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18 ans et enceinte

Emilie 19 ans


Bonjour.  J’ai moi même vécu un avortement très dur à 17 ans, j'aimerais partager mon histoire pour prouver à toutes ces filles que même si elles sont jeunes il ne faut pas qu'elles avortent !! Le lendemain de mon avortement pour me libérer, j'ai écris ce qui suit ... Voici ce que j'appelle mon petit roman :
Le 14 décembre 2012, le soir de mon anniversaire donc de mes 17ans, j’ai eu un rapport non protégé avec mon ex copain. Quand je dis "non protégé" je veux dire par là qu’il n’y a eu ni préservatif ni pilule. Et croyez moi ou non, mais ce jour la, je le regrette et le regretterai toute ma vie. Car ce rapport m’a amené à tomber enceinte, ne voulant pas croire à la possibilité que je sois enceinte je n’ai pas voulu faire de test. J’ai continué ma petite vie de lycéenne, tout allait pour le mieux. Quand le 20 janvier environ des envies de vomir violentes m’ont prises, je me suis dis que ce n’était qu’une simple gastro que c’était la période que c’était normal. Mais le mois de janvier fut passé, et je n’avais pas eu mes règles, ne voulant toujours pas me faire à l’idée que j’aurais pu être enceinte, je me suis dis que c’était un simple retard.

Les jours ont passés, toujours pas de règles... Les envies de vomir étaient toujours aussi présente, arrivée le mardi 13 février au soir à l’internat je me sentais vraiment mal, je suis donc rentrée chez moi. Arrivée chez moi, je me suis couchée et n’ai plus bougé... Lendemain un rendez-vous chez le médecin m’attendait. Je me suis donc dis que c’était l’occasion pour lui parler du retard de mes règles. Le médecin inquiet du retard de mes règles me prescrit une prise de sang. Le jeudi 14 février au matin la prise de sang se fait, il n’y a plus qu’à attendre les résultats… Le vendredi 15 février, les résultats sont envoyés au médecin. Ma maman arrive chez moi vers 12h30, quand elle est arrivée j’avais remarqué quelque chose de pas normal sur son visage, elle était comme anéantie, elle se mit à dire qu’il fallait qu’elle nous parle à moi, mon père et mon frère… Et là je m’attendais au pire… Nous sommes partis s’isoler et là ma mère nous annonce, que je suis actuellement enceinte de 2 mois !

Je fonds en larme, détruite à l’idée de devoir me faire avorter, oui parce que même si à seulement 17 ans je me sentais capable d’assumer un bébé, mes parents eux ne m’ont pas posé la question ni laissé le choix… La semaine qui a suivi était fait de beaucoup de rendez-vous à l’hôpital, avec une conseillère conjugale et un médecin. Les examens ce sont poursuivis… Une échographie a été faite pour déterminer l’âge exact de ma grossesse, pendant cette échographie le médecin cachait les images mais j’ai vu, et là ce fut le drame dans ma tête, je n’avais qu’une envie c’était de fondre en larme, j’avais cette envie car quand on voit un petit fétus qui a commencé à prendre forme en vous et bien je peux vous dire que ça vous met un coup sur la conscience, se dire que c’est notre bébé, qu’il commence à se former, mais qu’il va bientôt ne plus être dans votre ventre, et que vous ne le prendrez jamais dans vos bras, c’est horrible…

Suite à cette examen le verdict tombe le mercredi 20 février j’étais enceinte d’exactement 2 mois et 2 semaines il a fallu programmer vite l’avortement avant qu’il ne soit trop tard, avant que je ne puisse plus avorter, à ce moment la comme à tous les autres moments de ma grossesse tout s’est chamboulé dans ma tête… Ce jour même une date pour l’avortement est programmée, mon avortement aura lieu le mercredi 27 février à 10h30.
Une semaine passe, nous somme le mardi 26 février, le stress monte, je fais tout pour ne pas être opéré, j’essaye de tomber malade, pour pouvoir tousser et ne pas me faire opérer, mais rien n’y fais, je me ferai bel et bien avorter… Nous arrivons au mercredi 27 février, j’arrive à l’heure précise à l’hôpital, on m’installe dans une chambre, les infirmières arrivent, me parlent, me mettent à l’aise, me rassure sur l’opération… 11h arrive, je sens que je vais bientôt y aller, et le stress revient de plus bel, je tremble de partout, j’ai même eu du mal à aller jusqu’au bloc.
J’arrive dans la salle d’opération, encore une fois toute les filles de service sont adorables avec moi, je m’allonge donc sur la table d’opération comme quand une femme enceinte accouche, je stress encore et encore surtout que l’opération se fera que sous anesthésie locale… Puis rapidement arrive le moment ou les infirmières me font respirer de se produit qui vous emmène dans un « autre monde », de plus en plus je sentais mon corps et ma tête partir, je n’entendais presque rien à ce que les infirmières me disaient, j’essayais de rester calme, mais quand ils ont commencé leur intervention, c’est la que tout s’est effondré, j’étais en larme, parce que à ce moment même tout tourner en boucle dans ma tête, le fait de tuer ce petit bou qui commençait à prendre forme dans mon ventre, le fait d’être la seule coupable…

J’étais en larme je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer, et là les douleurs sont arrivées, c’était horrible, j’ai jamais autant souffert de ma vie, j’entendais tous les bruits, je sentais tout, c’était juste l’enfer, et encore là au moment ou j’écris tout ça je suis en larme, c’est une chose vraiment très difficile à assumer. Puis les bruits d’aspiration qui étaient horrible, que je ne voulais pas entendre mais que j’étais obligé d’entendre je n’avais pas le choix :  je n’étais qu’en anesthésie locale… Après tout le mal qu’ils m’ont fait à moi et à mon « bébé » qu’ils m’ont retiré, l’opération s’est enfin finie… Je suis sorti du bloc, j’ai appelée ma maman, et j’étais tellement sous le choc de ce que je venais de vivre, j’étais tellement en larme que je n’arrivais plus à formuler une phrase sans pleurer… J’ai essayé de faire comprendre à ma maman que ce que je venais de vivre était horrible, que j’avais jamais autant souffert de ma vie, quand ma maman a entendu dans quel état j’étais, elle m’a dit : « je viens vite ma chérie t’inquiètes pas »

Quand j’ai su que ma maman allait enfin arriver que j’allais enfin pouvoir être serré dans les bras de quelqu’un, ça m’a fait tellement de bien, mais les heures passaient alors je pleurais pour passer le temps, ou je dormais… 15h30 l’arrivée de ma maman elle s’est approchée de moi m’a serré dans ses bras, et la j’ai fondu en larme une fois de plus…
Tout ça pour dire, que l’avortement est une chose horrible, que si je venais à retomber enceinte par accident je n’hésiterai pas une seule seconde, je garderai cet  enfant ! C’est gravée en vous ce genre de chose, ça vous détruit. Pour une adolescente, c’est dur d’avoir autant de chose sur la conscience, ce dire que l’on vient de tuer un tout petit bébé qui prenait forme petit à petit dans notre ventre, bref c’est une sensation que je ne souhaite à personne.


J'aimerais vraiment partager mon histoire...

France : une IVG cause la mort d'une adolescente


Deux médecins ont comparu devant le tribunal correctionnel de Châlons après le décès d'une adolescente en décembre 2010 à la suite d'une IVG.

Chloé 18 ans


 
Je m’appelle Chloé et j'ai 18 ans et suis en 1ere. Si j'écris mon histoire aujourd'hui c'est parce que, sans doute comme vous actuellement en train de lire mon témoignage, je suis passée par la case « test pipi » et prise de sang qui vous annonce que : « oui, un bébé est là au creux de mon ventre ».
Alors c'est la panique, enceinte oui !  Mais depuis combien de temps ? Est-ce que je peux encore avorter ? Et moi, je veux quoi ? Le garder ou non... ? Et on se pose des tas de questions: Est ce que je vais pouvoir assumer ? Que vont penser les gens ? Horreur ! Comment le dire à maman ? Et niveau finances ? Est ce que je suis prête ? Et mon copain ? Mon avenir ? Et j'en passe. J'ai passé des nuits blanches à chercher des réponses à ces questions sans jamais les trouver...

Quand je suis tombée enceinte, je venais de fêter mes 18 ans, en décembre 2009. Le 21 janvier n'ayant toujours pas mes règles, j'ai décidé de faire un test. Accompagnée d'une copine, on va à la pharmacie et je fais le test chez elle. Pas eu le temps d'attendre les 3 minutes recommandées que les deux petites barres roses étaient déjà là. Je regarde la notice, 2 barres = ENCEINTE !
Le monde s'écroule et là je m'effondre en larmes, on pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres, que nous on est à l'abri. Mais on n’est à l'abri de rien et on est là avec notre test à la main à se demander quoi faire ... A se poser les questions posées plus haut.
Ma première réaction a été d'appeler ma gynécologue pour avoir un rendez vous en urgence. Sur le coup je voulais qu'elle me donne les cachets pour avorter qu'on en finisse et que je n'ai pas la corvée de dire à ma mère " maman je suis enceinte ". Le rendez vous est fixé au lendemain 11heures. Donc, me voila dans la salle d'attente, pleine à craquer comme d'habitude et j'ai l'impression que tous les regards sont braqués sur moi, comme si c'était marqué sur mon front.
Mon tour. Elle me pose un tas de questions auxquelles je n'ai pas les réponses. Dates des dernières règles ? etc...  Peut importe ! Elle m'examine... et elle me fait une échographie. Je tourne la tête vers l'échographe et je le vois, mon bébé, si petit, une petite tache blanche sur une grosse tache noire, un haricot minuscule mais là, en moi, qui vit. Elle estime que je suis enceinte de 7/8 semaines soit deux mois déjà ! Elle me prescrit une prise de sang et une échographie de datation.
La prise de sang révèlera que je suis enceinte de 8 semaines tout comme l'échographie de datation par rapport aux mesures.
Son cœur bat déjà et à partir de ce jour où je l'ai « vu » pour la première fois chez la gynécologue, il me semblait impossible d'avorter. Mais seulement voilà... Maman est au courant puisque c'est avec elle que je suis allé au laboratoire pour ma prise de sang et mon échographie. Hors de question de le garder ! Elle ne me parle que d'avortement et elle prend même rendez-vous au centre d'orthogénie pour avorter. Là, je vois un médecin qui me parle de toutes les méthodes de contraceptions ! Et je n'avais qu'une envie, c'était de crier pour qu'il se taise. De toute façon mon bébé est déjà là ! Alors, il en vient enfin aux différentes méthodes d'avortement. Trop tard pour la méthode médicamenteuse et il continue son speech. Je ne l'écoute même pas, ce qu'il me dit je m'en contre fiche. Mon bébé je le garde!

Mais pour faire plaisir à maman, je prends son rendez-vous pourri et je m'en vais.
A la maison plus personne ne parle. Mes parents attendent que j'avorte et moi je lutte pour ne pas leur dire qu'ils espèrent « du vent ».
La veille de l'intervention je devais prendre 2 cachets pour faciliter l'avortement, ils ont fini aux toilettes, pareil pour les deux autres le jour de L'ivg. Je devais être à 07h a l'hôpital et au lieu de me préparer je me suis enfermée dans ma chambre et j'y suis restée toute la journée.
Je n'avais pas avorté, j'étais heureuse. J'allais garder mon bébé. Mais il me restait encore une semaine pour le faire, une semaine pendant laquelle ma mère n'a pas arrêté de me saouler en me disant " ce n'est pas encore trop tard "! Puis vint la date où je ne pouvais plus avorter.  Mes parents sont restés de marbre pendant presque 3 semaines sans me parler... Et moi, je prenais mes rendez vous et j'y allais en bus ou avec une copine. Puis ma mère a enfin compris que ce bébé je le voulais vraiment et petit a petit elle m'a reparlé et elle venait aux rendez vous avec moi.
Elle se faisait à l'idée. Puis avec le temps elle a complètement accepté.

J'ai tenu le coup aussi grâce à Marie de SOS IVG qui m'a toujours soutenue. J’appelais quand ca n'allait pas et  elle m'a écoutée comme personne. J’ai eu aussi un contact avec une fille dans mon cas,  Maylis, avec qui elle m'avait mis en contact.
J'avais mon bébé en moi, qui grandissait évoluait jusqu'à ma douzième semaine ou j'ai appris que mon bébé avait une clarté nucale de 5.5 mm au lieu de 3 maximum ce qui voulait dire que j'avais 50% de risque que mon bébé soit atteint de trisomie...
J'ai subit une biopsie de trophoblaste (prélèvement de placenta) pour étudier les chromosomes de mon petit bout. Après tout ce que j'avais du faire pour le garder, ce qu'il m'arrivait me semblait bien injuste!  Et le résultat est tombé, 46XX, mon bébé n'a rien et c'est .... UNE FILLE!!!
Explosion de joie, de larmes, de bonheur. Mais il reste encore le risque qu'elle ait une malformation cardiaque (toujours a cause de la mauvaise clarté nucale). J'ai donc eu une échographie plus tôt que la date prévue ( 16 eime semaine au lieu de 22 ) et son petit cœur était parfaitement formé et il allait bien. Ma grossesse avançait. Mon bébé grandissait et je continuais d'aller au lycée avec des vêtements plus large que d'habitudes. Mes copines les plus proches dans ma classe savaient et tout allait pour le mieux. Je n'ai jamais eu une réflexion déplacée de leur part, RIEN!!

J'ai passé mes épreuves anticipée du baccalauréat enceinte de 6mois et demi et l'oral de français a 7 mois de grossesse! Tout ca pour vous dire que rien n’est impossible ! J'en suis la preuve vivante! Et quand j'ai eu mes résultats, j'ai eu la joie de voir que j'avais quelques points d'avance pour l'année prochaine.
Septembre! C'est la rentrée pour tout le monde sauf pour moi. Je dois bientôt accoucher. Je ne vais donc pas en cours mais j'ai des amies formidables qui me prennent les cours et me les passent. Je ne prends donc aucun retard.
J'ai mis ma puce au monde le 14 septembre 2010. Une merveille de petite fille toute mimi qui fait la plus grande joie de mes parents (comme quoi… ! ) et qui me remplie de bonheur. Une vraie bouffée d'oxygène, mon rayon de soleil!
J'ai parcourue toute ma grossesse seule car le papa de ma fille m'a quitté avant de savoir que j' étais enceinte et quand il l'a su, il n'a pas voulu en savoir plus. Il ne l'a pas reconnue mais entre temps j'ai trouvé quelqu'un de formidable qui accepte ma fille et qui me rend heureuse. Cela dure encore :)
Pour ce qui est de mes cours, une amie me les prends et j'ai les profs a la maison (les même que ceux de mes camarades) jusqu'au mois de janvier ( le 3 ) cela grâce au SAPAD. Ensuite, ma fille ira chez la nounou et moi je retournerai au lycée.

Aujourd'hui j'ai bientôt 19ans, ma fille a 3 mois  et je ne regrette rien. Face à toutes ces épreuves, elle me le rend bien. Et chacun de ses sourires me font dire que j'ai fait le bon choix, celui de lui laisser sa chance de vivre. Parce que dans le fond, si bébé est là,  ce n'est pas pour rien. Et pourquoi cela serait-il à nous de décider s'il doit vivre ou non ? Elle n'avait pas demandé à « être là ». Alors moi, j'ai décidé que ce serait « comme ça ». Maintenant, j'ai des réponses à mes questions. Oui, je l'assume, mieux que je ne l'aurais pensé! Et ce que les autres pensent, je n'en ai rien à faire !

Prête ? 0n ne l'est jamais ! Mon copain est parti ? Tant pis, je suis heureuse avec mon nouvel ami.
Et, quand on vous dit qu'en gardant votre enfant votre vie et votre jeunesse est fichue, c'est faux ! Je sais de quoi je parle. Et si vous avez pris la peine de tout lire c'est bien qu’au fond de vous, l'idée de « le garder » n'est pas totalement exclue….

Chloé, janvier 2011