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J'ai mal vécu l'IVG

Melanie 20 ans- IVG à 17 ans -


 
Je suis tombée par hasard sur ce site www.ivg.net , mais je dois dire que ce n'est  pas une coïncidenceEn effet, j'ai eu recours à une IVG  médicamenteuse il y a 2 ans et demi de cela. Alors oui j'étais jeune, (17 ans) et  peut-être que je ne savais pas très bien ce que je faisais à ce  moment-là. Mais quand on est jeune, on a peur, et on est surtout  influençable. Toujours est-il qu'à l'heure d'aujourd'hui, je ne sais pas si  je le referais. Je ne sais pas si je revivrais cette épreuve.
 
Ma situation a beaucoup évoluée depuis, je suis toujours avec la même  personne avec qui je suis tombée enceinte, nous sommes tous les deux  étudiants à l'Université en deuxième année, en ayant à côté chacun un  job étudiant, et allons emménager ensemble l'année prochaine. Autant vous   dire que nous avons grandi et muri. A l'époque on était encore au lycée,  en pleines révisions pour le BAC. 
 
Bref, cela s'est passé à l'été 2011, et je n'oublierai jamais cette   journée, j'ai été très entourée et « soutenue » par les personnes   concernées. D'autres, par contre, auraient dû en faire partie comme mes parents...Mais si cela avait été le cas, je pense que la relation avec mes parents aurait été  vite expédiée : j'aurais été virée de chez moi. Je regrette oui, et non, ce geste, car étant jeune c'était la solution à prendre, et d'un autre côté il n'y a pas un seul jour sans que je ne pense « à toi, mon petit bébé ».
Si tu savais comme   je suis désolée,
C'était mieux pour tous,
Mais au fond de moi, je sais que  je ne serai plus jamais la même qu'avant.
Mon petit bébé je me demande  souvent à quoi tu aurais ressemblé.
Tu me manques mon petit bébé, 
Pardonne-moi,
Pardonne-moi de t'avoir pris la vie...
Physiquement, cela a été atroce,
et psychologiquement cela l'est d'autant  plus qu'on y repense sans cesse...
Ce fût affreux à vivre, et pourtant je  suis rentrée dans cette chambre d'hôpital avec toi, et j’en suis ressortie avec un  certain soulagement… 
Je t'aime mon petit bébé,
je t'aimerai toujours.   
 
Melanie

Annabelle 22 ans -IVG a 18 ans -


En 2010, j'avais 18 ans et j’ai pratiqué un ivg au bout de 8 semaines de grossesse (j’étais sous pilule). Je voulais le garder mais habitant chez le papa,  sa mère nous a dit que « nous ne pouvions pas le garder car nous n’avions pas de situation stable ». Moi, je faisais des études et mon conjoint était en CDI. Donc mon copain a pris rdv chez son médecin traitant. Nous y sommes allés et la il lui a dit : « Annabelle est enceinte. On ne veut pas le garder. Quelles sont les démarches ? » Et la, j’étais anéantie car ce que sa mère a dit lui a fait changer d’avis. Il ne voulait pas de ce bébé, donc rdv gyneco... puis Rdv pour ivg médicamenteuse. Arrivant dans le bureau du gyneco, le jour j, j’ai eu du mal à les prendre. Je ne faisais que pleurer.

Je les ai pris et 3 jours plus tard, il fallait prendre le reste pour « évacuer » et là : rien ne s’est passé comme je l’espérais. J’ai fait une hémorragie. Donc, direction les urgences où ils m’ont gardé la nuit...

Depuis ce moment je suis en dépression.

Quelques mois plus tard, je suis retombée enceinte et la nous l’avons gardé. Il était voulu ! Maintenant ce bébé a 2 ans. Il m’apporte que du bonheur mais cette ivg me ronge ! Je me sens si mal ! Je me dis pourquoi ai-je mérité d’en avoir un second, alors que j’ai retiré la vie de mon premier ? Je pense sans arrêt à ce bébé que j’aurais pu tenir dans mes bras.

 

 

Annabelle 22 ans – IVG a 18 ans -

Jade 19 ans- IVG a 17 ans -


J'ai lu beaucoup de témoignages et je me suis sentie moins seule. Merci pour cela. Peut-être que je pourrai en aider certaines à mon tour...

J'allais avoir 17 ans quand j'ai avorté. Quand j'ai découvert que j'étais enceinte, je ne m'y attendais pas du tout. J'avais une semaine de retard et un mauvais pressentiment, j'ai fait le test avec ma meilleure amie. Mais c'est le genre de chose qui n'arrive qu'aux autres, jamais je n'aurais pensé que ça puisse me toucher un jour. Ca a été l'effondrement. Après une grande crise de nerfs j'ai tout de suite été voir sur internet comment il était possible d'avorter. Je le détestais d'avance. Mon copain de l'époque était bouleversé, il m'a aidée dans ma démarche. Nous n'avions jamais parlé de le garder. Il était trop tard pour un avortement médicamenteux, j'ai du aller à la clinique. LE plus dur, c'est que mes parents ne savaient rien, j'ai du leur mentir avec l'aide de l'infirmière du lycée, car la loi française autorise les jeunes filles qui veulent avorter à sortir du lycée sans prévenir les parents. Il est donc possible de ne rien leur dire. J'ai été très malade pendant ma grossesse, et le cacher à mes parents a été une épreuve. Mon copain et moi avons rompu car je ne supportais plus l'odeur de son parfum, en vérité je ne supportais plus rien. Je voulais juste m'en débarrasser.

Le 6 février 2012 je suis allée à la clinique à 7h, à 14h tout était fini. Mon copain, enfin mon ex, qui a toujours été là, l'était aussi ce jour-là alors que je l'avais mis à l'écart. Il a été courageux pour nous deux. Quand je suis rentrée chez moi j'ai du faire comme si j'avais passé une journée normale de cours. LA vie continuait. Et j'ai senti un grand vide en moi, un manque. Et puis je commençais à réfléchir à ce que certaines femmes (!) m'avaient dit comme "es-tu prête à lui ôter la vie ?" "tu pleures parce que tu ne sais pas ! Comment tu as pu en arriver là ?". Je ne savais plus, je n'étais plus sûre de mon choix mais c'était fait.

Je m'en suis voulu, longtemps et énormément, malgré le soutien de mes amis, je savais au fond de moi que j'avais fait quelque chose de terrible. Mon copain et moi, nous sommes remis ensemble, mais sans succès. Il a beaucoup souffert de cet événement lui aussi, il faut faire attention à cela : les hommes se sentent parfois très concernés. Nous l'avons vécu très différemment ; lui voulait que nous ayons une vie ensemble, avec d'autres enfants, moi je ne voulais plus jamais entendre parler de bébé.

J'ai fait une grande dépression, avec beaucoup de crises de panique, d'angoisse. Je crois que cette expérience a détruit en moi tout espoir et envie de maternité. Et pourtant je pense à ce bébé tous les jours, sans exception, et je voudrais être pardonnée. J'ai eu une sorte de pardon quand mes parents l'ont découvert, un an après. Ils m'ont soutenue et m'ont envoyé chez un psychiatre. Mais ça n'a pas marché car je n'arrive pas à me pardonner moi-même. Et je me sens très seule, car au bout d'un moment, il devient difficile d'en parler aux proches car, eux, sont passés à autre chose. Mais moi, je ne pourrai jamais. Pourtant, et c'est sûrement le pire, je pense que j'ai fait le bon choix. Je suis aujourd'hui en classe préparatoire littéraire, j'étudie ce qui me passionne. Mais ce manque existera toujours. Pardon.

Lydie 25 ans - ivg a 19 ans-


Je vous contacte car cela fait plusieurs années que je souffre de l'avortement que j'ai subi il y a 6 ans. Il s'agissait d'une grossesse gémellaire dont l'ivg était non souhaitée de ma part. J'avais 19 ans, vivant chez ma mère. C'est un vrai drame pour moi. Les circonstances et conséquences sont compliquées.

Toujours est-il qu'aujourd'hui et plus le temps passe, plus j'en souffre.

Parfois j'ai vraiment l'impression que cette tristesse me tuera. J'ai besoin d'une écoute professionnelle qui connait le sujet pour essayer d'entrevoir une sortie à cette détresse. Depuis peu, je suis en contact avec mon ex.

Cela fait 6 ans maintenant qu'on n'a pas vraiment parlé de tout ça et apparemment, il serait dans un état proche du mien et lui aussi regrette beaucoup cet avortement. Ma souffrance en est d'autant plus intense. Je ne sais plus quoi faire, c'est l'impasse. Pendant ces 6 ans, j'ai eu une relation avec quelqu'un de violent dont j'ai su me dépêtrer. Une psychologue m'a fait prendre conscience en gros que j'étais attaché à lui car j'essayais d'éviter quelque chose de pire qui me bouffe. Il s'agissait bien de cet avortement dont je ne cesse de culpabiliser... Depuis je suis sans arrêt partagée dans mon imaginaire entre la vie que j'ai et celle que j'aurais du avoir.

C'est épuisant... Je ne peux assumer ce choix pour moi même car il n'était pas le mien. Certains jours je fais avec, je n'y pense pas, et pour d'autres c'est l'effondrement. J'ai développé un caractère changeant, avec beaucoup de colère et de peine qui sommeillent en moi. Pourtant, vu de l'extérieur, je ne suis pas malheureuse. Je travaille, j’ai fais des études, l'acquisition d'une voiture et d’un appartement. Mais il s'agit d'un cache-misère de l'état psychologique où je me trouve.

 

Je vous écris car je suis pommée et à vif. J'ai besoin d'aides.

Merci pour votre attention.

 

Lydie 25 ans (IVG a 19 ans )

Clemence 18 ans


Je fais ce témoignage pour les femmes qui sont dans le même cas que moi. Je m’appelle Clémence. J ai 18 ans et il y a un peu d’un mois de cela, j’ai appris que j’étais enceinte de 6 semaines. Quand j’ai appris cela, j étais paniquée. J’ai tout de suite voulut l’enlever surtout que mon copain n’en voulait surtout pas ! Soi-disant parce que c’était « trop tôt ». J’ai pris rendez-vous chez ma gynéco.  Elle m'a dit que je pouvais l’enlever par méthode médicamenteuse et j’ai eu une semaine de réflexion. Je commençais fortement à penser de le garder mais je pensais que cela n'était pas possible car je vis encore chez mes parents. Et mon copain, je ne le vois pas souvent. En plus de ca, il y avait mes études. Mais voilà, je commençais à sentir ce petit être en moi ... je me sentais faible, je vomissais tous les jours, je ne mangeais plus et j’étais très influençable. 

Lors de la prise de cachet afin de le faire partir, j’ai beaucoup hésité, mais je l’ai fait. Depuis je me sens vidée. Je n’ai plus envie de rien. Ce petit être me manque beaucoup. Je m’en veux tellement, je ressens le besoin de me faire du mal parce que je me sens coupable. J’ai même pensé au suicide ! Cela parait fou.  Surtout que je suis une personne qui a déjà vécu beaucoup de chose dans sa vie. Mais je n’accepte pas d’avoir fait ça. Cela me ronge profondément. je n’ai plus l’envie d’avancer. Je ressens un gros manque. Je ne dors plus et quand j’essais, je fais des cauchemars. Je n’arrive pluss à regarder un bébé (que cela soit en vrai ou à la télé). Je veux juste dire aux filles qu’avant d’avorter, il faut bien réfléchir ! Surtout, si au fond de soi-même, on le souhaite. Il faut se battre pour ne pas perdre ce qui pourrait être votre joie de vivre. Je tiens aussi à remercier Florence conseillère d’Ivg.net qui m’a beaucoup écouté et aidé.

Clémence.

 

 

Vanessa 28 ans


Vanessa 28 ans, je souhaite vous faire partager mon expérience. Elle m'est propre mais je suis certaine qu'elle doit malheureusement être commune à bien d'autres femmes.

Le soir de mes 28 ans, il y a presque 1 mois, je me suis rendu compte que j'étais enceinte, événement qui n'est pas arrivé dans une situation idéale. D'abord un peu assommée car au moment de l'apprendre je ne suis plus avec "la personne", je l'en informe donc car j'estime cela normal, ne voyant pas le danger qui m'attends. IL se retrouve être lui aussi assommé, ne réagis pas dans un premier temps, mais me fait part de suite de son souhait que j'avorte, ce à quoi je lui réponds que « cela me demande réflexion ». Deux semaines se passent alors, sans plus de nouvelles de sa part. Pendant ce temps, commence la réflexion pour moi; Au fond je le sais, je garderais cet enfant coute que coute même s’il est évident que je l'assumerais seule, sans aide de sa part et surtout sans "plus" lui imposer ce choix.

 

Je suis à 7 semaines de grossesse au moment où je lui annonce fermement ma décision. Là, commence pour moi le calvaire, il se montre d'abord culpabilisant puis très menaçant, il profère ses menaces de morts par le biais de tiers personnes, proches de moi et dont il espère que leurs paroles me feront changer d'avis;  puis poursuit ses menaces  envers moi directement.

Il est précis et calculateur, il ne laisse pas de traces de messages ou autres. Il rode autour de chez moi, m'explique ce qu'il compte me faire et comment le faire et là, pas à pas, moi qui ne suis pourtant pas trouillarde je prends peur, dans un dernier accès de courage n'en pouvant plus de ce harcèlement, n'en pouvant plus de vivre cachée chez moi, dans la honte et la peur, sursautant aux moindres bruits, je décide de porter plainte.

La plainte m'est refusée ! l'OPJ accepte seulement de prendre une main courante. C'est cliché, il me dit que des dossiers de ce genre il en a 100 sur son bureau, que je ne porte pas de traces de coups que c'est donc ma parole contre la sienne...et qu'il ne pourrait pas placer un policer devant ma porte. Pour finir, il me dit qu'au vu des faits, il le convoquera…

Ce qu'il ne fera pas. Je le saurai par la suite.

Je me suis tournée vers votre association, j'y ai d'ailleurs été très bien accueillie, écoutée et conseillée, un hébergement d'urgence m'a même été proposé.

Mais jusqu'au bout, j'ai espéré le faire changer d'avis. Alors, le matin de l'intervention, je suis montée en voiture avec lui, je l'ai supplié, j’étais apeurée ! Mais rien n'y a fait. Il n'a fait que nourrir davantage ma peur.

Le lundi 13 janvier, j'ai subie une ivg à 9 semaines de grossesse, très mal accueillie dans la clinique où je me suis rendu. J'ai mis 2h à hésiter pour prendre les cachets, je me suis fait "engueuler" pour le coup ! C'est vraiment le terme parce que je trainais trop d’après eux à prendre leurs cachets.

Il faut savoir que lui est resté sur le parking de la clinique de 7h30 à 17h, afin que je n'oublie pas qu'il était présent.

Aujourd'hui, je suis au bord du gouffre, désemparée, désespérée, en colère contre moi, contre lui. Et si culpabilisée !

Ce sentiment violent d'injustice me ronge, cette sensation d'avoir perdu une partie de moi et d’être en deuil. Je n'arrive toujours pas à réaliser les violences dont j'ai été victime, je ne me suis jamais rabaissée devant les obstacles et là, j'ai le sentiment de m’être presque tuée.

Je me sens coupable de la perte de cet enfant à venir, j'aimerais le vivre mieux mais ce n'est pas le cas. Je me suis infligée ce mal qui me ronge, dans mon corps et dans ma tête, j'ai tue ses menaces à tout mes proches de peur de faire davantage de mal.

Je me suis oubliée, j’ai pensé à tous sauf à moi où à mon bien-être. Le pire étant de s'infliger ce mal sous la contrainte.

Refaire surface me parait impossible ! Un long parcours m’attend mais, aujourd'hui, je ne sais pas de quoi demain sera fait.

Ophelie 27 ans


J’ai 27 ans et je voudrais aujourd’hui témoigner de mon histoire par écrit et aussi en vidéo ici .

Je veux témoigner tout d’abord pour poser des mots sur mes actes et ensuite dans l’espoir que d’autres femmes liront ce témoignage avant de prendre une décision aussi importante que celle que j’ai prise : avorter. Fille d’une psychiatre et d’un psychanalyste, il me semble avoir une conscience assez importante des effets psychologiques que peuvent engendrer certains de nos actes et de nos paroles.Et pourtant ces effets là, je ne m’y attendais pas du tout.

- «  Maman, je suis enceinte d’un mois, je sais que j’ai déconné, je croyais qu’à Moi cela ne m’arriverait pas, j’avais confiance dans le destin. Alors, je vais avorter c’est logique c’est la seule solution, je veux d’abord me réaliser en tant que femme, j’ai toujours dit que ma passion artistique et ma carrière passeraient avant un enfant ».

- «  Oh ma chérie ne t’inquiète pas, ce n’est rien, moi j’ai avorté deux fois, et le lendemain j’étais sur pied et en pleine forme ! »

- «  Mais maman, c’est quand même un être vivant qui est en moi, ce n’est pas si facile… »

- «  Mais non, au bout d’un mois il n’a pas encore de cerveau, ce n’est qu’un embryon, seulement le résultat d’un spermatozoïde qui a fécondé l’ovule, rien de plus ! Et puis rassure toi tu es forte comme ta maman, cela ira très bien. »

Très bien, j’en étais convaincue. Au bout de 5 minutes après avoir fait le test, je sentais que pour moi ce n’était pas le moment. Je venais de quitter mon ex-ami avec qui j’étais en relation depuis 3 ans  pour un homme qui avait été pour moi une rencontre bouleversante. Une magnifique histoire d’amour commençait avec ce que cela comportait de difficultés : cet homme était marié depuis 14 ans , avait deux enfants et 24 ans de plus que moi.

A l’annonce de ma grossesse et de ma décision de ne pas garder l’enfant, cela a été un choc pour lui. Pendant les semaines qui ont suivi, il a tout fait pour m’en empêcher. Cela a été notre premier conflit, plutôt intense !! Je crois que s’il n’avait pas eu déjà deux enfants, il aurait pu faire une grave bêtise. Pour lui qui m’aimait si profondément et qui était prêt à assumer toutes les conséquences de cette naissance, l’avortement était un meurtre.

Il m’a fait part plusieurs fois de ses craintes qu’il avait pour moi, de la violence des conséquences de ce geste pour mon âme, pour ma vie, pour ma conscience.

A ce moment là, j’ai senti que nous n’étions pas du tout sur la même longueur d’onde, je me sentais complètement incomprise et finalement lui aussi.Et pourtant, l’amour a pris le dessus, il m’a soutenu comme il le pouvait et a même été présent à mes côtés à l’hôpital lors de « l’éjection » du fœtus.

 

Artiste, j’étais au moment où je suis tombée enceinte, en plein engagement pour moi à l’étranger, et je n’avais même pas le temps de retourner en France pour avorter « tranquillement ».

Je me suis donc rendue à l’hôpital de la ville où j’habitais (pays où l’avortement est légal) et pour la somme de 400 euros au noir ( !) j’ai pu avorter par médicament.

Ma première et primordiale question à l’infirmière avant de prendre ces médicaments était de savoir quels étaient les effets secondaires car j’avais le soir même un engagement professionnel et le lendemain également.

La réponse était : AUCUN effet secondaire.
Finalement elle avait raison, le médicament en lui-même n’a aucun effet secondaire, c’est bien l’acte en lui même qui en a.
Je me suis donc retrouvée le 15 mai 2013 seule comme une grande, en pleine conscience et détermination, à l’hôpital entre deux activités professionnelles et je me revois encore comme si c’était hier regardant les deux cachets dans ma main, en me disant que ces deux petits cachets allaient tout arrêter d’un coup. Leur action était de te tuer le fœtus.

«  C’est quand même un cœur qui bat » m’a dit l’infirmière.

J’ai dû sortir dehors quelques instants pleurer un bon coup, demandant à l’homme que j’aimais et à cet enfant de me pardonner. J’avais vraiment la sensation que c’était la bonne solution pour moi.

Je suis rentrée de nouveau dans la pièce et j’ai avalé les deux cachets d’un coup, sans réfléchir plus longtemps.
Sortie de l’hôpital, j’ai presque culpabilisé de ne rien sentir, aucun effet de plus de mon acte. J’ai retrouvé une amie, j’ai de nouveau pleuré dans ses bras et je suis retournée à mes activités professionnelles, pas très vaillante quand même.
Je me suis couchée seule plutôt sereine.

Le lendemain matin une journée entière, intense professionnellement, m’attendait et le surlendemain une matinée à l’hôpital m’attendait pour « éjecter » définitivement le fœtus.

Mais c’est là que tout a commencé. Je me suis levée et à peine quelques minutes après être debout, j’ai senti un grand étourdissement m’envahir, des nausées, une peur existentielle terrible. J’avais l’impression que si je fermais les yeux j’allais mourir. Une amie thérapeute qui habitait avec moi a été présente à mes côtés et a essayé de m’apaiser, de m’aider à respirer profondément. Elle avait tout de suite compris que je vivais une crise d’angoisse.
Je crois que j’ai senti en moi ce bébé mourir, et avec, une partie de moi. J’ai dû annuler toute ma journée de travail et mon ami m’a rejoint. Je ne pouvais pas bouger du lit, je n’ai rien mangé de la journée.
Le lendemain à l’hôpital, j’ai eu de la chance dans mon malheur car le fœtus est sorti très rapidement après la prise des médicaments. Mais de fortes et insupportables douleurs dans le bas ventre m’ont accompagnée toute la journée, malgré les Spasfons.

J’avais prévu seulement un week-end pour me reposer, et encore avec un petit engagement professionnel à honorer le dimanche matin.

Crise de panique, j’ai dû rentrer à la maison et abandonner mon engagement.

Je passe les détails journaliers, mais cet état a duré tout l’été allant de plus en plus fort. J’ai même atterri aux urgences pensant que j’avais quelque chose de grave, évidemment à part un ventre terriblement douloureux et un estomac qui n’arrivait plus rien à digérer, mon état physiologique était complètement normal.
Chaque crise était une incompréhension totale.

Etourdissement, poids dans la poitrine, ralentissement de mes gestes, fourmis parfois, nausées, mal au ventre, regard « qui part », peur de devenir folle, envie de mourir. Juste pour ne plus rien sentir.

Mon ami souvent présent à mes côtés se sentait totalement impuissant et personne ne pouvait rien faire pour moi. On a mis mon état sur le compte de trop d’émotions et de travail ces derniers mois, croyant qu’il fallait que je me repose. Mais cela n’a évidemment pas suffi.

Et puis sur les conseils de ma belle-mère et d’un médecin généraliste consulté en urgence pour obtenir un arrêt de travail, n’en pouvant plus et ne sachant plus quelle solution naturelle trouver, j’ai accepté de prendre des antidépresseurs, moi qui refusais jusque là de prendre un doliprane lorsque j’avais mal à la tête.

Effets secondaires terribles des anti-dépresseurs, mon état a mis plusieurs mois à s’améliorer. Entre temps, j’ai eu le temps de refaire toute ma vie dans ma tête, de remettre tout en question, y compris ma passion professionnelle et évidemment mon couple.
J’ai même pensé que c’était cela qui pouvait être à l’origine de mon état. Pas de chance pour moi, au même moment, ma maman était atteinte d’une grave maladie et était hospitalisée pendant des mois. J’avais donc de quoi justifier mon état avec toutes ces raisons extérieures !

J’ai été voir un psy plusieurs fois, j’ai fait du travail énergétique, j’ai commencé à méditer sérieusement, etc.

Mais à chaque fois qu’une nouvelle crise d’angoisse se manifestait, je n’en comprenais pas la cause ! Il n’y avait aucun facteur déclencheur apparent !!

Il y a seulement deux semaines, quelques jours avant Noël, j’étais auprès de ma mère. Je suis partie en ville faire quelques courses et de nouveau progressivement cet état s’est fait sentir. Je suis rentrée chez elle, elle a tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Je me suis mise à pleurer, je ressentais de la colère face à cette incompréhension de mon état ! Et je me suis mise sur internet à chercher des choses, tout d’abord sur les hormones, et puis j’ai juste tapé : «  Conséquences d’un avortement ». Et là je suis tombée sur un site où j’ai ENFIN compris. Tous mes symptômes étaient écrits, noir sur blanc. Oui TOUT mon mal-être était bien dû à cet avortement. J’ai poursuivi mes recherches et je suis tombée sur un site conçu par un psychiatre spécialise dans les deuils. Et là, j’ai compris ce que je devais faire. Je devais suivre les étapes d’un processus de deuil.  Ce n’est pas un proche que j’ai perdu, c’est un être que je ne connais pas et que je ne connaitrai jamais. Et malgré tout ce dont j’ai pu me défendre aujourd’hui, cet être c’est moi et moi seule qui ai décidé de mettre un terme à sa vie.

Culpabilité, colère, tristesse, désespoir, toutes ces émotions sont normales à la suite d’un décès. Notre cerveau est suffisamment intelligent pour avoir mis en place un processus naturel qui est le processus de deuil. Il commence donc tout seul suite à la mort d’un être aimé.

C’est donc cela que je vis aujourd’hui. Maintenant je sais ce qui se passe en moi et je suis ce processus de manière consciente pour pouvoir petit à petit intégrer ce que j’ai vécu et la mort de cet enfant.

Je témoigne aujourd’hui que l’avortement dans notre société est un acte tellement banalisé mais que PERSONNE dans le milieu du médical qui m’a entouré n’a prononcé une seule fois le terme de Traumatisme post-abortif. Et pourtant je suis une parmi tant d’autres touchée par ce syndrome qui est relativement tabou.

Je me suis longtemps sentie au cours de ces derniers mois punie ou maudite à cause de ce que j’avais fait. Peut-être que si j’avais su que tout ce que je ressentais était « normal », cela aurait relativisé un peu mes souffrances et m’aurait évité de me retrouver aux urgences d’un hôpital, pensant que j’avais une pathologie autre.

Je me promets de ne jamais revivre ce que j’ai vécu et que je ne souhaite à aucune femme de vivre.

Amandine 25 ans


 

Je viens vous raconter mon témoignage. J’ai  subi une ivg cet été le 29 juillet 2013 : une date à jamais ancrée en moi ! je suis une jeune maman de 25 ans avec déjà deux enfants... Au retard de mes règles, j'ai eu un soupçon. Donc, j’en ai  parlé à mon conjoint et je suis allée en pharmacie pour chercher un test... que j’ai fait immédiatement. Il s’est avéré positif. La joie et la peur se sont installées car mon deuxième n’avait que 13 mois et nous venions d’acheter une maison en travaux. C’était l’angoisse et le stress chaque jour... Mais mon instinct maternel avait quand même pris le dessus malgré la situation. Monsieur, lui, n'en voulait vraiment pas ! je regardais mon petit garçon et ma fille de 4 ans et je voulais profiter d’eux comme il se doit.

J’ai donc pris rdv au centre d’IVG. je suis allé au rdv avec la première prise des cachets. J’étais  effondrée, je savais que j’arrêtai en moi-même la croissance de mon bébé... Depuis cet acte ma vie n’a plus le même sens. Je pense tous les jours à mon bébé surprise qui aurait du voir le jour le 29 mars 2014. Je me cache pour pleurer. Je cache ma douleur chaque minute derrière un "ca va". En fait mon IVG a été la plus grande connerie de ma vie ! J’aurais du prendre mon courage à deux mains... aujourd'hui je souffre d’une absence d’un petit être que j’ai jamais vu. J’espère que mon témoignage pour ce grand regret aidera des femmes à ne pas faire la même erreur que moi... C’est si dur de vivre avec ca dans la tête. En tout cas, mon bébé surprise sera à jamais dans mon cœur.

 

AMANDINE 25 ANS

 

belinda 21 ans


Il y a plus d'un an,  le 5 octobre 2012, j'ai subie une IVG contre ma volonté, lorsque j'ai appris que j'étais en enceinte ma mère était en vacances. Après une longue réflexion, mon ami et moi avions décidé de garder notre bébé. La seule personne à qui j'avais parlé de ma situation c'était ma tante. Et quand ma mère est revenue de ses vacances, j'avais beaucoup trop peur de lui en parler. Alors ma tante l’a fait à ma place. C’était la fin du monde pour moi parce que ma mère ne l’a pas du tout accepté.  Elle a commencé à me dénigrer et à m'insulter en me disant que j'étais la honte de la famille parce que j'étais tombé enceinte hors mariage, que je n'avais que 19 ans et que tout le monde allait parler sur notre famille (pour elle, c'était plus le regard des gens qui la préoccupait que mon état de santé). Quand ma grande sœur a découvert que j'étais enceinte, elle aussi, a commencé à dénigrer mon bébé et moi. En effet, elle et moi, nous  n'avions jamais eu de bon rapport. Mais étant donné quelle était aussi tombée enceinte à l'âge de 19 ans, j'avais pensé qu’elle allait me soutenir et mettre nos rancunes de coté. Mais non ! au contraire elle en a profité pour se moquer de moi et je me suis défendu : je l'ai insulté et depuis voilà 1 an qu'on ne s'adresse plus la parole et qu'on a rompu tout contact. 

Mais pour revenir à mon histoire : ma mère s'est mise à fouiller dans mes affaires pour prendre RDV avec mon gynéco pour que j'avorte. J'en ai parlé à mon copain et il s'est rangé du coté de ma mère en me disant qu'il était trop jeune (il avait 21 ans à l'époque) et qu'on allait gâcher notre avenir. Et que j'allais devoir aller dans un foyer pour jeunes mamans parce que lui habitant chez ses parents, il n'allait pas pouvoir nous assumer. Et à ce moment la, je me suis sentie seule et abandonnée sans soutien moral. Je n’avais qu'une envie c'était de mourir ! J’étais perdue sans repère et le pire dans tout ca c'est que je ne savais pas quoi faire. Pendant ce temps, ma mère continuait à me menacer en me disant que si je gardais cet enfant, elle m'effacerait de sa vie et qu'elle me mettrait dehors. J'allais me retrouver à la rue et que j'allais avoir une vie misérable avec mon enfant sans personne pour m'aider.

Je sais que c'est triste à dire mais à ce moment là, j'ai vraiment détesté cette femme qui pendant 19 ans se comportait comme une mère ! Pour s'assurer que j’allais bien avorter, elle m'accompagnait à tous mes RDV médicaux. J'avais tellement peur que je n'ai pas su imposer mon choix : c'est à dire garder mon bébé. Le jour que je redoutais le plus est arrivé. Je me rappelle que entre 6H et 6H30 je devais prendre une pilule qui devait faciliter l'intervention mais devant cet acte il était impossible pour moi de l'avaler car pour moi c'était comme si je tuais mon bébé. Alors j'ai appelé mon copain. J’avais dans l'espoir qu'il m'empêche de la prendre et qu'il me dise de ne pas avorter. Mais non, au contraire ! Il me répondit que « je n'avais pas le choix et que je devais la prendre ». Alors je l'ai avalé en pleurant toutes les larmes de mon corps sans personne pour me soutenir. Ensuite, je suis partie toute seule à l'hôpital et j'ai fait l'IVG juste après l'intervention. Lorsqu'ils nous ont transféré dans un chambre, j'ai commencé à faire une crise en hurlant « rendez-moi mon bébé ! » A ce moment là, une psychologue est venue pour me calmer. Je me sentais tellement mal et sale ! Je me détestais et jusqu'a aujourd'hui, je continue de me détester. Voilà 1 an que j'ai subie cette IVG et voilà 1 an que j'essaye de me reconstruire mais en vain ! Je suis toujours avec le père de mon bébé mais lui et moi c'est plus comme avant ! C'est comme si quelque chose s'était brisé entre nous.

En fait, j'ai l'impression qu'il m’a abandonné alors que mon bébé et moi avions besoin de lui. Et même si j'habite toujours chez ma mère, je pense qu'une partie de moi ne lui pardonnera jamais ce qu'elle m'a fait. Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à mon bébé ! Tous les jours, je pleure et j'ai du mal à dormir parce que je sais que mon bébé aurait eu 5 mois aujourd'hui ! Et quand je vois qu’autour de moi des jeunes filles ont des enfants avec leur mère et leur copain auprès d'elle, je souffre d'avantage parce que même etant seule, j'aurais du imposer mon choix et donner la vie à mon bébé ! Car lui, n'avait rien demandé. Et même si je l’avais gardé pour l’élever toute seule et que cela n'aurait pas été facile, mon bébé serait en vie. Et pour moi cela n'a pas de prix. Merci d'avance. J'espère que j'aurai une réponse de votre part.

 

Belinda 21ans

stephanie 34 ans


Bonjour à toutes ! (et à tous car messieurs si vous nous lisez ceci aussi vous concerne !)

Hier soir après avoir discuté avec une écoutante, j'ai décidé de vous apporter mon témoignage quand à mon interruption "involontaire" de grossesse, oui je dis bien involontaire car je ne le souhaitai pas. Je l'ai fait après avoir subi des pressions abominables de mon conjoint et des membres de ma propre famille qui étaient au courant (aujourd'hui j'ai coupé les ponts avec mon père).

Je commence mon histoire et j'espère que vous aurez la patience de la lire jusqu'au bout.

J'ai 34 ans, je suis la maman de 3 adorables garçons que j'aime de tout mon cœur. Je vis en couple, je dispose d'une bonne situation donc à priori tout va bien sauf qu'avant cet été mon conjoint et moi avions eu des soucis de couple et en plus je rencontrai des soucis financiers (oui nous faisons comptes séparés), j'ai arrêté de travailler pour élever l'enfant que nous avons eu tous les deux, mes deux premiers sont issus d'un premier mariage. Je me suis mise en congé parental et j'ai rencontré des soucis d'argent, je n'avais plus de quoi avancer l'argent pour me payer le médecin au risque de faire un chèque sans provision, et donc je ne pouvais pas aller renouveler ma pilule ! A cette période, mon conjoint et moi n'avions plus de relations,

J’avais même entamé une demande de logement qui est toujours en cours. Malheureusement, un soir, nous avons eu des relations et ce qui devait arriver et bien arriva, j'employai la méthode dite du calendrier, et notre relation a eu lieu 2 jours après avoir eu mes règles, donc je ne pensais pas qu'il y ait pu avoir des risques. Mais voilà, je suis débile ! C’est ce que m'ont balancé certaines personnes ! Bref, j'assume l'entière responsabilité de ce qui est arrivé, la seule fautive c'est moi par contre pour ce qui a suivit après je ne l'ai pas mérité.

Je suis déjà passé par 2 ivg auparavant. La première à l'âge de 18 ans, à l'époque, nous n'avions pas de droit de parler de sexe à la maison avec mon père c'était tabou, très stricte, j'avais des relations en cachette et je suis tombée enceinte, j'en ai parlé à ma mère et j'ai pris toute seule la décision d'avorter car j'étais trop jeune, je ne me sentais pas prête, sans situation, sans argent, j'avais selon moi de bonnes raisons de le faire, et même si çà m'a rendu triste quelques temps, j'avais pris la bonne décision et je m'en suis remise.

Après un mariage chaotique et 2 enfants, j'ai rencontré un homme plus âgé, qui voulait faire sa vie avec moi, me faire un enfant, il m'a mise en confiance et quand j'ai fini par lui annoncer ma grossesse, il m'a dit qu'il n'en voulait pas et qu'il ne le reconnaitrait pas, j'ai avorté, il m'a laissé tombé une semaine après et plus tard j'apprend qu'il se servait de moi et qu'il me trompait et cela dès le début de notre relation.

Puis le temps passe et je rencontre l'homme avec lequel je vis aujourd'hui, que je pensais humain, différent des autres mais au final je me rends compte que je me suis encore trompée. Nous avons pris la décision d'avoir un enfant et nous avons eu un magnifique petit garçon qui a aujourd'hui un peu plus de 2 ans puis comme je vous l'ai expliqué nous avons commencé à avoir nos soucis de couple. J'avoue que mon récit peu paraître flou mais j'ai du mal à expliquer en quelques mots mon histoire.

Un jour, en cherchant une date de je ne sais plus quoi dans le calendrier je me rends compte que zut j'ai du retard, je cours directement à la pharmacie, je fais le test et la terre s'écoule sous moi. Comment allais-je faire pour annoncer çà à mon conjoint ? J'étais en larmes, au bord du gouffre, j'ai alors appelé ma petite sœur et elle m'a prise de haut en disant qu'elle n'était pas étonnée que çà me pendait au nez, alors que je cherchais juste à parler et de la compassion, ma famille m'a jugé et disait du mal de moi.

Lorsque mon compagnon a appris la nouvelle il a juste dit "quelque soit ta décision je te soutiendrai", mais je savais bien qu'il sous entendait par là de me faire avorter, pas à un seul moment je n'ai pensé à faire partir mon bébé, je n'avais selon moi aucune raison valable de le faire, une voiture 4 places, une maison, une situation confortable, rien ne justifiait cet acte, je voulais assumer et pour moi un enfant c'est certes des responsabilités mais un concentré d'amour !

Lorsque j'ai dit à mon conjoint que je voulais garder cet enfant c'est là que l'enfer a commencé, j'ai eu droit à des menaces de suicide, que j'étais responsable de son malheur, que je faisais des enfants pour l'argent, que j'étais une irresponsable, que je ne savais pas m'occuper de 3 enfants alors 4 n'y pensons même pas, il s'est mis à boire encore plus. Pendant ce temps là moi je parlais à mon enfant, je l'aimai de tout mon cœur, je lui disais que je serai là pour le protéger envers et contre tout, je voulais même fuir dans un foyer d'hébergement, je ne savais plus où j'étais, j'étais perdu, seule avec tout l'entourage qui me rabaissait et me poussait à avorter. J'ai été rabaissé, humilié, intimidé pour que je finisse par craquer et çà a fini par arriver.

La veille de partir en vacances, valises bouclées et devant les enfants, mon conjoint m'annonce qu'on ne part plus. Mes fils se sont mis à pleurer et mon conjoint à dire que c'était de ma faute, lui ne voulait plus partir et je rendais tout le monde malheureux. Et là j'ai fini par craquer j'ai accepté. L'après-midi même j'avais vu mon bébé à l'échographie pour évaluer les risques de trisomie 21, comment pouvais-je tuer ce petit être que je venais de rencontrer, j'avais vu ses petits pieds, ses mains ses petits doigts, son minuscule petit nez, j'ai vu battre son cœur, je l'ai vu bouger dans mon ventre. 4h plus tard, le géniteur avait gagné, il m'avait eu, avait pris mes enfants en otage.

J'ai avorté 4 jours avant la fin du délai légal à 1.000 km de chez moi, c'était le vendredi 26 juillet et le samedi je reprenais la route pour faire 1.000 km et rentrer dans l'autre sens. J'ai l'impression d'avoir abandonné mon enfant si loin, d'avoir commis un « meurtre ». Je suis en colère je me déteste. J'en veux à cette fameuse loi soit disant créée pour les femmes, pour leur permettre si elles le souhaitent de ne pas avoir l'enfant « non désiré », et je me dis que cette loi finalement a été créée pour les hommes !

Je ne dis pas de revenir dessus mais les médecins ne peuvent-ils pas refuser un tel acte quand on sait que la femme subit un harcèlement moral pour qu'elle se fasse avorter, qu'elle souhaite garder son bébé ? Aujourd'hui quelque chose est mort en moi, je ne ressens plus rien, la tristesse d'autrui me laisse sans réaction, je me suis enfermée dans une bulle où il n'y a que mes fils et moi. Je ne veux plus voir personne, j'en veux à mon conjoint, je veux partir loin ! Pas un jour ne passe où je ne pense pas à mon bébé, il me manque, je pleure en vous écrivant, mon cœur me fait souffrir c'est une douleur physique, j'ai l'impression qu'on me le serre très fort et qu'il va exploser. J'ai l'impression de ne plus avoir du but dans la vie, d'être un monstre, je me sens comme sur un nuage d'où je regarde les gens sans vraiment les voir. Je me sens violée, dépossédée de mon corps, dévalorisée dans mon rôle de mère, je me sens seule sans personne à qui parler.

J'ai demandé pardon à mon bébé pour mon geste, mais je n'arrive pas à trouver la consolation, ni la paix de l'âme, j'ai l'impression de n'être qu'une coquille vide. Hier soir, mon conjoint a avoué la vérité à sa mère qui a dit "ce n'était pas un bébé, il n'est pas né", "elle va s'en remettre, de toute façon c'est sa faute" mais comment peut-on dire ce genre d'horreurs ?

Comment peut-on apporter si peu d'intérêt à la vie humaine, si petite fut-elle ? J'ai essayé il y a quelques temps de me faire du mal, tellement je souffrais, j'ai essayé de faire éclater mon foie en busant une grosse quantité d'alcool, j'ai juste été bien malade, c'était débile ! J'ai beau me dire que je dois me raccrocher à mes enfants, je n'y arrive pas. Cette nuit j'ai rêvé que mon stérilet tombait dans les toilettes, et que je disais, çà y'est, je vais pouvoir faire revenir mon bébé. Je deviens folle, j'en peux plus. Je ne supporte plus de voir un bébé, entendre un bébé pleurer, une femme enceinte.

Lorsque je portais ce petit enfant je me sentais si bien ! Aujourd'hui tout n'est que néant.

 Stéphanie