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Accompagnement psychologique et IVG : un droit encore trop inégal

Mise à jour : 19/05/2026        Temps de lecture : 5 min

De la consultation pré-IVG au suivi post-IVG : état des lieux et ce que vous pouvez faire si vous n’avez pas été bien accompagnée


En France, l’IVG est un droit légal et constitutionnel. Mais l’accès à un véritable accompagnement psychologique autour de cet acte reste, quinze ans après un premier constat alarmant, profondément inégal selon les établissements et les territoires. Voici ce que disent les données, ce à quoi vous avez droit, et vers qui vous pouvez vous tourner si vous n’avez pas trouvé l’espace pour vous exprimer.


2009 : un premier rapport accablant

En décembre 2009, le Ministère de la Santé publiait un rapport de la DREES portant sur plus de 13 000 demandes d’IVG auprès de 1 259 praticiens. Les résultats étaient sans appel.

Depuis la loi du 4 juillet 2001, l’entretien psychologique pré-IVG n’est plus obligatoire pour les femmes majeures. À l’époque du rapport, seulement 6 % des établissements privés et 49 % des établissements publics continuaient de le proposer. Lorsqu’aucun entretien n’était prévu dans la structure, 5 % seulement en proposaient un à l’extérieur, et 44 % “en fonction de la situation”. Près de 16 % des structures ne proposaient rien du tout.

Le rapport pointait aussi la qualité limitée de ces entretiens : seulement 39 % des professionnels qui les réalisaient étaient des psychologues. Quand c’était une sage-femme ou un médecin qui conduisait l’entretien (20 % des cas), celui-ci portait surtout sur les aspects médicaux, au détriment de la dimension psychologique. Et au-delà des chiffres, une consultation de quelques minutes, comptabilisée statistiquement comme “entretien réalisé”, ne donne pas à une femme l’espace suffisant pour s’exprimer et faire un choix véritablement libre et éclairé.


2024 : les mêmes lacunes, confirmées par le Sénat

En 2024, la commission des affaires sociales du Sénat a mené une mission d’information sur l’accès à l’IVG en France, dans le contexte de son inscription dans la Constitution. Son rapport, publié en octobre 2024, confirme que les inégalités d’accès persistent, y compris sur la dimension d’accompagnement. Sénat

Malgré la révision constitutionnelle qui a consacré la liberté des femmes à avoir recours à une IVG, son accès reste inégal selon le département de résidence. L’accès à l’IVG dans le département de résidence dépasse 80 % au niveau national, mais ne dépasse pas 60 % en Seine-Saint-Denis ou en Ardèche. Le rapport recense des défauts d’organisation de l’offre hospitalière, des délais excessifs et une orientation défaillante pour les IVG tardives. Public Sénat Sénat

Ce que les chiffres ne disent pas, nos équipes l’entendent au quotidien : des femmes qui décrivent avoir été “pressurées” pour rentrer dans les délais, orientées rapidement vers un acte sans que leur ambivalence, leurs hésitations ou leur vécu aient pu être entendus.


Ce à quoi vous avez droit

La loi prévoit un entretien psychosocial :

  • Obligatoire pour les mineures, avant et après l’IVG.
  • Proposé systématiquement aux femmes majeures qui en font la demande, même si peu d’établissements l’appliquent réellement.

Vous avez également le droit de changer d’établissement si vous ne vous sentez pas suffisamment écoutée, et de demander explicitement à parler à un psychologue ou à un(e) conseiller(e) conjugal(e) et familial(e) avant de prendre votre décision.


Que faire si vous n’avez pas pu vous exprimer ?

Que vous ayez déjà réalisé une IVG ou que vous soyez encore en train de prendre votre décision, il n’est jamais trop tard pour parler.

Nos conseillers, disponibles 7j/7 de 9h à 23h, offrent un espace d’écoute confidentiel, sans jugement, sans militantisme. Vous pouvez appeler simplement pour parler de ce que vous traversez, poser des questions sur vos droits, ou être orientée vers une structure adaptée à votre situation.

0 800 202 205

Appel gratuit et anonyme Chat en ligne disponible sur le site


FAQ : Vos questions

L’entretien pré-IVG est-il obligatoire ?

Pour les femmes majeures, non, depuis la loi du 4 juillet 2001. Il doit cependant vous être proposé si vous en faites la demande. Pour les mineures, il reste obligatoire.

L’entretien post-IVG est-il obligatoire ?

Non, pour les femmes majeures. Il est également proposé mais rarement mis en place dans les établissements. Si vous souhaitez un suivi psychologique après une IVG, vous pouvez contacter un(e) psychologue libéral(e), un centre de planification familiale, ou notre ligne d’écoute.

Puis-je changer d’établissement si je ne me sens pas bien accompagnée ?

Oui. Vous avez le libre choix de votre praticien et de votre établissement, dans la limite des délais légaux. Si vous êtes proche de la limite, signalez-le lors de votre appel ou de votre chat — nous pouvons vous aider à trouver une structure disponible rapidement.

Que faire si j’ai l’impression que ma décision n’a pas été vraiment libre ?

Parlez-en. Que vous ayez des regrets, des doutes ou simplement besoin d’un espace pour exprimer ce que vous avez vécu, nos conseillers sont formés pour vous accompagner sans jugement. Vous pouvez aussi être orientée vers un psychologue spécialisé en santé reproductive.


Pour aller plus loin


Sources

  • DREES — Rapport sur les conditions de réalisation des consultations pour IVG, décembre 2009 : drees.solidarites-sante.gouv.fr
  • Sénat — Rapport d’information n° 45 (2024-2025) : IVG, une “liberté garantie” mais un accès fragile, octobre 2024 : senat.fr
  • Loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception : legifrance.gouv.fr

Cet article a été relu et validé par l’équipe d’IVG.net.

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