourrisson.

Je ne pensais qu'à moi, à la façon dont j'allais me retrouver seule, avec 3 enfants dont 2 ne marcheraient probablement pas en même temps... j'étais paniquée et seule car il n'est jamais venu avec moi.

Le 9 septembre 2013, je suis donc  retournée à l’hôpital pour mon écho. Une interne m'a reçue et m'a dit, toute contente, que le bébé grandissait bien. Je lui ai dit "mais le décollement? ... elle ne l'a pas vu.  je n'ai jamais regardé l’échographie... Je lui ai dit que je venais chercher des médicaments afin de mettre un terme à ce développement, elle a contacté mon gynécologue qui m'a prescrit du cytotec.

Je suis allée le chercher à la pharmacie et j'en ai pris un au lieu de 2, ...elle avait dit d'en prendre 2, 4 heures plus tard me semble t'il... mais avant même que j'ai pu en reprendre 2 j'ai fait une hémorragie massive.

J'ai été amenée aux urgences par mon frère qui était avec moi pour me soutenir ce jour là avec ma sœur. J'ai laissé mes 2 enfants avec elle.  Aux urgences, j'ai pris conscience que la situation était car je perdais du sang abondamment. Dans la panique, le gyneco a tourné l'écran, j'ai vu le bébé. Mon bébé. Il m'a dit "appelez de suite votre conjoint. on vous amène au bloc maintenant... (Je n'arrivais pas à le joindre). J'ai posé la question en voyant que tout le personnel paniquait.  "est ce que je vais mourir?? ... pas de réponse. J’ai reposé la question, gravement, il a répondu « je vais faire en sorte que non... »

J’ai pris conscience de la gravité de mon état et j'ai demandé pourquoi ça saignait autant. Il a répondu « Le bébé est bien accroché et ça contracte pour l'expulser. Tant que ça contractera, vous vous viderez de votre sang, il faut que je l'enlève. »

Après avoir envoyé un texto à tous mes proches pour dire « je vais passer au bloc, tout va bien, je vous aime » . J'ai commencé à paniquer, à penser que j'allais mourir seule, là, que j'allais laisser mes enfants. Tout ça parce que je refusais de laisser pousser celui que j'avais en moi...  Monsieur est quand même arrivé et j'ai été amenée pour le curetage au bloc.

Le lendemain à mon réveil, pas de douleur, pas de saignement, pas de maux... rien... le vide... plus rien. J'ai tellement eu peur de laisser mes petits que j'ai été "soulagée". L'obstétricien avant que je parte m'a dit que j'étais passée par une belle porte car si j'avais fait ça la nuit, je ne me serai jamais réveillée vu que je n'avais eu aucune douleur même pendant les contractions de l'utérus. Je suis donc rentrée chez moi, vidée et soulagée... J'ai perdu l'appétit comme après un accouchement mais je me suis dit que c'était normal..  

J'ai eu un premier électrochoc en recevant par erreur, chez moi un courrier intitulé "abortum" qui disait que l'analyse d’anatomie pathologique révélait que le fœtus était en bonne santé, sans aberration génétique....

Puis ça a été insidieux...J'ai commencé à perdre du poids, beaucoup de poids... j'avais encore des kilos de ma grossesse, de 62 kg je me suis retrouvée à 52 kg en quelques mois... j'ai commencé à me fermer, à soupirer sans cesse, à avoir des angoisses devant les nourrissons, les femmes enceintes...à être sur les nerfs, mais à l'époque je ne m'en rendais pas compte... J'ai perdu ma libido et chaque rapport me ramenait à « et si malgré ton stérilet, ça se reproduisait.. ?»

En avril 2014 (période où le bébé serait arrivé), je me suis fait une luxation de la mâchoire tellement j'étais crispée. J'ai commencé à broyer du noir, mais ça allait encore ! En parallèle, me voyant dépérir et négativer, mon compagnon m'a « soutenue » à coup de  « t'es dépressive, t'es négative, tu ressembles plus à rien, tu fais que souffler, tu supportes plus rien... ! » 

Le 9 septembre 2014, j'ai passé la journée à penser à ce bébé. Et là, tout est revenu peu à peu... la vision du bébé à l'écho, cette phrase « il est bien accroché... » . Les phrases de mon compagnon, les "si"... tout s'est accéléré. A cette même période, après un rendez vous chez la pédopsy, (car forcement, je trouvais que mon fils n'allait pas très bien), elle m'a dit que le problème venait de moi et de mes angoisses et qu'il fallait que je sorte ce que j'avais sur le cœur « à qui de droit », car elle me trouvait "prête à sauter du haut de ma falaise"...

C'est ce que j'ai fait ...Puis, il y a eu, un jour, une réflexion de mon compagnon, pour un truc insignifiant par rapport à ce que j'ai déjà pu encaisser, pour que mon cerveau disjoncte.

J'emploie maintenant des termes forts mais c'est la violence du réveil et cette brutalité : pourquoi d'un coup ? Pourquoi pour si peu ? Pourquoi ai-je  sorti ma colère suite à cette réflexion alors que j'ai tout posé et que je lui ai dit que je lui en voulais à lui, car il avait choisi pour nous, et qu’après il m'avait laissé pourrir, comme ça ? Pourquoi ma colère ne fait que grandir ? Pourquoi j'ai si mal, pourquoi j'ai gardé ça pour moi enterré au plus profond plutôt que d'en parler ? J'ai plein de trous dans les souvenirs de cette année, des incohérences, des incompréhensions.. C’est comme si je me réveillais d'une cuite qui avait duré un an ou d'un coma et que je n'étais plus moi au réveil.

C'est pour cela que je dis que j'ai vraiment l'impression que je suis morte le 9 septembre 2013.

J'ai une haine viscérale envers mon compagnon car j'estime qu'il est aussi responsable, bien que mon corps m'appartienne de ce choix. Nous pouvions matériellement et financièrement l'accueillir !  Seulement, aujourd’hui, ma conclusion est que j'ai arraché mon bébé de mes tripes pour satisfaire son égoïsme...

Maintenant, je ne fais que pleurer, j'ai toujours l'impression d'avoir avalé des kilos de cotons, le moindre "ça va pas toi aujourd'hui? » me met dans un état de tristesse profonde et déclenche en moi des torrents de larmes.  je suis dans un état incompréhensible. Je passe d'une euphorie incompréhensible pour sombrer vers un état quasi suicidaire, la seconde qui suit... je ne comprends pas, je ne sais pas comment gérer. Je passe mon temps à errer au travail, chez moi, en voiture... j'entends « errer » dans le sens où mon corps est là, mais pas mon esprit..

Mon esprit est en colère, je me dégoute, je suis vraiment en colère, enragée.. Contre tout, contre n’importe quoi. J’ai trop mal en fait et j'ai besoin de savoir si c'est normal, et comprendre... Pourquoi je suis restée endormie aussi longtemps ? Et pourquoi je rejette tout en bloc comme ça ? Et que mon cœur est vide ?  J'ai essayé d'être claire et j'espère que vous comprendrez un peu ma détresse.

Wendy 22 ans, IVG médicamenteuse il y a un an

Je m'appelle Wendy et l'année dernière, je suis tombée enceinte sous pilule . Je ne sais pas pourquoi mais j’ai pris peur. J’avais peur de ne pas pouvoir l'élever, de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins. Donc,  j’en ai  parlé à mon entourage et « ils » m’ont dit de faire une IVG ! Donc en décembre dernier,  j'ai subi un IVG médicamenteux. Cela a été horrible.  J’ai tué mon bébé.  Je l’ai senti partir. A cause de l’IVG,  j'ai fait une fausse couche 6 mois après. Dur.dur. Aujourd'hui, 1 ans après,  je n'arrive pas à m’en remettre. Je regrette tellement ce que j’ai fait ! Et je ne sais pas comment faire pour aller mieux. Pour ne plus y penser sans me torturer.