Le Dr Martin Winckler ( Marc ZAFFRAN de son vrai nom) médecin praticien (et écrivain) a travaillé jusqu’en 2009 dans un centre de planification et d'IVG (CH du Mans). Il a pratiqué lui même de nombreuses IVG entre 1984 et 2007. Il ne mâche pas ses mots dans son blog le 22-09-08 (http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article=933). Il dit sans détour que les médecins qui font des IVG médicamenteuses hors des délais légaux « ont un comportement criminel ».
Il fait état de nombreux témoignages de femmes ayant subis un IVG Médicamenteux à plus de 35 jours de grossesse (ou à qui cela a été proposé) dans certains centres d’IVG, où les médecins pratiqueraient des IVG médicamenteuses au-delà du délai légal de 7 semaines d’aménorrhée. Et de citer ce témoignage :
« En général, on ne parle pas aux femmes des inconvénients possibles (douleurs, fortes hémorragies, expulsion d’un fœtus déjà assez gros...) Souvent cela s’est passé de manière très douloureuse physiquement (avec parfois aucun antalgique proposé hormis du spasfon ou du doliprane) et aussi parfois psychologiquement (choc de voir un foetus déjà formé expulsé dans les toilettes). Il y a plusieurs cas où les patients ont dû subir un curetage par la suite, l’expulsion ayant été incomplète. Ces pratiques ont l’air courantes, à ce que j’ai vu, dans certains hôpitaux alsaciens, et d’après les infirmières, il me semble que le motif serait surtout le "confort" des médecins ne voulant pas pratiquer une aspiration après un certain stade »
Winckler confirme bien qu’à « certains endroits, on traite vraiment très mal les femmes voulant avorter » et encourage même les plaintes en justice « Si vous connaissez des associations qui pourraient enquêter un peu plus sur ce sujet, et dénoncer les mauvaises pratiques s’il y en a, ce serait sans doute salutaire »
Le Dr Winckler rappelle que « l’IVG médicamenteuse après 7 semaines n’est ni recommandée, ni autorisée, car elle est souvent un échec (expulsion incomplète nécessitant une aspiration) ; au-delà de 8 SA (car la datation échographique peut avoir quelques jours d’imprécision), on expose la patiente à des accidents et ce n’est pas acceptable ; une fausse couche spontanée à 12 semaines est déjà une épreuve traumatisante ; une IVG médicamenteuse à 14 semaines ne peut pas l’être moins car en plus de la mifépristone (RU 486), les médicaments administrés sont des prostaglandines qui entraînent de puissantes contractions utérines et ne sont pas dénués d’effets secondaires (en particulier après 35 ans et chez les femmes qui fument, ce qui en contre-indique l’utilisation). Je rappelle que l’IVG médicamenteuse est autorisée en ville si le médecin est agréé, mais qu’elle n’est pas autorisée après 7 SA. Elle ne l’est pas non plus à l’hôpital ou en clinique ! Et enfin : si ce type de pratique est constaté, il doit être signalé à la DDASS, au conseil de l’Ordre et au tribunal d’instance, car les médecins responsables sont passibles de prison. En ne respectant pas les protocoles établis, ils mettent, en effet, la santé et la vie des patientes en danger. Ce n’est, encore une fois, pas acceptable, et cela doit être dénoncé, tout comme on dénoncerait un médecin qui viole une patiente ou qui maltraite une personne âgée, ou qui pratique des interventions de chirurgie esthétiques sans objet.
(…) C’est une violence. Et il n’y a aucune raison de la subir sans rien dire. Les médecins qui profitent de la situation de détresse des femmes demandant une IVG en leur imposant contre leur gré une méthode dangereuse et illégale ne valent pas mieux que les avorteurs qui sévissaient avant la loi Veil.
Des commentaires supplémentaires de la rédaction sont superflus...